Airbus est, depuis plus de 15 ans, l’entreprise préférée des élèves en école d’ingénieurs. Groupe européen au rayonnement mondial, il recrute également chaque année de nombreux étudiants d’école de commerce pour des postes en sales, marketing ou encore finance afin de travailler au sein de ses départements aéronautique, défense et spatial.

 

Comment intégrer Airbus ? Quel parcours est-il possible de réaliser au sein du constructeur européen ? De quoi son avenir sera-t-il fait ? Nous avons eu le plaisir de poser ces questions à Pauline Jambert, alumni de SKEMA et employée en Program Procurement pour l’A400M (avion de transport militaire) chez Airbus, en Allemagne.

 

Bonjour Pauline. Pour commencer, pourriez-vous présenter votre parcours en quelques mots à nos lecteurs ?

Pauline JambertBonjour à tous ! J’ai effectué un parcours relativement classique : une classe préparatoire en Alsace, suivie d’un cursus SKEMA à Lille avec spécialisation en management de projet (MSc Project and Programme Management & Business Development) à Paris. Je suis entrée chez Airbus en région parisienne, dans la division Défense (ex-Cassidian) directement après mon Master via un Graduate Program. Je suis ensuite partie à Munich, en mobilité interne, pour travailler au siège de la division Défense et Espace (Airbus Defence & Space) en tant que chargée de projet. Après trois ans à ce poste, j’ai déménagé à Séville et pris des fonctions de PMO au sein du Programme A400M. On m’a ensuite offert l’opportunité de revenir en Allemagne (cette fois à Brême, dans le nord) dans ce qu’on appelle Programme Procurement (interface entre la fonction Achats/Logistiques et le Programme), poste que j’occupe à l’heure actuelle.

 

Vous avez intégré Airbus en 2012 par une voie qui se développe de plus en plus ces dernières années : le Graduate Program. Comment s’est déroulée la sélection ? Et, ensuite, de quoi est-il composé ? Le recommanderiez-vous ?

La sélection est intense et le processus dure plusieurs mois. Il se déroule entièrement en anglais. C’est un mélange de tests de personnalité et psychotechniques, de business cases à résoudre en groupe et seul et d’entretiens avec les RH et un manager.

Une fois le recrutement effectué, le Graduate Program dure deux ans au cours desquels plusieurs formations sont offertes : self-development, international communication, project management, negotiation, etc. Les participants doivent également effectuer des projets de groupe proposés par le business. La participation à un projet de Corporate Social Responsibility est aussi recommandée, bien qu’optionnelle. Enfin, il nous est donné la possibilité de travailler deux semaines sur une chaine de production pour s’imprégner du business. Je recommande ce genre de programme à 200%, non seulement pour la richesse en termes d’apprentissage sur l’entreprise et sur soi-même, mais aussi pour le réseau qu’il permet de se tisser.

Note cependant : le Graduate Program, tel que je l’ai vécu, n’existe plus chez Airbus et a été remplacé par un International Graduate Program (IGP) qui s’adresse plutôt à des profils non européens.

 

Après un Graduate Program chez Airbus, quelles sont les opportunités offertes au sein du groupe ?

Les opportunités sont infinies pour tout le monde chez Airbus au vu de la taille du groupe, mais il est vrai que le Graduate Program donne un coup de boost dans le sens où il offre une grande visibilité, un réseau très riche et est, en général, gage de profils de qualité après le temps investi en sélection et formations. Ceci dit, une fois le Graduate terminé, chacun est en charge de son propre parcours et les gens évoluent de manière très différente (expert career path, management, etc.).

 

Lire aussi : Qu’est-ce qu’un Graduate Program ?

 

Au cours de votre parcours, vous avez travaillé en France, en Espagne et désormais en Allemagne. Quels avantages voyez-vous dans le fait d’être dans un groupe européen comme Airbus ? Quels challenges pose une telle mobilité ?

Comme dit dans la question précédente, les opportunités sont infinies, il suffit de les saisir. Il y a des aspects contraignants comme le déménagement et le côté administratif (santé, retraite, etc.), devoir s’adapter à une nouvelle culture, peut-être même une nouvelle langue. Mais la richesse qu’on en tire en vaut vraiment la peine, si on me propose de repartir demain je signe directement !

 

Plus globalement, au-delà de l’actualité mouvementée avec le COVID-19, comment voyez-vous l’avenir du secteur aéronautique ainsi que, plus précisément, du secteur de la défense au sein duquel vous travaillez ? Sera-t-il aussi vecteur d’emploi dans les prochaines années ?

Nous ne pouvons pas vraiment prévoir à quoi ressemblera le monde après le COVID-19 et en particulier le secteur des transports, mais nous avons des projets en cours et à l’étude qui verront certainement le jour. Cela dépendra, pour la Défense, de la direction que les gouvernements prendront et du budget qui y sera alloué.

 

Le programme A400M au sein duquel vous travaillez est probablement moins connu du grand public que les avions commerciaux tels que l’A320, l’A350 ou l’A380. Pourriez-vous nous rappeler de quoi s’agit-il ?

L’A400M est un avion prévu pour opérer sur de longues distances, transporter des charges lourdes (matériel, hélicoptère, véhicule d’infanterie militaire, etc.) ou réapprovisionner d’autres avions en vol. Il peut atterrir sur des terrains non pavés, ce qui lui permet d’intervenir plus rapidement dans les zones accidentées ou difficiles d’accès. C’est un avion extrêmement polyvalent qui n’a pas fini de nous étonner. Je suis très fière de lire dans la presse qu’il est en première ligne lors de séismes pour acheminer de l’aide sous forme de matériel médical ou de camions de déblaiement. Plus récemment, il est mobilisé pour acheminer des masques en Europe, dans les pays qui en ont le plus besoin. Il dispose également d’une configuration médicale qui permet de rapatrier des blessés de zone de combat ou, actuellement, de désengorger certains hôpitaux pour réacheminer des patients de France en Allemagne. Pour moi, c’est fascinant de voir que l’on arrive à repousser les limites de ce que l’on croyait possible et faire atterrir ou décoller un avion de ce calibre depuis une piste en sable et d’arriver à ravitailler d’autres avions en vol avec les contraintes techniques que cela implique.

 

Pour terminer, auriez-vous un conseil ou un petit mot à adresser à nos lecteurs qui ont peut-être l’ambition, un jour, de faire carrière chez Airbus ?

Je vous y encourage fortement. Il y a plusieurs portes d’entrée, pas seulement Airbus tel que l’on se l’imagine, mais aussi via son réseau de sous-traitants, ses partenaires, etc. Je vous conseille de persévérer et de ne pas sous-estimer la puissance du réseau. Faites-moi signe quand vous êtes là !

 

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