Si les réorientations après une école de commerce sont nombreuses, le parcours d’Estelle François-Brazier demeure pour le moins atypique. Son diplôme de NEOMA Business School en poche, elle s’oriente rapidement vers une carrière dans la Marine, un secteur qui n’est finalement pas si éloigné de sa formation.

 

Quel est ton parcours ?

Estelle François-BrazierAprès mon bac S et parce que j’aime les maths et la géopolitique, j’ai fait une prépa ECS pour entrer dans une école de commerce. Attirée et passionnée par la finance, j’ai choisi NEOMA Business School. Avec des cours de corporate et market finance, j’ai travaillé en tant qu’analyste financier au Crédit Agricole pendant mon année de césure. Je me suis vite rendu compte qu’il me manquait l’aspect relationnel et challengeant. J’ai commencé à me poser des questions sur mon avenir.

Pour mon deuxième stage, j’ai rejoint un chirurgien qui créait une startup dans la e-santé. Je me suis occupée du business development, du management de l’équipe et de la stratégie financière et des RP. J’étais également à cette époque vice-présidente de la commission internationale de France e-health Tech aidant les startups du domaine à se développer à l’étranger. C’était passionnant, car il y avait tout à construire. Puis, en janvier j’ai choisi de poursuivre mes études plutôt que de devenir associée et poursuivre la levée de fonds de la startup.

 

Pourquoi ne pas avoir continué dans cette entreprise ?

Je ne voulais pas risquer mon investissement et mes efforts pour une startup dont je ne connaissais pas l’avenir. Je suis donc allée au bout de mes études ce qui m’a portée à Lisbonne, à la Nova School of Business & Economics. That was amazing ! J’ai compris à ce moment-là que l’entrepreneuriat me motivait beaucoup plus qu’un métier purement dans la finance. Ayant réussi la sélection pour un double-diplôme pour mon dernier semestre, j’ai connu une belle désillusion lorsque l’on m’a annoncé après coup que, finalement, le financement supplémentaire était à ma charge. Déçue, je me suis réorientée sur le master 2 Grande École de NEOMA, spécialisation entrepreneuriale, pour finir mon cursus. L’entrepreneuriat finalement c’est transversal, c’est être multitâche, c’est avoir du recul et une vision, c’est en fait construire sa vie par un état d’esprit indépendant et proactif.

 

À quel moment as-tu décidé de t’orienter vers une autre carrière que celle à laquelle tu étais destinée ?

Une fois diplômée, j’ai regardé les offres… Les premiers postes attractifs pour débutants dans les entreprises du CAC40 requièrent un ou deux ans d’expérience… Logique. Pour des raisons d’aspirations et de valeurs, j’ai pris rendez-vous au CIRFA. J’avais besoin d’aventure, d’une institution avec des valeurs et offrant de réelles opportunités. En entrant dans le bureau du recrutement de la Marine, ça a été une révélation. Ils m’ont proposé deux fonctions : un contrat dans la finance à Brest et un poste de cabinet à Toulon.

 

Qu’as-tu choisi ?

J’ai opté pour le poste à Toulon, celui d’officier sous contrat. Je voulais absolument ce job. J’ai passé les tests et les entretiens. Ils avaient besoin de quelqu’un rapidement, mon profil matchait : j’ai été intégrée.

Pour m’amariner, en décembre, j’ai embarqué sur un porte-hélicoptère amphibie, un des plus gros bâtiments de guerre de la Marine nationale. C’était super ! Puis j’ai passé plusieurs jours sur une frégate de défense aérienne. Je suis ensuite allée faire mes classes en janvier à l’École Navale de Brest et j’ai pris mon poste en février. Je n’aurais pas pu faire un meilleur choix.

 

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ce job ?

Que tout soit possible. La hiérarchie peut faire peur vue de l’extérieur, mais au contraire, on connaît le périmètre d’action de chacun clairement. Les responsabilités données sont importantes et valorisantes. L’autre dimension intéressante, c’est l’esprit d’équip(ag)e.

 

Regrettes-tu d’avoir fait une business school ?

Non, pas du tout. À l’époque, faire une école de commerce s’inscrivait totalement dans mon projet professionnel. Le problème vient des métiers de sortie. On ne laisse pas assez leur chance aux jeunes diplômés. Aujourd’hui, dans mon job, j’ai de belles responsabilités et je fais de la comptabilité, du management et de la négociation – domaines pour lesquels ma formation à NEOMA a été très utile.

 

Quelle est la suite pour toi ?

Je suis sous contrat pendant encore trois ans. Si on me propose d’autres opportunités de carrière, je les saisirais car j’aime cet univers. À plus long terme, je m’imagine également retourner dans le privé à un moment ou à un autre de ma carrière. Avoir une vision, c’est bien pour garder une direction, mais j’aime les hasards de la vie qui nous construisent à court terme une trajectoire différente et inattendue.

 

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