Aujourd’hui, Vincent nous présente son parcours, et plus précisément son passage au sein d’un Big Four, pour nous expliquer à quoi ressemble un stage chez Deloitte Lyon. 

 

Est-ce que tu peux présenter aux lecteurs ton parcours ?

J’ai tout d’abord fait une classe préparatoire ECS au lycée Faber à Metz et, par la suite, j’ai intégré emlyon business school en 2016. 

Juste après, en octobre, j’ai intégré une association de l’école, Jet. C’est un job service, un prestataire de service en marketing direct et développement commercial pour les entreprises, qui recrute des étudiants pour réaliser des missions. J’ai fait ça durant ma première année en tant que chargé de mission.

Je suis ensuite parti six mois en stage au Luxembourg, en contrôle interne chez Lombard International Assurance. En 2018, je suis revenu sur le campus de l’école, où j’ai été Président de Jet.

Ensuite, de janvier à mars 2019, j’ai fait trois mois d’audit dans le cabinet Deloitte, à Lyon. Puis j’ai enchaîné par quatre mois de conseil en développement de projets innovants à Lyon, chez Rhizome. 

D’août à décembre, j’ai réalisé un échange universitaire en Thaïlande et, depuis janvier, je suis à l’em et je suis responsable de l’organisation des campagnes au sein du Conseil de Corporation des étudiants.

 

Quand as-tu décidé de t’orienter vers de l’audit ?

J’avais déjà envisagé l’audit dès la prépa, car c’est l’un des seuls secteurs dont on entend parler avant d’entrer en école de commerce. J’avais donc construit un projet professionnel autour de ce domaine, mais ce n’était pas forcément pertinent parce que je n’y connaissais pas grand chose.

Quand je suis arrivé à emlyon, je voulais travailler dans la finance, même si cela a un petit peu changé depuis. Un stage en audit était donc une très bonne passerelle : aussi bien pour le CV, que pour monter en compétence en comptabilité, en organisation, etc.

 

Pourquoi avoir postulé chez Deloitte ?

Je visais un Big Four, mais je n’avais pas forcément de préférence. En janvier, emlyon organise le careers forum, où des entreprises viennent pour recruter et récupérer des CV. Il y a une journée dédiée au consulting et à l’audit et, lors de cet évènement, j’avais parlé à un associé de Deloitte Lyon.

Alors que je n’étais pas décidé sur le cabinet, ni même sur la localisation de mon stage, il m’a demandé si j’étais intéressé par Deloitte Lyon. Au final, le recrutement s’est fait très rapidement, en une semaine, et les autres cabinets n’avaient même pas eu le temps de réagir. C‘était à la fois une opportunité, mais également une question de feeling car mes entretiens s’étaient très bien passés et j’avais beaucoup apprécié les équipes.

 

Comment s’est passé ton recrutement ? Quelles ont été les différentes étapes ?

Je pense que mon recrutement est allé très vite car Deloitte, comme tous les cabinets d’audit, recrute jusqu’à un an à l’avance : personnellement, j’ai été recruté en janvier 2018 pour un stage en janvier 2019.

Le jour du careers forum, on a fixé une date pour la semaine suivante. Le matin des entretiens, nous étions une quinzaine d’emlyon. Lorsque nous sommes arrivés, nous avons eu un petit-déjeuner avec un mot de bienvenue de l’associé et des explications concernant le déroulé de la journée. 

Nous avions tous quatre épreuves à passer :

  • un test d’anglais en ligne, dont le niveau s’adapte à tes connaissances en fonction de tes réponses,
  • deux entretiens avec différents seniors managers,
  • un entretien de groupe avec un associé audit. Nous avions une proposition commerciale Deloitte et quelques minutes pour en prendre connaissance puis l’analyser. L’objectif est, avant tout, d’évaluer comment les candidats interagissent et argumentent, plutôt que de noter la pertinence des idées. 

 

Comment as-tu vécu ces recrutements ? 

J’ai trouvé les recrutements assez softs. Ce n’était pas forcément facile, mais Deloitte nous prévient : il n’y a pas besoin de connaissances techniques.

Cela se justifie par le fait que le stagiaire sera formé lors de son arrivée pendant au moins une semaine. Deloitte dispense des formations qui permettent de reprendre les bases de la comptabilité, par exemple, donc c’est bien d’être doué dans cette matière, mais ce n’est pas obligatoire.

Le cabinet cherche avant tout des personnes qui ont des têtes bien faites, qui savent réfléchir et qui vont fitter avec leurs équipes. L’idéal est une recrue qui va bien s’en sortir en équipe, qui va savoir interagir avec les membres, qui va être organisé et surtout qui va faire bonne figure face au client.

Une fois intégré aux équipes, comment as-tu vécu ton stage et quelles étaient tes missions ?

J’ai très bien vécu mon stage. Forcément, durant les premières missions, quand tu arrives en audit, tu n’es pas très à l’aise. C’est un travail qui demande beaucoup de process et où tu as besoin de connaître et maîtriser les méthodes de l’entreprise.

Donc, durant les premières missions, on prend beaucoup de temps pour comprendre ce qui a été fait les années précédentes. On prend également du temps pour poser des questions. Mais les seniors, qui sont globalement très jeunes, adaptent ta charge de travail au début et se rendent très disponibles pour répondre aux questions.

Quand tu arrives, en tant que stagiaire, tu es traité exactement pareil qu’un junior. Donc tu as des cycles qui te sont confiés. Les premiers cycles sont assez simple à faire : les dettes fournisseurs, les créances clients, etc. Donc une fois que tu as intégré les méthodes, tu deviens assez efficace et rapide.

J’ai apprécié le fait de changer régulièrement d’équipes et de clients. C’est une chance que j’ai eu en étant au cabinet lyonnais de Deloitte, puisqu’il n’est pas sectorisé. Au total, sur trois mois de stages, je me suis penché sur huit entreprises de secteurs et tailles différentes. C’est vraiment une chance incroyable comparé à d’autres stagiaires d’audit qui ne voient qu’une seule entreprise sur trois mois. Dans ce cas là, je trouve qu’on perd un peu la richesse de l’audit car, au-delà de la montée en compétence technique, la valeur ajoutée est de comprendre comment les entreprises clientes se financent, investissent et gagnent de l’argent au sein de leur secteur. 

 

Au quotidien, avec qui interagissais-tu ? 

L’équipe avec qui tu travailles dépend des clients et des missions : certaines missions nécessitent deux personnes, d’autres, treize. Ce sont les seules personnes avec qui tu échanges vraiment, mis à part les quelques jours où tu es au bureau. Mais durant la période de clôture de compte, cela n’arrive que très rarement. 

 

Quelle était l’image que tu avais de Deloitte avant de venir en stage ? Est-elle différente de celle que tu gardes, après ton passage au sein du cabinet ?

Je n’avais pas d’idée reçue sur Deloitte avant de faire mon stage, donc je ne pouvais pas trop juger. J’étais assez neutre : pour moi c’était un des Big Four, une grosse boîte… J’avais eu des retours positifs de personnes qui travaillaient là-bas, qui m’avaient dit que l’ambiance était bonne. Au final, j’étais assez triste de partir et de quitter les équipes, car je m’entendais vraiment bien avec les personnes avec qui j’avais travaillé.

 

Est-ce que tu penses qu’un stage de trois mois en audit est suffisant ? 

Au début, Deloitte m’avait proposé un stage de six mois, mais j’avais demandé trois mois car je voulais potentiellement faire un second stage en TS (Transaction Services) via une mobilité interne. Comme j’ai été recruté un an auparavant, j’ai eu du temps pour réfléchir et, finalement, j’ai préféré m’orienter vers une petite structure pour faire du conseil. 

Personnellement, j’ai l’impression d’avoir tiré de mon stage ce que j’avais à en tirer. En audit, de janvier à mars, tu vis une période très intense et condensée donc tu peux vraiment avoir un bon aperçu du métier et agréger de nombreuses connaissances.

J’avais déjà fait du contrôle interne, donc cette partie m’intéressait un peu moins. Ce que j’ai fait m’a convenu, en termes de quantité, de qualité et des connaissances que j’ai pu emmagasiner, mais si jamais une personne n’a aucune expérience de l’audit ou des contrôles internes, c’est bien de faire un stage de six mois.


Est-ce que tu te vois continuer dans l’audit ? 

Pour l’instant je me vois plus continuer en cabinet, mais pas forcément en audit. J’ai bien aimé l’ambiance de ce type de structure, je trouve que c’est un excellent tremplin pour commencer une carrière, dans la mesure où il y a beaucoup de formations, on te donne beaucoup d’outils pour commencer et le cadre te permet de monter rapidement en compétence. 

Pour ce qui est du métier d’audit, je le trouve un peu moins stimulant que l’expérience que j’ai eu en conseil… C’est notamment le cas au début, car quand tu montes en compétence et tu deviens senior (généralement après deux ans) : tu as une équipe à gérer, les missions changent et cela devient très rapidement responsabilisant. Mais à titre personnel, je ne me vois pas faire de la finance tous les jours.

 

Aurais-tu des conseils pour les lecteurs qui souhaiteraient faire de l’audit ? 

En soit, tous les Big Four ont des missions similaires. Donc pour s’orienter et choisir, il faut essayer d’obtenir des retours d’amis qui sont passés en cabinet. On peut avoir des retours positifs comme très négatifs, cela dépend des équipes et de nombreux autres facteurs, propres à chaque cabinet.

Il faut également faire son choix en fonction des opportunités offertes par chaque cabinet et localisation, comme je l’ai fait pour Deloitte Lyon : le fait que le cabinet ne soit pas sectorisé a énormément penché dans la balance. 

 

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