mercredi, mai 5, 2021
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Peut-on mentir en entretien d’embauche ?

Tu as été convoqué à un entretien d’embauche avec l’entreprise de tes rêves et tu te demandes si « être totalement soi-même » est la bonne stratégie à suivre pour décrocher le poste. Tu seras peut-être tenté d’enjoliver la réalité, voire de mentir. Mais est-ce vraiment judicieux de ta part ? 

 

Les entretiens d’embauche peuvent être synonyme de grande pression pour certains. En effet, le fait qu’il s’agit d’un terrain totalement inconnu et fortement concurrentiel n’est pas rassurant pour ceux qui doutent de leurs diplômes, leurs expériences ou leurs capacités. Il est donc important de bien se préparer au préalable et de savoir si gonfler ses compétences ou inventer des expériences professionnelles en entretien est une bonne idée ou, au contraire, une option à écarter totalement. Nous t’aidons à y voir plus clair !

Lire aussi : Préparer efficacement son entretien d’embauche

 

Entretien d’embauche : faut-il répondre à toutes les questions du recruteur ?

Il est important de savoir avant tout entretien d’embauche que tu n’es pas tenu de répondre à l’ensemble des questions du recruteur. Si ce dernier se montre intrusif et te pose des questions sur ton orientation sexuelle, tes convictions religieuses ou encore ta situation amoureuse, tu as totalement le droit de refuser d’apporter une réponse. La loi t’y autorise et l’interdit de t’interroger sur des points aussi personnels.

Mais si le fait d’y répondre ne te dérange pas, rien ne t’empêche de le faire. Si toutefois tu sens que tes éléments de réponse t’ont porté préjudice, tu peux considérer une poursuite en justice contre l’entreprise.

Il est important de noter que certaines questions sont totalement interdites. Un recruteur ne peut pas te demander si tu comptes avoir des enfants. Si l’absence de réponse sur des sujets aussi personnels est un critère qui porte préjudice à ta candidature, alors tu auras évité une entreprise à l’environnement toxique.

 

Mentir en entretien d’embauche : les mensonges à éviter

Si, en entretien d’embauche, tu as le droit de ne pas répondre à certaines questions jugées trop personnelles, tu es également tenu de faire preuve de sincérité sur certains points.

Voici les sujets sur lesquels tu ne dois pas mentir durant un entretien d’embauche :

Tes expériences professionnelles et ton parcours académique

Les recruteurs s’intéressent de plus près aux différents postes que tu as occupé durant ta carrière. Ils se basent également sur ton parcours académique pour juger de la cohérence de tes différentes expériences et des compétences acquises. Mentir sur ces points peut comporter un gros risque. Le monde du travail est beaucoup trop petit, il suffit que ton recruteur connaisse un employé travaillant au sein de « ton ancienne entreprise » et il se rendra rapidement compte que tu n’es pas sincère. Il peut également demander des références et appeler ou contacter l’ancienne entreprise, via son réseau ou l’accueil, pour vérifier que tu y as bien travaillé.

Il s’agit donc d’un terrain très risqué dans lequel il ne faut surtout pas s’aventurer. Passer pour un menteur aux yeux d’un recruteur va te faire perdre toutes tes chances d’être retenu. « C’est une chose que de chercher à vous vendre et rendre attractives toutes les fonctions que vous avez exercées, et une autre que de mentir à propos de vos diplômes et de vos expériences qui sont indispensables pour effectuer le travail demandé », estime Vanessa Robinson, directrice de la recherche du Chartered Institute of Personnel and Development chez eFinancial Careers.

 

Tes compétences clés

Mentir sur son parcours académique et professionnel implique forcément de s’inventer de nouvelles compétences. Si tu es finalement retenu pour le poste, avoir menti sur tes savoir-faire te portera préjudice bien plus qu’autre chose. À moins d’être un génie, tu ne seras pas en mesure de remplir tes missions correctement. Ton incompétence se verra auprès de l’ensemble des équipes. Tu seras ainsi le centre de l’attention de tes collègues qui n’hésiteront pas à te juger. Ton manager verra rapidement le pot-au-rose et cela pourra se retourner contre toi pour tes prochains entretiens. Imagine que ton futur employeur appelle ton ancien manager à qui tu as menti ?

Si tu postules en finance, tu as encore moins intérêt à mentir sur tes expériences passées ou encore tes qualifications. Les recruteurs se montrent extrêmement vigilants. Ils procèdent à des tests techniques et des entretiens extrêmement longs et exigeants. Certains n’hésitent pas à faire appel à des sociétés de vérification, comme Verif diploma, voire même des détectives. « La banque reste un monde où la confiance est importante, notamment vis-à-vis des relations avec les clients sur le long terme. Ce qui, avec le renforcement des politiques de contrôle des risques, n’incite guère au mensonge », conclut le psychologue clinicien et journaliste britannique Oliver James, auteur de Office Politics: How to Thrive in a World of Lying, Backstabbing and Dirty Tricks.

Lire aussi : BCG, tout savoir sur les process de recrutement et les évolutions de carrière

 

Les mensonges autorisés en entretien d’embauche

En entretien, certaines questions sont très récurrentes (qualités, défauts, prétentions salariales, etc). Les réponses que tu vas apporter ne seront pas vraiment vérifiables. Tu peux donc te permettre d’embellir la vérité et de jouer tes dernières cartes pour mettre toutes les chances de ton côté pour avoir le poste.

Si le recruteur te demande « quels sont tes défauts ? », il est plus judicieux d’éviter de parler d’impulsivité, de timidité ou encore de perfectionnisme. Ces défauts sont en effet rédhibitoires et te coûteront très cher. L’ensemble des défauts que tu vas citer doit être exprimé via un exemple concret d’une de tes expériences passées. Nous te recommandons de transformer un défaut en une qualité très importante dans un monde instable.

Ici, il ne s’agit pas réellement de mentir, mais plutôt d’omettre certains défauts qui pourraient te porter préjudice. Si tu es déjà assez conscient de ces défauts pour les occulter, nous te recommandons de faire un travail sur toi-même pour t’en débarrasser définitivement !

Un autre mensonge que tu peux te permettre concerne ton ancien salaire. En faisant cela, deux scénarios se présentent à toi : soit le recruteur tient absolument à ce que tu rejoignes l’entreprise et s’alignera avec ta proposition, soit il sera bien renseigné sur les salaires proposés par ton ancienne entreprise et te donnera un chiffre bien trop bas. Il ne faut toutefois pas se montrer trop gourmand, au risque de perdre le poste.

 

Les limites du mensonge en entretien d’embauche

Mentir sur son CV ou lors d’un entretien comporte de gros risques. Les équipes RH procèdent forcément à des vérifications. Cela fait désormais partie de leurs missions. En avançant des mensonges, tu es sûr de jouer avec le feu et de mettre en péril la confiance qui doit normalement exister entre un employeur et son employé. « Si je me rends compte qu’un candidat m’a menti sur un point, je mets forcément en doute tout ce qu’il m’a dit », précise Jean-Marie Cousty, consultant senior finance chez Hudson chez eFinancial Careers.

En conclusion, la sincérité en entretien d’embauche reste le maître mot. Les mensonges te coûteront bien trop cher et, même s’ils te permettent de décrocher le poste, tu seras confronté à des tâches que tu seras incapable de réaliser.

Lire aussi : Apprendre à exprimer son désaccord en entretien d’embauche

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