Étudiante à emlyon, Emeline Dukic a profité de son année de césure pour créer They Act For Women. Avec cette association, elle accompagne la stratégie de communication des ONG qui œuvrent pour l’insertion professionnelle des femmes à travers le globe. Actuellement au Liban, elle revient sur son tour du monde des associations et sur son engagement social.

 

Quelle est ton histoire ?

Emeline Dukic They Act For Women emlyon
Emeline Dukic, fondatrice de They Act For Women

En terminale, je voulais travailler dans la mode. J’ai donc fait un stage au sein de la fondation ELLE. J’y ai découvert les nombreuses problématiques sociales rencontrées par les femmes en France et surtout à l’étranger. Ce stage m’a marquée et m’a donné envie de créer quelque chose pour résoudre ces problématiques, comme une entreprise sociale. C’est une volonté qui m’a guidée tout au long de mon cursus et dans ma recherche de business schools pendant la prépa.

 

Pourquoi avoir choisi emlyon ?

J’ai été très sensible au côté early maker, esprit d’entreprendre. En 3A, j’ai pu prendre des cours de création d’entreprise, d’économie sociale et solidaire ou encore d’entrepreneuriat social. J’ai réalisé des stages dans une ONG en Afrique du Sud qui s’occupait des femmes et des enfants battus. L’objectif était de leur permettre de retrouver un appartement et un emploi pour qu’ils puissent quitter le centre de manière permanente. J’ai ensuite rejoint Karuna-Shechen, l’ONG fondée par Matthieu Ricard. J’y ai découvert leur projet de « formation conductrice de tuk-tuk » en Inde, un secteur où les femmes sont sous-représentées.

 

Tu as donc créé They Act For Women ?

Après mon stage à la fondation ELLE, j’ai eu un déclic. Je me suis dit qu’il fallait que je transmette aux autres tout ce que j’avais appris. Je voulais les aider à mettre en avant leurs projets innovants qui répondent aux problématiques rencontrées par les femmes. D’expérience, je sais qu’il est compliqué pour une ONG d’accorder du temps et des moyens à la communication. J’ai donc voulu mettre en lumière leurs projets et les valoriser en France.

 

C’est là que tu as décidé de faire un tour du monde des ONG ?

Quand They Act For Women est né, j’ai participé à des tables rondes et à des conférences sur le sujet. Une communauté s’est créée et on m’a donné beaucoup de conseils sur les projets à suivre et les pays où me rendre. À travers mon engagement, il me paraissait important de mettre en avant des projets et des problématiques très divers. Les possibilités sont nombreuses, car j’interviens auprès d’ONG, d’entreprises sociales, de sociétés qui n’embauchent que des femmes, de mouvements solidaires… Mettre en avant des projets aussi différents, c’est la clé pour donner envie à tout un chacun de se mobiliser !

 

Aujourd’hui, tu es au Liban jusqu’au 26 septembre ?

Oui. Je m’occupe d’une initiative menée par un groupe de femmes. Il y a quelques années, Tripoli a connu une importante crise de déchets. Aujourd’hui, leur association sensibilise au tri sélectif et installe des poubelles. Elles gagnent de l’argent en revendant le plastique et le carton.

 

Quel est ton programme pour les prochains mois ?

J’ai déjà fait un mois en Inde. Dès le 26 septembre, je pars pour réaliser une mission de trois semaines en Tanzanie. Je poursuis avec un séjour de 21 jours en Afrique du Sud. Je terminerai avec trois semaines au Sénégal et trois semaines au Maroc. Je souhaite ensuite dédier un mois complet à l’Europe en passant par la Suisse où j’ai identifié des projets passionnants. Je compte clôturer mon voyage par la France où j’ai obtenu de nombreux contacts.

 

Comment organises-tu ta vie à l’étranger ?

J’ai créé une campagne de crowdfunding pour acheter le matériel nécessaire pour They Act For Women. Je ne paie pas mes billets d’avion grâce à l’agence VoyagExpert. En revanche, la vie sur place est à mes frais. Heureusement, j’ai travaillé avant de partir pour payer mes logements et la nourriture. Parfois, je demande de l’aide aux associations que j’accompagne, c’est comme ça que j’ai pu dormir chez l’habitant quand j’étais en Inde.

 

Comment accompagnes-tu concrètement les ONG ?

En général, les trois premiers jours, j’observe leurs programmes avec le porteur de projet. Je fais ensuite le point avec lui pour voir ce qu’il faut mettre en avant et comprendre leurs besoins. Au Liban, par exemple, j’aide l’association à déployer sa présence sur le web en lui créant un site internet et un compte Instagram. J’organise et je rassemble toutes les productions conçues par les ONG pour créer un ensemble cohérent. Cela leur permet également de ne pas repartir de zéro lorsqu’elles créent une nouvelle campagne de communication. C’est un phénomène qui se produit très régulièrement au sein des associations.

 

They Act For Women Emeline Dukic emlyon

 

Quel moment t’a marquée depuis le début de ton aventure ?

Il y en a deux. Le premier, c’était en Inde, quand je suis montée à bord d’un tuk-tuk conduit par une femme. C’est tellement rare ! Elle était très fière, tout comme moi. Elle avait un sacré caractère et même si on ne se comprenait pas, on a eu d’énormes fous rires.

Le deuxième, c’est ici, au Liban. Le porteur de projet m’a invitée chez lui et j’ai pu échanger avec sa mère, sa grand-mère et sa tante. On a parlé de la situation des femmes dans leur pays et en Europe. C’était une conversation passionnante avec des femmes qui sont animées par un besoin d’égalité et de justice. C’est à elles qu’on doit le projet de sensibilisation au recyclage à Tripoli. Elles ont même œuvré pour une meilleure entente entre les quartiers alaouites et sunnites.

 

Une fois de retour, comment continuera They Act For Women
en France ?

Ce sera très différent. Je veux mettre en avant des projets qui existent dans l’Hexagone. Mais, je n’accompagnerai pas la stratégie de communication des associations. Je préfère interviewer les personnes qui ont créé des mouvements, des entreprises sociales ou des ONG pour témoigner dans les écoles et donner envie aux étudiants de suivre leur exemple.

 

Quelle est la suite pour toi ?

Il me reste un semestre à emlyon. Quand je rentrerai, on m’a proposé d’intégrer la Corpo pour occuper un nouveau poste RSE. Ma mission sera d’améliorer la parité femmes-hommes et sensibiliser au développement durable à l’école. Dans le même temps, je veux que They Act For Women continue coûte que coûte et qu’une équipe parte à l’étranger chaque année pour œuvrer sur une nouvelle thématique. J’ai également plein d’idées pour l’avenir. Je pourrais me former à la vidéo et réaliser quelques missions rémunérées pour financer des projets. They Act For Women pourrait également devenir une plateforme de crowdfunding pour accompagner financièrement des ONG que nous aurons sélectionnées sur place !

 

Et pour suivre les aventures d’Emeline, rendez-vous, ici, sur son site internet !