Pierre-Édouard Sterin
Entrepreneurs inspirants

Le parcours de Pierre-Edouard Stérin, fondateur de Smartbox

Pierre-Edouard Stérin est un entrepreneur très connu au sein de l’écosystème français. Son parcours est atypique ! Étudiant à La Sorbonne, il intègre emlyon business school par Admission Sur Titre, avant de prendre la direction de Smartbox ainsi que de plusieurs véhicules d’investissements.

 

Pierre-Edouard Stérin, un étudiant sans facilités particulières

Il l’admet sans vergogne : il ne correspond pas à l’archétype de l’étudiant brillant capable de maîtriser un maximum de concepts. Travailleur acharné, il obtient son bac, avec mention Bien, après avoir redoublé sa Première ainsi que sa Terminale. Une valeur que lui a inculquée son père, entrepreneur, lors de sa jeunesse passée à Dreux.

Lors de son enfance, il naviguait entre ses deux passions : la finance et les jeux vidéos. Très tôt, il s’initie aux marchés financiers, en commençant à acheter et vendre quelques actions alors qu’il n’est qu’adolescent.

Professionnellement, il s’oriente ainsi à la Société Générale puis à Exane afin de parfaire ses connaissances en finance. Il ne rompt pas pour autant avec son premier amour : l’entrepreneuriat.

 

Un entrepreneur né

Il ne fait pas partie de cette galaxie d’entrepreneurs effectuant leur coming-out entrepreneurial sur le tard. Chez Pierre-Edouard Stérin, l’entrepreneuriat est inscrit dans les gènes. Alors au lycée, il achetait des composants informatiques importés d’Irlande – où ils étaient vendus moins cher – et s’attelait aussi à la copie illégale de jeux afin de les distribuer de manière illimitée dans son lycée contre un abonnement.

C’est dans le monde du jeu vidéo qu’il effectue ses premières armes de véritable entrepreneur. En 1999, en pleine période de bulle Internet, il lance Black Orange, un distributeur de jeux vidéo. À l’époque, les plateformes de distribution comme Steam n’existaient pas et les abonnements de jeux en illimité comme Stadia ou Apple Arcade encore moins. Les jeux vidéo s’installaient à travers des supports physiques (cartouches, disques, etc.) qu’il se chargeait de commercialiser. Dès sa première année d’exercice, l’entreprise réalise plus de 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Mais l’éclatement de la bulle Internet et du financement facile et (quasi-)illimité a mis fin aux ambitions de Pierre-Edouard Stérin qui doit revenir vivre chez ses parents, à 28 ans, au moment où ses camarades de promotion entament leur carrière de manière flamboyante.

Alors que le jeune entrepreneur échoue aux entretiens d’embauche de nombreuses banques, dans la mesure où il n’entre plus dans le moule, il est donc contraint d’entreprendre.

 

Comment garder la tête sur les épaules après un succès aussi frappant

Être à la tête d’une aussi grosse entreprise implique de garder la tête sur les épaules et les pieds sur terre. Pour Pierre-Édouard Stérin pour le faire réside dans deux points. Le premier est le fait d’avoir connu un grand nombre d’échecs avant d’être propulsé au succès. Il a en effet monté pas moins d’une centaine d’entreprises avant de trouver la bonne qui soit un franc succès. Il savait pertinemment que la réussite ne venait pas avec le talent, mais plutôt avec un travail continu et régulier. Le deuxième point, est le fait qu’il soit marié à une femme qui a su rester simple malgré ce que peut apporter la fortune. Il raconte : « Elle élève nos cinq enfants à la maison, et reste de ce fait profondément ancrée dans le réel, en dehors du monde du travail et de ses côtés relationnels parfois plus superficiels. Je pense que cette situation m’aide à garder les pieds sur terre, et à ne pas avoir développé un ego surdimensionné ! »

 

Une association assez loufoque

Cette obligation d’entreprendre le mène à travailler avec un Belge ayant découvert un concept inédit à la FNAC d’Anvers : une carte cadeau utilisable dans de nombreux lieux de loisirs. Ce Belge lui donne ainsi l’idée contre 50% du capital de l’entreprise dans laquelle Pierre-Edouard Stérin investit 5 000€ grâce à un prêt de ses parents.

Cette idée fait sa fortune : Smartbox est importé en France sous son ancien nom (Weekendesk) et décolle de manière incroyable : de 0 à 100 millions d’euros de volume d’affaires entre 2003 et 2007. Il profite ainsi pour racheter l’entité belge (40 millions d’euros de volume d’affaires) grâce aux facilités d’emprunt apportées par Natixis.

Cette réussite ne s’est pas faite sans galère : alors balbutiante, l’activité de l’entreprise a été menacée dans la mesure où il a été accusé d’exercice illégal de la profession d’agent de voyages.

Il dénonce alors la vision « communiste » des fonctionnaires de police qui ne comprenaient pas qu’un chef d’entreprise puisse ne pas posséder de grand bureau privatif. Il forge dès lors une vision libertarienne de l’action de l’État, ce qui l’emmène à être critique de l’action d’organismes comme bpifrance, accusée d’entraîner une importante hausse des valorisations, qu’il estime « notamment due aux nombreuses liquidités présentes sur le marché. Celles apportées par la BPI ou par le FEI jouent un rôle important dans l’augmentation des prix. Ces investisseurs publics ont des exigences moins élevées que des structures d’investissement plus classiques. C’est une sorte de concurrence un peu artificielle ayant pour corollaire de faire émerger un certain nombre de dossiers qui n’auraient jamais dû lever des fonds. En outre, j’estime que ce n’est pas le rôle des structures d’État de jouer les investisseurs dans les start-up. À mon avis, il serait préférable d’employer l’argent du contribuable autrement. » (NextStep Magazine)

 

Une carrière d’investisseur réussie

S’il dirige toujours Smartbox aujourd’hui, tout en ayant près de 90% de son capital, ce qui lui permet d’empocher de juteux dividendes, il mène également une politique d’investissement audacieuse, qui fait de lui l’un des premiers investisseurs privés de France.

Son plus grand fait d’armes demeure son investissement au sein de LaFourchette, application alors balbutiante ne facturant que 50 centimes par couvert. Avec seulement une vingtaine de couverts par jour, l’entreprise était dans une situation financière très délicate. Un investissement de 8 millions d’euros lui a permis d’acquérir 80% du capital (laissant 20% à l’équipe fondatrice), de restructurer l’organisation en se concentrant dans de grandes villes et en multipliant la commission par quatre. Lorsque Tripadvisor rachète LaFourchette quatre ans plus tard, il encaisse 66 millions d’euros. L’entreprise réalise alors plus de 20 000 couverts par jour, et continuera de se développer.

Fort de ses succès, il met en place Smartholding, une structure belge qui héberge ses investissements. Il échoue cependant à retourner Gault&Millau, où ses 8 millions d’euros investis en vue d’acquérir puis digitaliser l’institution se soldent par une revente à perte, à seulement 2 millions d’euros.Investissements SmartholdingPar la suite, il démarre Otium Capital en 2015, qu’il sépare en deux branches : Otium Brands afin de financer des startups B2C dont de nombreuses DNVB (Feed, Merci Handy, Oh My Cream par exemple) ainsi qu’Otium Ventures (PayFit, Doctrine, etc.). Deux équipes qui ont pris leur indépendance en 2018 (via Frst et Eutopia).

la moitié des gains réalisés par Otium sera réinvestie dans des entreprises comme le passé, et l’autre moitié dans des causes caritatives. Un milliard de capital a été récolté ces dix dernières années. Cette somme est rentable en moyenne à hauteur de 20 % annuellement, ce qui représente 200 millions par an. « A partir de 2022, la moitié de ces gains sera reversée à un nouveau fonds de dotation dédié à des causes spécifiques. Les autres 100 millions resteront comme avant dans Otium Capital, qui poursuivra son métier d’investisseur dans des entreprises en phase de création ou de croissance. »

Participation Otium

Un rêve : ne rien léguer à sa descendance

D’ici 2024, il prévoit de ne plus posséder sa fortune. Pierre-Edouard Stérin souhaite ne laisser aucun héritage à ses enfants et investit désormais ses dividendes dans les marchés financiers par l’achat de titres cotés. Son ambition est de devenir « saint », désirant financer des actions caritatives et philanthropiques grâce à la fortune ainsi réalisée.

 

Pour lire l’histoire de deux Centraliens devenus (presque) milliardaires :

Datadog : la success story de deux centraliens

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