À l’heure où de nombreuses écoles s’installent au Maroc, à l’image d’emlyon business school ou de l’ESSEC BS ou encore CentraleSupélec et l’École Centrale de Casablanca, de plus en plus d’étudiants sont attirés par les opportunités de ce pays. Le salaire moyen au Maroc permet-il de vivre décemment ?

 

Le Maroc détient le salaire minimum le plus élevé d’Afrique du Nord, selon l’Organisation internationale du travail, et est considéré comme l’un des pays les plus chers de la région selon un rapport de la banque de données collaborative Numbeo. Cependant, le salaire moyen marocain a diminué de 62% depuis mai 2018 et connaît de fortes disparités, essentiellement entre le secteur public et le secteur privé, un écart parmi les plus élevés de la région.

Par ailleurs, malgré les 21 augmentations du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) depuis 1980, 4 salariés sur 10 du secteur privé perçoivent moins que celui-ci, en 2019. Conséquence : ils ne peuvent pas vivre décemment, selon la CNSS.

 

Quel est le salaire moyen au Maroc ?

Le salaire moyen au Maroc, tous secteurs confondus, était de 6333DH (563€) en mai 2018 contre 2368 DH (222,38€) en août 2019, soit une baisse de 62% due essentiellement à la hausse de l’inflation et à une précarité de l’emploi.

Cependant, il existe une différence de 2361DH/mois (222€) entre le salaire moyen mensuel du secteur privé (5188DH = 487€) et celui du secteur public (7549DH = 709€). Ce delta grimpait jusqu’à 7600DH (712,10€) en moyenne, en 2018. Quant aux agriculteurs, le salaire moyen n’est que de 3028DH/mois (284€), ce qui fait d’eux la population la plus défavorisée.

 

D’importantes inégalités de salaires au Maroc

Les inégalités sont plus importantes qu’il n’y paraît. Si nous prenons en compte le salaire médian de 2017, celui-ci s’élève à 2712 DH/mois (254€) contre les 5120 DH/mois (480€) du salaire moyen, cette même année. À l’époque, déjà, nous pouvions constater que 39% des salariés déclarés auprès de la CNSS percevaient un salaire inférieur au SMIG qui était de 2566 DH/mois (242€) alors que l’indice des prix à la consommation a connu une hausse de 2,2%.

Plus récemment, en 2019, 14% des salariés du domaine privé percevaient un salaire égal ou supérieur à 6000 DH/mois (563€) et seulement 6,8% gagnaient plus de 10 000 DH par mois (941€). On retrouvait ces salaires notamment dans le domaine financier, l’informatique, la communication et les assurances.

Dans le même temps, 30% des fonctionnaires affichaient un salaire mensuel compris entre 6000 et 8000 DH/mois en plus d’être affiliés à un système de retraite et de bénéficier d’une couverture santé. Au Maroc, 79% de la population active n’est affiliée à aucun système de retraire et 75% des travailleurs ne bénéficient d’aucune couverture sociale. D’autre part, les femmes sont plus touchées par les inégalités, 45% des femmes percevaient moins que le SMIG contre 35% des hommes.

 

Le salaire minimum au Maroc

Pour y remédier, depuis le 1er janvier 2020, le SMIG mensuel qui englobe le secteur de l’industrie, du commerce et des professions libérales, s’élève désormais à 2698 DH/mois (253€) contre un SMIG mensuel de 3300 DH/mois (309,94€) pour la fonction publique. En ce qui concerne les activités agricoles, le SMAG (salaire minimum agricole garanti) est de 73,22 DH/jour soit 1830 DH/mois (172€). Cette revalorisation a pour but d’améliorer les conditions de vie des acteurs du secteur privé suite à l’accord du dialogue social signé le 25 avril 2019.

Cependant, le montant actuel du SMIG est considéré comme insuffisant selon l’association de protection des consommateurs Unicon. Afin de couvrir les besoins d’une seule personne (frais de santé, transport, loyer et besoins primaires sans frais de divertissement), il faudrait qu’un travailleur touche 6000DH soit 563€ par mois. Pour une famille de quatre personnes, logeant au sein de la capitale Rabat, 15 000 DH (1409€) sont nécessaires pour couvrir l’ensemble des besoins du ménage, sans compter le loyer.

Selon Bank Al Magrhib, le SMIG est trop faible pour permettre aux ménages d’épargner, au vu du stock des impayés des particuliers qui s’élève à 23 milliards de DH soit 2,1 milliards d’euros.

 

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