Étudiants à emlyon business school, Aïssata Fane et Julien Doan ont pour ambition de renouveler le genre du service traiteur. Avec Savane & Mousson, les deux entrepreneurs fusionnent les cuisines africaines et asiatiques pour proposer de la finger food qui a déjà séduit Facebook ou encore l’Ambassade américaine !

 

Quel est votre parcours ?

Aïssata Fane : J’ai fait un bac ES, puis j’ai rejoint Intégrale. J’ai ensuite intégré le PGE d’emlyon business school. Je suis également en double-diplôme avec Sciences Po. En rejoignant la Junior-Entreprise de mon école, j’ai travaillé avec plusieurs entreprises et entrepreneurs. Je me suis donc orientée vers le Parcours Startup d’emlyon. C’est là où j’ai créé Savane & Mousson avec Julien.

Julien Doan : J’ai fait un bac S, puis une prépa ECS à Albert Schweitzer avant d’intégrer le PGE d’emlyon. J’ai également passé un concours pour rejoindre Centrale Lyon et je suis actuellement en double-diplôme. À Centrale, j’ai plutôt des cours de physique, mécanique ou génie électrique, tandis qu’à emlyon, j’ai choisi le Parcours Startup.

 

Savane & Mousson, qu’est-ce que c’est ?

AF : C’est un service traiteur qui fusionne les gastronomies asiatiques et africaines sous forme de bouchées originales. Nous créons des recettes originales à partir d’ingrédients communs aux deux continents comme le riz, la banane Plantin ou les fleurs d’hibiscus. Ce qui attire surtout les entreprises qui font appel à notre service, c’est la qualité de nos produits et notre cuisine 100% naturelle.

JD : Nous revisitons de nombreux plats traditionnels en introduisant des éléments de l’autre continent. Nous proposons, par exemple, du poulet yassa, travaillé comme des sushis et présenté sous forme de makis, mais également une revisite du Tieb, à la thaïlandaise.

 

Savane & Mousson

 

Comment tout a commencé ?

AF : À l’école, nous sommes obligés d’avoir une expérience à l’international. J’ai choisi l’Asie, un peu par hasard, et je me suis rendu compte que la nourriture n’était pas éloignée de ce que j’avais pour habitude de manger chez moi, puisque je suis d’origine malienne. J’en ai donc parlé à Julien en rentrant.

JD : J’ai choisi de faire un projet humanitaire en Afrique, au Sénégal. Je suis d’origine vietnamienne et je me suis également rendu compte qu’il y avait des similitudes entre les plats africains et asiatiques.

AF : Ensuite, nous avons fait beaucoup de R&D pour proposer nos premiers produits lors du festival international du sushi, en avril 2019. Nous voulions tester la réaction du grand public et nous avons vendu près de 4 000 pièces (pour 8 000 visiteurs). Nous avons compris qu’il y avait un marché et nous avons commencé à développer nos produits, en même temps que notre stage de fin d’études. En huit mois, nous avons réussi à monter un projet qui était autosuffisant, nous permettant même d’investir pour créer de nouveaux plats.

 

 

Où peut-on retrouver les produits de Savane & Mousson ?

JD : Pour l’instant, Savane & Mousson propose majoritairement nos prestations de service traiteur pour des entreprises qui nous contactent et nous recommandent. Nous participons à des festivals grand public. Nous avons par exemple travaillé avec Facebook sur un de leur événement pour vendre nos produits en B2C. Nous postulons aussi pour participer à des événements comme We Love Green. Nous réalisons quelques prestations pour des particuliers, comme des mariages, mais nous attendons d’asseoir l’activité traiteur avant d’ouvrir une boutique. Nous pensons le faire d’ici un an.

 

Vos plus belles réalisations ?

AF : Nous avons déjà travaillé avec Facebook, mais aussi avec le Conseil présidentiel pour l’Afrique ou encore l’Ambassade des États-Unis. Nous avons de très beaux événements à venir.

 

Qui cuisine ?

AF : Quand nous avons de gros événements pour 600 ou 800 personnes, nous faisons appel à des chefs qui reproduisent nos recettes à l’identique. Nous venons d’acquérir un laboratoire de 100m² qui nous permet de préparer nous-mêmes les plats pour les prestations les plus modestes.

JD : Une fois que les recettes sont imaginées, la partie la plus importante du travail reste la mise en forme. Le visuel est vraiment clé !

 

Comment imaginez-vous Savane & Mousson d’ici quelques années ?

AF : Nous allons continuer à proposer de nouveaux plats. Nous élaborons de nouvelles recettes tous les mois, car on adore inventer de nouvelles saveurs et nous ne voulons pas proposer les mêmes prestations à nos clients réguliers. Sur l’angle plus stratégique, nous espérons créer un réseau de franchise. La première étape était le service traiteur. Aujourd’hui, nous voulons reproduire le concept Savane & Mousson dans les plus grandes villes de France et, pourquoi pas, à l’international. Nous allons ouvrir notre boutique pilote, cette année, au cœur du Marais, un quartier jeune et cosmopolite pour permettre aux consommateurs de venir directement tester et acheter des produits. Nous allons ensuite travailler avec le Réseau Entreprendre pour développer des corners Savane & Mousson.