La fameuse EdTech française est en pleine expansion ! Cette bouillonnante filière de la « startup nation » a un objectif : révolutionner l’éducation, notamment en entreprise, en mettant la technologie et l’innovation à son service. Parmi les différentes formations en ligne, les MOOCs et les podcasts sont les fers de lance d’une nouvelle ère dans la formation. Pour autant, comment s’y retrouver dans cette forêt de contenus ? Comment savoir quels sont les meilleurs MOOCs ?

 

La startup Edflex a répondu à cette problématique en mettant sur pied une compétition récompensant les meilleurs MOOCs (Massive Open Online Courses) de l’année : les « Mooc of the Year » dont la 4e édition s’est tenue dans les locaux d’Orange, à Opéra, le jeudi 27 février dernier. Quelles leçons tirer de cette soirée ? Qui sont les grands gagnants des Mooc of the Year ? Quel impact ce type d’événements peut-il avoir ? Rencontre avec Clément Meslin, co-fondateur et CEO d’Edflex.

 

Bonjour Clément, tout d’abord, qu’est-ce qui vous a poussé à lancer les Mooc of the Year en 2016 ? Pour quelle raison cette idée a-t-elle vu le jour ?

Lorsqu’avec Rémi Lesaint, co-fondateur également, nous avons créé My-Mooc en 2016, nous avions pour vision de rendre la formation accessible au plus grand nombre et de valoriser les MOOCs en général en référençant les MOOC disponibles gratuitement, permettant aux internautes de s’y retrouver parmi l’offre grandissante et importante de ces cours en ligne. Les « Mooc of the Year » s’inscrivent ainsi complètement dans cette démarche de valorisation du secteur. C’est une cérémonie de remise de prix des meilleurs MOOCs de l’année, élus en fonction de critères précis par un jury pluridisciplinaire. L’idée est de réunir chaque année les acteurs du milieu, lors d’une soirée, afin d’échanger sur les tendances du secteur et de mettre en lumière des initiatives innovantes.

 

Au fil des années, l’événement a évolué, s’est transformé. Quel était le thème de cette 4e édition et que peut-on en retenir de marquant ?

L’événement a effectivement bien évolué depuis sa création ! Devenue un véritable rendez-vous, cette quatrième édition avait pour but de faire émerger les dernières tendances, mais surtout de faire participer les invités à la construction du futur des MOOCs. Que veut-on à l’avenir pour le secteur ? Comment y arriver ? Quelles sont les priorités ? Au travers de témoignages et d’un débat bien animé sur le sujet « Pour ou contre les MOOCs dans le futur de la formation ? », nous avons poussé nos invités à la réflexion. Nous avions aussi comme objectif majeur de communiquer sur un projet important : notre manifeste pour l’avenir de l’open éducation, qui incite les acteurs du milieu à s’investir pour aller au-delà des freins observés.

 

Qui dit compétition, dit grands gagnants ! Qui a remporté le fameux « Mooc of the Year » ? Quels ont été les autres prix décernés ?

C’est exact ! Nous avons remis six prix cette année et nous avons eu le plaisir d’observer une vraie tendance vers les MOOCs citoyens. Une belle tendance qu’on espère voir prospérer dans les années à venir. Le MOOC de l’année « Zéro Déchet », du mouvement Colibris et Zero Waste, nous montre que les internautes sont de plus en plus impliqués dans ces questions de société et que les MOOCs sont une réponse concrète à ces enjeux. Pour retrouver l’ensemble des gagnants, je vous invite à consulter notre blog !

 

Qui sont les producteurs de contenus présentant des dossiers de candidature ? Universités, grandes écoles, entreprises ?

Toute institution ayant créé un MOOC dans l’année peut postuler ! Nous avons chaque année des organisations postulant avec des entreprises spécialisées, mais aussi des entreprises seules et, bien évidemment, de nombreuses universités et écoles.

 

Pourquoi postulent-ils aux « MOOC of the Year » et quel est l’impact, pour eux, d’un prix remporté lors de cette soirée ?

Être candidat aux « MOOC of the Year », c’est pouvoir communiquer, si vous êtes nominés ou gagnant, sur votre cours en ligne comme étant un des meilleurs cours de l’année. C’est une très belle promotion si le cours a une prochaine édition de prévue, ce qui n’est pas évident dans le milieu. La plateforme My Mooc est reconnue dans le milieu comme ayant une réelle expertise sur le sujet des MOOCs, cela apporte donc une légitimité supplémentaire aux cours récompensés. C’est aussi une belle façon de récompenser une équipe entière qui a travaillé sur le sujet et une occasion de pouvoir mettre en avant le sujet même de leur MOOC auprès d’acteurs influents de la formation en ligne ! Nous avons aussi un prix qui émane directement des internautes : cela permet donc d’animer la communauté du cours, un beau moyen de communication et de valorisation.

 

Plus globalement, comment voyez-vous l’évolution de la formation digitale en France dans les années à venir ?

Il me semble que la formation est déjà en pleine évolution. De nombreuses raisons, dont l’explosion du digital, ont amené les salariés à changer leur mode de « consommation » de la formation en entreprise. C’est une tendance qui va se poursuivre, c’est certain. De nombreuses entreprises et de nombreux salariés vont devoir faire face à un monde du travail en constante évolution. La formation digitale, par sa rapidité et sa flexibilité, est une solution idéale. On le voit bien dans le contexte actuel… Avec le confinement, on se rend compte que le digital peut répondre à des problématiques inattendues et permet d’accompagner une partie des élèves, étudiants et salariés dans cette situation. On a même vu de vrais plans d’action émerger avec la mobilisation du secteur EdTech en France qui a créé une plateforme recensant les solutions efficaces pour la continuité de l’éducation et de l’apprentissage. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faille exclure l’aspect collaboratif et humain ! L’enjeu est donc d’arriver à trouver un équilibre pertinent, en fonction du contexte, entre présentiel et digital. Cela peut passer par différents points, dont les MOOCs font partie grâce à l’aspect humain qu’ils apportent avec les forums et intervenants. C’est la cohésion des acteurs de la filière qui va permettre de trouver cet équilibre dans ce qu’on appelle le « blended learning » !

 

Nous avons beaucoup parlé sur Business Cool du programme French Tech 120. Parmi les startups sélectionnées, la EdTech est présente avec OpenClassrooms ou encore 360Learning, quelle place a-t-elle à prendre dans cet environnement ?

La Edtech française a effectivement une place essentielle à prendre dans cet environnement ! La formation a un réel rôle à jouer dans l’économie, que ce soit en entreprise ou en milieu éducatif/universitaire. C’est un secteur en pleine expansion qui va permettre d’accompagner l’évolution des modes de consommation de la culture et des connaissances, main dans la main avec des institutions plus « traditionnelles ». On peut voir, par exemple, Pôle emploi se tourner vers des solutions de formations digitales innovantes comme Edflex ou des universités utilisant les smartphones comme levier d’apprentissage et d’animation avec la startup Wooclap.

Je trouve cela vraiment positif de voir que la Edtech est soutenue par l’État, car la France regorge d’innovations dans ce secteur en pleine acculturation au digital. C’est important d’investir dans ce domaine puisque l’enjeu de s’adapter aux besoins des jeunes générations, tant dans l’apprentissage scolaire qu’en entreprise, va devenir de plus en plus crucial.

 

Pour terminer, quel mot souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs, majoritairement étudiants, qui seraient intéressés par le fait d’aller regarder un MOOC sur internet suite à la lecture de cette interview ?

Lancez-vous ! Accessibles sur tous supports, adaptables à son rythme d’apprentissage… Il n’y a rien de plus facile que de commencer un MOOC. Apprendre l’anglais, en savoir plus sur le zéro déchet ou se former aux bases de Photoshop : des centaines de thématiques existent, vous devriez forcément trouver un cours intéressant selon votre profil. Avec un peu d’assiduité, c’est une vraie plus-value sur un CV, mais c’est aussi un moyen efficace de développer ses compétences sur des sujets qui peuvent s’éloigner de notre cœur de métier. Une qualité essentielle dans un monde du travail en constante évolution !