La crise du coronavirus a frappé de plein fouet les écoles qui ont dû fermer leurs campus, dispenser leurs cours à distance et adapter les modalités de recrutement, supprimant les oraux d’admission. Si la décision a fait grand bruit, elle est désormais digérée par les candidats et les écoles qui préparent maintenant une rentrée 2020 qui sera, pour le moins, atypique et inédite. À Grenoble EM, on a pris le parti de faire une rentrée à 100% en distanciel. En effet, si l’école étudie plusieurs pistes, celle-ci est privilégiée par les équipes pédagogiques. Explications sur cette décision.

 

Face à la crise, les écoles doivent s’adapter et imaginer une rentrée en prenant en compte de très nombreuses inconnues : les étudiants internationaux ne seront-ils pas effrayés à l’idée de voyager dans un autre pays ? Comment se déroulera le déconfinement ? Ne doit-on pas craindre une nouvelle vague qui obligera les établissements d’enseignement supérieur à rester fermés en septembre ? Quid des campus sur les autres pays qui se déconfinent à un rythme différent de celui de la France ?

C’est en se basant sur ces interrogations et ces incertitudes qui planent au-dessus des Grandes Écoles que la direction de GEM a commencé à étudier plusieurs scenarii qui mèneront à une rentrée en distanciel, sauf si une importante amélioration de la situation sanitaire survient dans les mois à venir.

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Coronavirus : Une rentrée 2020 inédite

La piste privilégiée par l’école est celle du distanciel. « Nous maintenons la rentrée aux dates prévues. Il vaut mieux organiser une année complète de façon différente que de mettre en place des rentrées décalées », explique Jean-François Fiorina, DGA et pilote de la cellule de crise de l’établissement. « Le distanciel permet d’assurer une rentrée pour nos étudiants, quelle que soit la situation en septembre », complète Loïck Roche, DG de l’école.

Concrètement, l’année scolaire à GEM se déroulera sur des cycles de deux mois, permettant de s’adapter plus facilement aux changements de situation qui peuvent intervenir à cause de la crise du coronavirus. Cela permettra à l’école grenobloise d’anticiper d’éventuels retours au confinement. En outre, la business school réfléchit également aux programmes dispensés aux étudiants. Si les compétences transmises et les attendus pédagogiques restent les mêmes, pour Jean-François Fiorina, il est pertinent de profiter de la crise pour remettre en question le rôle du manager, en des temps où le distanciel et le télétravail deviennent la norme.

Cette réflexion sur les programmes va même au-delà du PGE et s’étend au MBA, puisque le DGA de GEM que pour former le manager de demain, il y aura besoin de « plus d’expérimentation et d’interdisciplinarité », se posant même la question de la mise en place de « MBA interécoles, qui feront plus appel à cette interdisciplinarité dont auront besoin les étudiants pour accéder à la fonction de DG de grandes entreprises. Nous allons devoir également travailler sur les soft-skills : comment manager à distance, comment gérer un conflit à distance, etc. »

 

Concilier cours à distance et expérience étudiante

Bien sûr, Grenoble EM réfléchit à une notion qui est au cœur de l’ADN de l’école : l’expérience étudiante. L’objectif de cette rentrée inédite à distance sera d’essayer de ne pas perdre ce qui fait le cœur de la formation de GEM. Actuellement, l’établissement échange avec la responsable de la vie associative et les associations pour travailler sur l’animation de la vie à l’école l’an prochain.

Julie Perrin-Halot, Directrice qualité, stratégie et international à GEM, conclut en affirmant que, si la crise impacte bien sûr les écoles, elle est vectrice de nouvelles opportunités : « Cette période doit nous servir d’accélérateur et doit nous aider à nous poser les bonnes questions. Il ne faut pas oublier les bases, mais il faut être prêt à les réinventer. Pour GEM, l’expérience reste notre meilleur enseignant, ça passera toujours par l’expérientiel. »