samedi, avril 17, 2021
Accueil Actu Actu écoles Confluences 2025 : Isabelle Huault détaille la stratégie d’emlyon

Confluences 2025 : Isabelle Huault détaille la stratégie d’emlyon

Il y a quelques semaines, emlyon a dévoilé son nouveau plan stratégique Confluences 2025. Son ambition première : rassembler la communauté de l’école autour d’un projet commun. Digital, RSE, hybridation des programmes et perspectives de croissance : Isabelle Huault, DG de l’institution et présidente du directoire, revient sur cette stratégie ambitieuse.

 

emlyon a construit son plan stratégique Confluences 2025 autour de quatre piliers : l’engagement social et responsable, l’hybridation, l’international et le digital. « Nous voulions fédérer les parties prenantes d’emlyon autour d’un projet commun. Cela me semblait important puisque l’école a vécu quelques turbulences l’année dernière. »

Un objectif se dessine pour la business school : figurer parmi les 15 premières Global Business Universities d’Europe d’ici 2025. Derrière cette ambition, emlyon affiche sa volonté de s’ouvrir à plus de disciplines comme les sciences de l’ingénieur, l’art, le design ou les sciences humaines et sociales. L’hybridation sera donc au cœur des parcours pour former des « décideurs responsables qui sont aussi des citoyens éclairés. » Enfin, l’école de commerce mise beaucoup sur la recherche. « Ce volet est fondamental. C’est la garantie d’une formation fondée sur des connaissances récentes et  toujours actualisées , produites par les professeurs-chercheurs. »

Pour en savoir plus sur cette stratégie ambitieuse, dont le terme arrive dans seulement quatre ans, Isabelle Huault a accepté de répondre à nos questions.

 

Confluences 2025 : L’engagement social et environnemental d’emlyon

Beaucoup d’écoles placent la RSE au sein de leur plan stratégique. Comment cela va se traduire à emlyon ?

Toutes les écoles sont confrontées à la question de l’urgence écologique et à des enjeux sociaux majeurs, comme la pauvreté, les inégalités, l’éthique… Nous accueillons également des générations en quête de sens, qui se posent de nombreuses questions quant à leur future trajectoire professionnelle. C’est pour cette raison que nous intégrons ces dimensions dans notre plan stratégique ; parce les business schools doivent, dans ce contexte, avoir une conscience renforcée de leur mission. Jamais le projet éducatif de former, tout au long de la vie, des professionnels de haut niveau, curieux, réflexifs, responsables, alliant justice et efficacité,  et capables d’appréhender la complexité du monde n’est paru aussi essentiel.

Concrètement, notre première initiative est de devenir une société à mission, qualité qui a vocation à être inscrite dans nos statuts en juillet 2021. Nous voulons réaffirmer la mission d’intérêt général de l’école et nous projeter  dans un horizon long terme. Loin de nous en tenir à de pures déclarations, nous déclinons  des objectifs opérationnels, lesquels feront l’objet d’un suivi rigoureux et d’une évaluation tous les deux ans par un organisme certificateur ;  comme le prévoit d’ailleurs la loi Pacte. 

Le second chantier concerne la refonte de notre offre de formation et de notre référentiel de compétences, à l’aune des 17 Objectifs du Développement Durable de l’ONU. Nous créons pour cela un label (Sustainable Development Goals Inside). Tous nos cours obtiendront un niveau de labellisation (il en existera 3 au total allant de la sensibilisation à l’acquisition de compétences pour traiter ces enjeux dans sa vie professionnelle). L’idée majeure est de ne pas isoler la question de la RSE mais de l’intégrer pleinement et entièrement à tous les cursus et programmes. 

Par exemple, donner demain un cours de comportement du consommateur, sans aborder la question de la consommation responsable, ne sera plus guère envisageable. Nous introduisons, par ailleurs,  un cours obligatoire « Agir pour climat », à la rentrée 2021 pour les étudiants du PGE et à la rentrée 2022 pour le bachelor. En outre, nous renforçons le programme d’engagement responsable des étudiants qui fait déjà partie des prérequis du PGE et bientôt pour le Bachelor. 

 

Vous comptez également développer de nouvelles formations sur le sujet ?

Nous souhaitons créer une offre de MS et de MSc sur ces enjeux-là; comme un MSc in AI and Data Science for Sustainable Development avec une école d’ingénieurs. Un plan de développement de nouvelles formations jusqu’à l’horizon 2025 a d’ailleurs été établi en ce sens. 

 

Vous annoncez également accueillir 30% de boursiers d’ici 2025. Comment comptez-vous atteindre ce chiffre d’ici 4 ans ?

Il nous paraît important de renforcer la diversité sociale. Nous mettons  ainsi  l’accent sur l’apprentissage, dispositif pédagogique très vertueux. Notre ambition est de former 500 étudiants par cette voie d’ici 2025. Nous ne souhaitons pas qu’un bon étudiant ou un bon lycéen s’autocensure parce qu’il n’a pas les moyens de se former;  l’alternance est en ce sens une voie formidable pour financer ses études.

La diversité sociale passe également par l’augmentation du nombre de bourses. Ainsi, nous relançons la Fondation emlyon pour asseoir notre politique de  fundraising. C’est aussi dans cette perspective que nous venons de créer une direction “Advancement and alumni relations”.

Enfin, nous lançons une initiative originale pour ouvrir l’école à d’autres publics qui ne sont traditionnellement pas ceux des business schools. Nous créons l’Ecole de la qualification La Toile, école des métiers du numérique pour les jeunes sans qualifications et sans emploi, âgés de 18 et 25 ans. Ils pourront se former gratuitement, dans nos makers labs, sur des sujets comme le webdesign ou le prototypage et obtiendront une certification à l’issue de leur parcours pédagogique. Notre première promotion de 30 élèves sera accueillie au mois de mai. L’objectif est de former 150 participants chaque année.

 

L’hybridation d’emlyon et des parcours

Comment avez-vous pensé la question de l’hybridation des parcours ?

Nous lançons de nouveaux instituts pluridisciplinaires. Chacun d’entre eux intègre des travaux de recherche, des programmes de formation et des partenariats socio-économiques et chacun d’entre eux est une vitrine des thématiques sur lesquelles se positionne particulièrement bien  l’école. Trois nouveaux instituts sont ainsi créés:

  • Artificial Intelligence and Management Institute qui analyse les effets managériaux, organisationnels, sociaux et éthiques des ruptures technologiques. Aujourd’hui, 40 enseignants-chercheurs travaillent sur ce sujet à l’Ecole ; 
  • Social Innovation Institute. Ici ce sont tous les  sujets liés à l’entrepreneuriat à impact, l’innovation sociale, l’économie sociale et solidaire ainsi que “sport et société” qui seront traités ; 
  • Ethno-Institute. La démarche ethnographique est déjà insérée dans nos programmes. Elle l’est aussi dans le domaine de la recherche à emlyon. Cela permet aux étudiants d’acquérir des connaissances approfondies sur les organisations et leurs transformations. Avec cet institut, nous comptons aussi développer des certificats en formation initiale et continue.

Nous  amplifions également  l’hybridation via des partenaires académiques comme avec l’Ecole des Mines de Saint-Étienne, une école d’ingénieurs avec laquelle nous proposons déjà le MS Health Management and Data Science, ou avec  la Cité du design de Saint-Étienne avec laquelle nous lançons dès ce mois de juillet une summer school pour dirigeants. Nous sommes également en train d’échanger avec l’ENS Lyon pour créer un certificat de recherche pour les étudiants du PGE, mais aussi avec l’INSA ou l’Ecole Centrale de Lyon sur d’autres thématiques. À terme, nous imaginons des possibilités de croissance externe et nous ne nous interdisons pas de nous rapprocher d’EdTechs ou d’écoles d’ingénieurs.

 

Cap sur l’international et le digital avec Confluences 2025

L’ambition d’emlyon est de poursuivre l’internationalisation de l’école. Vous comptez donc ouvrir de nouveaux campus ?

Nous renforçons notre présence en Inde. Nous proposons déjà une formation en management du sport à Bhubaneswar avec Xavier University. Un campus à Mumbai avec Xavier College sera installé dans les prochaines semaines. Dans un premier temps, nous serons hébergés dans les locaux de Xavier College, mais nous y créons un makers’ lab, marqueur fort de la pédagogie emlyon, fondée sur l’expérience, l’expérimentation, l’action et l’acquisition d’un ethos entrepreneurial. 

La question du lancement d’un campus en Amérique Latine est actuellement instruite. Nous n’avons pas encore pris de décision pour le choix du pays mais les critères géopolitiques (et donc de stabilité politique), tout comme ceux de l’importance des besoins en éducation sont cruciaux  

 

Comment se traduit votre virage technologique ?

Nous avons formalisé un schéma directeur digital ambitieux. Nous investissons  17 millions d’euros sur 3 ans dans le digital. Ce plan digital se décline dans les domaines de l’efficacité opérationnelle, du pilotage des données, de la fiabilisation de l’infrastructure numérique, et -volet très important-, de l’excellence académique pour une expérience étudiante enrichie.   

 

Les futurs projets d’emlyon

Votre ambition est d’accueillir 12 000 étudiants d’ici 2025. Comment souhaitez-vous satisfaire cet objectif ?

Nous n’augmenterons pas les effectifs du Programme Grande École, mais misons sur la croissance organique des MS, des MSc et des nouvelles formations que nous développerons sur nos nouveaux campus.

 

Un dernier mot sur le campus Hub Gerland ?

Ce campus marque notre enracinement dans une région dynamique, avec un tissu très dense d’entreprises de toutes tailles dont beaucoup affichent une ambition mondiale. Ce campus est  une opportunité de réaffirmer nos racines, au coeur de Lyon, et sur ce territoire très attractif pour les étudiants et les enseignants-chercheurs du monde entier. Nous  serons voisins de l’ENS de Lyon et de l’IEP de Lyon; au sein d’un quartier en pleine rénovation. Le Hub Gerland, à la pointe des nouvelles technologies,  incarnera pleinement  notre projet académique d’hybridation, d’engagement sur le plan environnemental, et d’ouverture sur le monde  socio-économique et les entreprises. 

Abonne-toi !

Follow us !

38,657FansJ'aime
10,320SuiveursSuivre
2,188SuiveursSuivre
1,940AbonnésS'abonner

Must Read

Herbert Castéran réélu à la tête de l’EM Strasbourg

Cette semaine se sont déroulées les élections pour désigner le nouveau directeur de l’EM Strasbourg. L’école, qui fait partie intégrante de l’Université de Strasbourg,...

Olivier Goy (October), l’entrepreneur qui révolutionne le prêt

Pour ce nouveau numéro de So Biz, Olivier Goy, fondateur d’October, nous a reçu dans ses locaux pour parler de sa startup, devenue une...

Prix, épreuves, score : Tout savoir sur le TAGE 2

Le TAGE 2 s'adresse aux candidats de niveau bac à bac+3 désirant intégrer des écoles de commerce sans avoir à passer par la case...

Rire pour mieux travailler : comment être marrant au travail ?

Les recherches montrent que les équipes soudées, travaillant dans un environnement chaleureux et détendu, sont plus engagées et plus créatives. Pour s'assurer un maximum...

Portrait

Related News

Herbert Castéran réélu à la tête de l’EM Strasbourg

Cette semaine se sont déroulées les élections pour désigner le nouveau directeur de l’EM Strasbourg. L’école, qui fait partie intégrante de l’Université de Strasbourg,...

Olivier Goy (October), l’entrepreneur qui révolutionne le prêt

Pour ce nouveau numéro de So Biz, Olivier Goy, fondateur d’October, nous a reçu dans ses locaux pour parler de sa startup, devenue une...

Prix, épreuves, score : Tout savoir sur le TAGE 2

Le TAGE 2 s'adresse aux candidats de niveau bac à bac+3 désirant intégrer des écoles de commerce sans avoir à passer par la case...

Rire pour mieux travailler : comment être marrant au travail ?

Les recherches montrent que les équipes soudées, travaillant dans un environnement chaleureux et détendu, sont plus engagées et plus créatives. Pour s'assurer un maximum...

Le parcours inspirant de Phil Knight, fondateur de Nike

Nike a révolutionné le monde de l'équipement sportif et est devenue l'une des marques les plus iconiques de notre temps. À l'origine de cette...