Plus d’international, focus mis sur la recherche avec la création de nouveaux laboratoires, création de nouvelles écoles : l’EDHEC a présenté son plan stratégique 2025, intitulé “Impact Future Generations”, une stratégie qui mise avant tout sur la développement durable et la volonté de sensibiliser ses étudiants à un “business qui a un impact sur la société.

Ce plan stratégique intervient au moment où l’EDHEC connaît une dynamique plutôt positive, avec, notamment, la hausse de l’attractivité de l’école au classement SIGEM, mais également la vente de Scientific Beta pour près de 200 millions de dollars, qui conforte l’école dans sa stratégie de se financer grâce à la valorisation de sa recherche.

Pour élaborer son plan stratégique, l’école a travaillé de concert avec toutes ses parties prenantes pendant un an et demi : élèves, staff, diplômés, partenaires académiques, mais aussi d’autres directeurs d’écoles. “L’enseignement supérieur est dans un mouvement de transformation profonde, c’est pourquoi il était important d’écouter les parties prenantes, de prendre en compte leurs aspirations, les points d’améliorations”, explique Emmanuel Métais, DG de l’EDHEC.

 

EDHEC For Future Generations

Aujourd’hui, nous sommes dans un environnement en croissance. La perspective est globalement optimiste, même si elle s’intègre dans un environnement de défiance envers l’enseignement supérieur et notamment les business schools qui coûtent cher”, observe Emmanuel Métais. Ainsi, il note que se pose la question de la légitimité de ces établissements et de la pertinence des diplômes délivrés aux étudiants aujourd’hui.

Dans la construction de son plan stratégique, l’EDHEC s’est également posée la question du modèle économique, des coûts d’infrastructure, mais aussi de la recherche. “Le business a permis à l’homme de progresser, mais aujourd’hui, on observe des effets pervers : le manque de diversité, le manque d’inclusion… Autant de sujets sur lesquels on nous interroge. Pendant des années les business schools ont servi le business. Pendant des années, notre crédo était de servir les entreprises, mais au-delà du business, il va falloir servir un certain nombre de grandes causes. C’est pourquoi nous avons changé notre crédo : d’EDHEC For Business à EDHEC for Future Generations.

Aujourd’hui, l’EDHEC affiche l’ambition de servir un objectif plus grand, au-delà de la simple entreprise, et de faire en sorte que le business impacte positivement les générations futures, par les formations, la recherche, mais aussi l’action des diplômés. “Nous restons une école de business, mais l’objectif est de faire en sorte que ce business serve réellement la société.

 

Les sept batailles de l’EDHEC

L’école a identifié sept piliers pour définir sa stratégie, nommées “7 strategic battles to win” :

  1. Scientifics
  2. Composites
  3. Tech&Data
  4. Internationalisation
  5. Student Experience
  6. Entrepreneurship “For Society”
  7. “EDHEC For All”

 

La première, nommée « Scientifics », s’inscrit dans le prolongement de la dynamique impulsée à l’EDHEC qui a toujours beaucoup investi en matière de recherche. « L’EDHEC est devenue une référence sur la recherche en finance. Je voudrais que l’EDHEC devienne à 5 ou 10 ans, une référence sur la recherche en finance utile. Nous voulons que la finance soit utile à l’économie, mais aussi à la société. Elle peut être un puissant levier pour la transformer. »

Un des projets sur lesquels l’école va investir dans les prochaines années s’intitule Scientific Infra, un centre de recherche sur les infrastructures. « Ce centre de recherche est en train de créer une startup et nous allons passer dans la phase de commercialisation. Nous allons produire des indices permettant aux investisseurs de faire de meilleurs investissements dans le choix des infrastructures. » Emmanuel Métais insiste sur la dimension du réel, et d’une finance qui s’y associe.

Avec son autre bataille, intitulée « Composites », l’EDHEC souhaite étudier les champs de compétences dans lesquelles il faut former les étudiants pour répondre aux enjeux de demain. L’école souhaite élargir le spectre de ses formations, pour avoir des diplômés capables d’aborder des problèmes complexes avec une vision différente. Pour ce faire, l’institution mise sur deux projets phares : la création de l’EDHEC Business Online University, pour rapprocher les étudiants et les meilleurs professeurs du monde. Un des axes annoncé est Finance for Climate Change. L’EDHEC va également mise sur son expertise en droit pour développer des formations en droit grâce à l’EDHEC Augmented Law Institute qui s’appuiera sur trois axes : la formation, la recherche et la création d’une plateforme de management des talents pour les métiers du droit.

« Nous ne pouvons pas sous-estimer l’impact du digital sur nos pratiques humaines, de communication et de travail », explique Michelle Sisto, Directrice des programmes graduates. Ainsi, l’EDHEC veut sensibiliser ses étudiants aux enjeux technologiques qu’ils rencontreront dans leurs métiers de demain avec cette troisième bataille : « Tech & Data ». L’école entend également créer un centre d’expertise dans ce domaine : Data & AI For Future Generations.

L’EDHEC poursuit également sa bataille dans l’internationalisation qui passera par la création de partenariats avec des écoles et universités prestigieuses pour offrir une expérience « authentique » à ses étudiants. L’ambition est de créer un hub EDHEC en Californie, orienté vers l’entrepreneuriat. Cela passera par la création d’un accélérateur pour les entrepreneurs dans cette zone. En outre, l’école s’intéresse également à Singapour. Cela passera par des learning expeditions sur des thèmes comme la logistique ou les smart cities.

L’institution a également fait de l’expérience étudiante, un pilier de sa stratégie. Parmi les ambitions de l’école : atteindre la neutralité carbone d’ici 2030, et une enveloppe d’investissement de 60 millions qui y est partiellement dédiée.

En matière d’entrepreneuriat, outre l’accélérateur en Californie, l’EDHEC va mettre en place des initiatives à Singapour, une initiative rendue possible grâce aux liens tissés avec les partenaires locaux comme SDX. L’école va également créer un fonds d’investissement EDHEC Ventures for Future Generation dédié aux startups incubées à l’EDHEC, en misant sur les jeunes pousses sensibles aux questions éthiques et développement durable.

Dernière bataille : l’ouverture sociale. Aujourd’hui, un tiers des étudiants reçoit une bourse. Emmanuel Métais voudrait passer à 40% d’étudiants boursiers et augmenter le montant reversé à ces élèves en difficulté de 50%, pour passer à 15 millions d’euros annuels, d’ici 2025.

 

Des formations en pleine mutation

L’objectif de cette stratégie est d’aller vers plus d’hybridation, pousser l’international mais également accentuer la posture des programmes sur le développement durable, comme le font de nombreuses écoles à l’ère des transformations économiques du capitalisme du milieu du XXIe siècle.

En outre, l’EDHEC souhaite avoir une croissance sélective sur les programmes historiques de l’école comme le Master ou le Bachelor. “Nous prévoyons d’augmenter le nombre d’étudiants entre 1 à 2% par an dans ces formations”, indique le DG de l’établissement.

L’objectif est d’avoir une offre de formations plus diverse et de miser toujours plus sur l’international. L’EDHEC souhaite également insister sur les MSc « pour répondre à un besoin du marché. Les étudiants apprécient ces programmes courts et très internationaux. » L’école va également intégrer des étudiants étrangers dès la première année du PGE, notamment grâce à la création d’un English track.

En ce qui concerne l’Executive Education, l’école va travailler sur des formations hybrides pour ses MBA. Comme évoqué il y a quelques semaines, l’institution va aussi insister sur l’EDHEC Online et souhaite que cette branche occupe 10% du budget d’ici 2025.

L’EDHEC, future EdTech ?

Concernant la méthode de recrutement des étudiants, à l’heure où nombre d’écoles mises sur les admissions parallèles, le DG de l’établissement rappelle la stratégie de l’école : “il y a deux ans, l’EDHEC a fait machine arrière sur les admissions parallèles. En première année du PGE, il n’y a que des étudiants issus de classes préparatoires et nous voulons rester sur cette tendance-là. Notre but n’est pas d’ouvrir sur les admissions parallèles sur la première année du PGE, mais de continuer à se focaliser sur les classes préparatoires. L’ouverture se fera sur l’international.

 

L’EDHEC en chiffres

  • 142 millions d’euros de budget en 2020 ;
  • 184 millions d’euros de budget en 2025, soit une croissance annuelle de 6,5% ;
  • 8 042 élèves en 2020 ;
  • 8 562 élèves en 2025 ;
  • Un plan d’investissement de 227 millions d’euros sur les 5 prochaines années.