On parle très souvent des frais de scolarité en école de commerce, et de salaire à la sortie. Et si cette fois, on croisait les deux afin de savoir si, au final, l’école de commerce est un bon investissement ?

 

Notre méthodologie

Afin de produire un ratio significatif, nous nous sommes basés sur les salaires à trois ans après la sortie, d’après une étude du Financial Times. Pour comprendre quelles sont les variables qui entrent en compte dans le calcul, nous vous renvoyons sur notre article sur ce sujet. Pour les frais de scolarité, nous nous sommes appuyé sur l’étude réalisée annuellement par Major-Prépa.

Les écoles écartées

Malheureusement, faute d’avoir suffisamment d’informations, nous avons dû écarter certaines écoles. Ainsi, le FT n’a pas pu sortir de salaire pour les écoles suivantes : SCBS, ISG, Brest BS, INSEEC SBE et l’ESC Pau.

Le calcul des frais de scolarité pour les post-bac

Ces écoles recrutent essentiellement après le bac afin de remplir leurs promotions, nous avons donc calculé un coût de la formation égal à cinq ans passés dans leurs établissements. En l’occurrence, les chiffres retenus sont 10 768€ et 10 500€ l’année pour l’IESEG et l’ESSCA respectivement. (Données 2018-2019)

Néanmoins, ces montants sont simplement indicatifs puisque les frais de scolarité sont amenés à changer en fonction du cycle Bachelor ou Master.

Cas particuliers

L’IAE Aix-Marseille ne recrute qu’à Bac+3. Ainsi, les frais de scolarité ne sont que de 8400€ pour les deux années de Master et le délai de récupération est moindre que celui des formations nécessitant un investissement sur trois ou cinq ans.

Autre cas particulier : l’Université Paris-Dauphine. Ses frais de scolarité étant indexés sur les revenus du foyer fiscal de l’étudiant, nous avons calculé le prix maximal à savoir :

  • Trois ans de Bachelor à 2 200€ l’année (revenus du foyer supérieurs à 160 000€)
  • Deux ans de Master à 6 350€ l’année (revenus du foyer supérieurs à 120 000€)

 

 

Les établissements publics en haut du classement

Sans surprise, on peut voir que les établissement publics, nécessitant des frais de scolarité bien inférieurs à la moyenne, domine le classement.

Dans l’ordre, nous retrouvons l’IAE Aix-Marseille, dont la victoire est dû à une particularité de recrutement (mentionnée ci-dessus). L’établissement propose un délai de récupération égal à 2,37 mois. Bien en dessous, l’Université Paris-Dauphine avec son ratio de 5,10 mois ne se défend pas si mal puisque pour rappel, il a été calculé avec un investissement sur cinq ans. Et enfin, pour clore ce Top 3, arrive IMT-BS (6,33).

 

 

Les quatre autres établissements au dessus de la moyenne

Juste en dessous vient HEC. Avec un ratio de 6,99 c’est une belle performance pour la troisième école la plus chère de France (hors post-bac). L’ESSEC parvient à se hisser dans le Top 5 (7,61), juste devant … l’EM Strasbourg !

Classée 7ème, Audencia (8,91) se place juste avant la moyenne des établissement, établie à 9 mois.

 

 

Une poignée d’établissement entre moyenne et médiane

La médiane étant égale 9,15 mois, seuls cinq établissement arrivent à se glisser entre les deux indicateurs. On relèvera que l’EM Normandie avec 9,01 a failli passer dans le haut du panier tandis que NEOMA et TBS, toutes deux à 9,14, ont failli surpasser la médiane.

On note aussi que l’ESCP, école la plus chère de France, n’arrive pas au niveau d’HEC et de l’ESSEC. Elle se classe 10e avec un ratio de 9,12.

 

 

Un bas de classement en plusieurs parties

Mis à part l’ESC Clermont qui talonne la médiane (avec 9,16 mois), les autres établissement forment des petits groupes :

  • A égalité, avec un délai de récupération de 9,25 mois, Rennes SB et La Rochelle se placent 14e.
  • S’intercale l’ISC Paris, avec un résultat de 9,36 mois. L’école arrive 15e dans le classement.
  • Vient ensuite GEM, qui présente un ratio de 9,51 pour des frais de scolarité de 37 528€ (supérieurs à la moyenne et la médiane française).
  • Sur sa suite arrivent Montpellier BS, BSB, KEDGE et emlyon (9,99).

L’EDHEC et SKEMA sont les seules écoles proposant un PGE et ayant un délai de récupération supérieur à 10 mois de salaire.

 

 

Les post-bac ferment la marche

Évidemment, les écoles post-bac privées surpassent toutes les autres écoles avec des ratios proches de 15 mois. Car même si les frais pour une année scolaire sont relativement bas (environ 10 000€ contre 12 000€ en moyenne pour les écoles privées), l’obtention d’un diplôme de grade Master nécessite une scolarité de cinq ans au sein de l’établissement, contrairement aux écoles qui recrutent après une classe préparatoire.

 

On vous laisse découvrir le palmarès complet :

Rang ratioRang FT 2018EcoleSalaire (après 3 ans / €)Frais de scolarité (€)Délai de récupération (mois)
151IAE 42610.884002,37
284Université Paris-Dauphine45417.05193005,10
360Institut Mines-Télécom Business School44754.74236006.33
42HEC Paris79018.57460506.99
54ESSEC70986.4450007.61
672EM Strasbourg39492.94269288.18
739Audencia 55829.85414508.91
871EM Normandie40506.73304009.01
958ICN41972.41316009.03
105ESCP Europe62337.36474009.12
1141NEOMA46629.28355009.14
1148Toulouse Business School46870.77357009.14
1398ESC Clermont37412.77285509.16
1455Rennes School of Business43587.13336009.25
1494La Rochelle Business School40339.93311009.25
1593ISC Paris43978.64343009,36
1643Grenoble Ecole de Management47332.67375289.52
1752Montpellier Business School39965.57327009.82
1877Burgundy School of Business38157.17315009.91
1946KEDGE43321.73360009.971
2040emlyon53446.02445009.99
2117EDHEC54760.284680010.26
2225SKEMA49563.844250010.29
2362ESSCA42605.235250014.79
2432IESEG43140.815384014.98
Moyenne47919.1735935.059
Médiane 44170.94356009.15

 

Une analyse à relativiser

Même si ce tableau vous donne un aperçu assez complet du délai de récupération, ces chiffres sont tout de même à prendre avec des pincettes pour plusieurs raisons.

Un indicateur calculé avec des salaires de promotions antérieures

Afin de calculer les salaires trois ans après la sortie, il est évident que le FT n’a pas pu se fonder sur les salaires de la promotion 2018. Ils correspondent à ceux de la promotion 2014, croisés avec les informations données par les écoles, tandis que les frais sont ceux actuellement pratiqués.

De plus, les frais de scolarité, fluctuent énormément. De même que les salaires, qui varient en fonction du poste et du domaine dans lequel l’alumni exerce.

 

Un calcul qui ne tient pas en compte les réductions de frais de scolarité

Bien souvent, pour les élèves boursiers, des aides sont proposées par l’école. De même, certains élèves seront contraints de souscrire un emprunt auprès d’une banque et, si les taux sont souvent bas, ils ne sont pas inclus dans cet indicateur.

Autre point à évoquer, en optant pour un cursus en apprentissage, les étudiants peuvent drastiquement réduire leurs frais de scolarité, surtout s’il s’agit d’élèves ayant fait prépa puis choissisant de faire deux ans d’alternance. Dans ce cas là, ils ne paieront que l’année de L3 (année pré-master).