Récemment, le gouvernement américain a mis en place un certain nombre d’aides pour les entreprises, les chômeurs, qui sont désormais plus de 20 millions aux USA, ainsi que pour les universités. Alors que certaines affichent des dotations de l’ordre de plusieurs milliards de dollars, elles ont pourtant profité de ces fonds d’urgence débloqués par l’État. Il s’agit par exemple du cas d’Harvard. 

 

Harvard, dont le fonds de dotation s’élève à 41 milliards de dollars, va en effet bénéficier du CARES Act, un plan d’aide américain à hauteur de 14 milliards de dollars, qui promet notamment d’accompagner les établissements d’enseignement supérieur.

 

Les écoles qui abusent du système

Ainsi, Harvard touchera 8,6 millions de dollars, Yale, 7 millions, Princeton empochera 2,5 millions de dollars. Les grands gagnants de cette vague d’aide destinée aux universités sont Columbia et Cornell qui recevront, chacune, 12,8 millions d’aide.

Harvard avait indiqué ne pas rembourser les frais de scolarité des étudiants qui ne pouvaient suivre leur scolarité normalement, suite à la crise du coronavirus. Récemment, les élèves qui suivent le MBA de l’école avaient rejoint le mouvement de contestation.

Le gouvernement avait donc obligé cette université de la Ivy League à utiliser la moitié de cette aide pour accompagner les étudiants qui avaient besoin d’une aide d’urgence. Le département de l’Éducation américain a dédié 6,28 milliards de dollars pour subvenir aux besoins des élèves d’universités et Grandes Écoles aux USA. Il y a en effet de nombreuses nécessités en matière de logement, d’informatique, d’alimentation ou de matériel scolaire.

 

Le rétropédalage du gouvernement

Au départ, l’aide distribuée aux universités américaine se basait notamment sur le taux d’étudiants touchant la bourse Pell (délivrée par l’État), mais aussi sur le nombre d’élèves admis. Si la plupart des établissements qui bénéficient de cet accompagnement du gouvernement américain sont des universités publiques, de nombreuses institutions de la Ivy League ont tout de même empoché de beaux pactoles.

Lors de sa conférence dédiée au coronavirus, le mardi 21 avril, Donald Trump est tout de même revenu sur la manière dont avait été distribué les aides issues du CARES Act et, plus particulièrement sur le cas d’Harvard. Le président américain a expliqué que ce fonds de soutien ne s’adressait pas aux universités qui disposaient de solides fonds de dotation. Depuis, l’administration Trump fait pression sur Harvard, l’enjoignant à rembourser l’intégralité des 8,6 millions de dollars perçus, une demande également faite à Cambridge (une université au Massachusetts).

Ce détournement des aides publiques liées à la crise du coronavirus n’est pas unique au secteur de l’éducation. En effet, The Associated Press a notamment découvert que 350 millions de dollars, destinés aux petites entreprises pour leur permettre de payer leurs salariés, ont fini dans la proche de grandes entreprises du NASDAQ. Si ce montant n’est qu’une goutte d’eau dans leur trésorerie, il s’agit d’une somme importante qui ne tombe pas dans les mains d’organisations plus fragiles.

 

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