Que recherchent les jeunes diplômés des grandes écoles dans leurs premiers emplois ? Une étude menée par le NewGen Talent Centre de l’EDHEC, en collaboration avec les associations d’alumni du réseau G16 Careers, s’est penchée sur leurs aspirations professionnelles et leur rapport au travail.
Cette deuxième édition de l’enquête repose sur les réponses de 2 100 diplômés ayant moins de six ans d’expérience professionnelle, issus d’écoles d’ingénieurs, de business schools et d’autres établissements membres du réseau.
Dans un contexte marqué par les transformations technologiques et les incertitudes économiques, les résultats montrent une génération attentive à l’impact des entreprises, mais globalement satisfaite de ses débuts de carrière.
Des entreprises attendues sur leur transformation
Une très large majorité des répondants considère que les entreprises doivent évoluer face aux grands défis contemporains. 90 % des alumni interrogés estiment qu’une transformation des organisations est nécessaire.
Parmi les priorités évoquées, l’impact environnemental arrive en tête pour 54 % des répondants, devant l’éthique de la gouvernance (28 %) et l’impact social, qui regroupe notamment les questions de diversité, d’inclusion et d’équité (18 %).
Dans les faits, les enjeux liés à la responsabilité sociale et environnementale sont déjà présents dans 43 % des missions exercées par ces jeunes diplômés, même si ces sujets restent souvent secondaires par rapport à leur fonction principale.
L’intelligence artificielle perçue comme une transformation du travail
L’étude s’intéresse aussi au regard porté par les jeunes diplômés sur l’intelligence artificielle. Loin d’être majoritairement perçue comme une menace, l’IA apparaît plutôt comme un facteur de transformation des métiers.
63 % des répondants pensent que l’intelligence artificielle va modifier en profondeur leur façon de travailler, tandis que 81 % estiment qu’elle permettra d’améliorer leur productivité. À l’inverse, seuls 12 % craignent que leur métier devienne obsolète dans les prochaines années.
Télétravail et flexibilité devenus des critères importants
Les attentes des jeunes diplômés portent également sur l’organisation du travail. La flexibilité apparaît comme un critère important dans la manière d’envisager leur carrière.
Selon l’étude, 85 % considèrent les horaires flexibles comme importants ou très importants. D’autres formes d’organisation attirent aussi l’attention, comme la possibilité de concentrer son travail sur quatre jours (48 %) ou de choisir librement son lieu de travail (47 %).
Le télétravail s’est par ailleurs largement installé dans les pratiques professionnelles. 88 % des jeunes diplômés en bénéficient aujourd’hui, et trois sur quatre télétravaillent au moins deux jours par semaine.
La moitié des répondants affirme même qu’elle refuserait une proposition d’emploi si aucune possibilité de télétravail n’était prévue.
Lire aussi. 64 % des étudiants auraient renoncé à leurs études sans l’alternance (Enquête CDEFM)
Un premier emploi pour apprendre et évoluer
Au-delà des conditions de travail, les motivations professionnelles apparaissent relativement équilibrées.
37 % des jeunes diplômés disent être principalement motivés par l’innovation, le challenge et l’autonomie dans leurs missions.
32 % privilégient une progression de carrière rapide, avec l’ambition d’accéder à des postes de direction et à des responsabilités hiérarchiques.
31 % se disent avant tout guidés par l’utilité sociale de leur travail et les valeurs de l’entreprise.
Dans tous les cas, le début de carrière est surtout perçu comme une période d’apprentissage. 81 % des répondants estiment que leur poste leur permet de développer de nouvelles compétences, tandis que 50 % considèrent qu’il leur permet de contribuer utilement à la société.
Des débuts de carrière globalement satisfaisants
Contrairement à l’image parfois véhiculée d’une génération désenchantée face au monde du travail, les diplômés interrogés se disent plutôt satisfaits de leur situation.
85 % déclarent que leur emploi leur permet de s’accomplir professionnellement, et 75 % estiment s’épanouir sur le plan personnel.
Le rôle du manager apparaît également central dans cette satisfaction. Les répondants disent notamment apprécier la confiance et l’autonomie accordées par leur supérieur (89 %), la reconnaissance de leur travail (83 %) ou encore la transparence dans la relation professionnelle (80 %).
Enfin, 89 % recommanderaient leur formation académique pour l’emploi qu’ils occupent aujourd’hui, signe que la transition entre études et premier emploi est globalement perçue comme réussie.