jeudi, juillet 16, 2020
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Rentrée 2020 : comment les écoles repensent le recrutement des étudiants

À travers le monde, les Grandes Écoles suivent toutes un process de recrutement des étudiants qui répondent à des codes similaires. En effet, quel que soit le pays considéré, le passage d’un test, examen ou concours pour espérer intégrer ces établissements est presque obligatoire. Alors qu’en France, les étudiants en classes préparatoires sont confrontés aux concours BCE et Ecricome, le public en admissions parallèles doit passer un TAGE MAGE très décrié. Aux États-Unis, même problématique avec le SAT qui devient de plus en plus controversé. Cependant, ces derniers mois ont été l’occasion pour les établissements d’enseignement supérieur de repenser la sélection des étudiants pour la rentrée 2020.

 

De l’autre côté de l’Atlantique, le SAT est LE test sur lequel tout le monde se base pour recruter ses élèves. Tout le monde ? Plus depuis quelques années où cet examen est devenu de moins en moins populaire. En effet, outre les cas de triche évidents, démasqués il y a plusieurs mois, de nombreuses écoles avaient été prises la main dans le sac alors qu’elles achetaient, auprès de College Board (l’établissement organisateur du SAT), les coordonnées de candidats qui affichaient des scores très faibles. L’intérêt ? Pouvoir leur envoyer de la documentation, leur vendre du rêve pour qu’ils postulent, puis leur refuser l’accès pour faire augmenter le niveau de sélectivité, une technique qui permet de grappiller quelques places dans les classements.

 

Le SAT boudé par la Ivy League pour la rentrée 2020

Ces derniers jours, les plus grandes universités des États-Unis, notamment celles de la Ivy League, se sont exprimées sur le sujet, expliquant qu’elles ne se baseraient pas sur ce test pour la rentrée 2020. C’est notamment le cas de CalTech et même de l’Université de Californie qui recrute pourtant 280 000 étudiants par ce biais. À 49$ le test, cette décision pourrait sérieusement porter atteinte aux finances de College Board. Seule l’université dePde a annoncé qu’elle poursuivrait la sélection des étudiants via le SAT.

Si cette décision n’est que temporaire et ne concerne que la rentrée 2020, il y a fort à parier que certains établissements pourraient laisser tomber définitivement cette méthode de recrutement. Plusieurs universités ont communiqué sur le fait que le SAT n’était qu’un élément parmi tant d’autres dans le dossier des candidats et que cela ne changeait en rien le reste des éléments fournis par les futurs étudiants, diminuant ainsi l’importance de ce test dans le recrutement.

En outre, à l’heure où les différentes communautés américaines se soulèvent pour mettre en avant les problématiques de diversité, ce test devient de plus en plus problématique puisqu’il fait la part belle aux populations les plus aisées. En effet, les prépas privées, presque nécessaires avant de se confronter au SAT, ont fleuri et accompagnent les étudiants à des coûts assez élevés.

 

Comment le COVID19 a poussé les écoles à repenser leurs process de recrutement pour la rentrée 2020

En réalité, la problématique du SAT vient avant tout de l’incapacité de College Board à gérer la crise et à s’adapter aux conditions sanitaires inédites. En effet, l’organisme a dû annuler et déplacer les sessions d’examens, empêchant les futurs étudiants américains de passer le SAT pour postuler aux universités qui ont donc dû s’adapter.

La situation a été légèrement identique en France. En effet, pour les admissions parallèles, le TAGE MAGE est un passage obligatoire pour beaucoup de futurs étudiants d’écoles de commerce. L’organisme qui gère cet examen, la FNEGE, a donc tenté une solution entièrement digitale, le eGScore 1 et 2 (pour remplacer le TAGE 2 et le TAGE MAGE).

Cependant, ce nouvel examen s’est avéré inefficace et a provoqué l’agacement des candidats qui avaient payé pour se rendre sur des plateformes qui ne supportaient pas le nombre de connexions, avec des questions qui s’affichaient mal ou pendant trop peu de temps. Résultat : le test a été abandonné. Par chance, les écoles n’avaient pas remplacé le TAGE MAGE par le eGScore dans leurs processus de recrutement et avaient décidé de rendre ce test facultatif.

 

Le problème du TAGE MAGE

Un parallèle peut être dressé entre le TAGE MAGE et le SAT. En effet, ce test est lui aussi de plus en plus critiqué, majoritairement car il ne permet pas de faire ressortir les talents qui pourraient intégrer les Grandes Écoles de commerce. En effet, là où les concours de prépa nécessitent un certain niveau de réflexion, beaucoup jugent que le TAGE MAGE n’est en réalité que du bachotage.

Conséquence, les concours permettant d’intégrer les écoles en admissions parallèles, de type Passerelle, cherchent à sortir de ce modèle en proposant des épreuves qui permettent à la fois de tester les connaissances, mais aussi les capacités de réflexion du candidat, ne nécessitant plus de passer par le TAGE MAGE.

Cependant, plusieurs écoles demandent encore aux candidats de passer ce test pour espérer intégrer leur établissement. C’est encore le cas pour Audencia ou SKEMA BS. À noter que le TAGE MAGE coûte 65€ pour une session en France, 130€ pour une session à l’étranger. En outre, le test est payant également pour les candidats boursiers.

Par ailleurs, la FNEGE, concepteur du test, a noué un partenariat avec un site qui prépare au TAGE MAGE : Prepmyfuture, un organisme qui facture tous ceux qui veulent s’entraîner. Il faut compter 35€ pour trois tests blancs et leurs corrigés. Pour en passer six, le prix grimpe à 59€ (soit presque autant que le test en lui-même). Cette décision assez étrange laisse penser que c’est un choix assumé de faire une sélection par l’argent. Certes, les tarifs ne sont pas les mêmes que ceux pratiqués aux États-Unis – même si le test reste plus onéreux que le SAT – mais peut introduire un biais de diversité dans le public des admissions parallèles.

Pour l’instant, les établissements qui ont choisi de sélectionner en partie avec le TAGE MAGE ne se sont pas exprimés sur le maintien ou non de ce test pour les candidatures. Cependant, l’histoire du eGScore et l’incapacité de la FNEGE à proposer une réelle alternative, au détriment des candidats, a écorné l’image de l’organisme.

 

Quid du recrutement asynchrone

L’autre piste de réflexion des écoles et des concours, même si elle est encore jeune, est celle d’un recrutement asynchrone. Passerelle serait en train de travailler sur le sujet, même s’il prendra plusieurs années avant d’être mis en place. En effet, le concours permettant déjà de passer les épreuves en ligne, cette solution fait donc sens pour les candidats.

Pour l’instant les autres écoles ne se sont pas exprimées sur le sujet, mais cette décision pourrait assurer une base de candidats solide aux Grandes Écoles, tout au long de l’année, même si cela nécessite une digitalisation des concours et une préparation minutieuse en amont. Nous surveillerons de près ces divers chantiers cependant.

 

Lire aussi : Une rentrée 2020 en ligne pour une école du top 15 !

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