Les étudiants français sont nombreux à bouder le doctorat. En effet, seulement 4,1% des diplômés d’écoles d’ingénieurs et d’écoles de commerce décident de poursuivre sur un doctorat. Considéré comme peu attractif et peu avantageux, le constat est tout autre de l’autre côté de l’Atlantique. Décryptage sur le PhD, si populaire dans le monde, mais si peu en France. 

 

Qu’est-ce que le PhD ?

Ce diplôme de niveau bac+8 est proposé par les écoles de commerce ou d’ingénieurs. Cette formation s’effectue généralement en trois ans, à temps plein. Autrement, en temps partiel, le cursus peut durer jusqu’à quatre voire cinq ans. Le PhD est également un des plus hauts diplômes proposés par les Grandes Écoles.

En règle générale, la première année est consacrée aux enseignements fondamentaux et méthodologiques. Tandis que la deuxième année marquera le début de ton projet de recherche. Enfin, c’est à partir de la troisième année que tu rédigeras ta thèse et les articles destinés à être publiés.

Contrairement au doctorat, le PhD est entièrement dispensé en anglais. Il existe des PhD dans plusieurs domaines tels que la finance, l’économie, le marketing, le management, l’audit, l’entrepreneuriat ou encore les big data. De très nombreuses écoles proposent des PhD, comme l’ESSEC Business School, ESCP Business School, emlyon bs, Rennes SB, etc.

Après ces trois années d’études, tu seras en capacité de piloter un projet de recherche, de participer voire de contribuer aux travaux des équipes d’enseignants-chercheurs ou d’animer des colloques et séminaires. Bien sûr, tu seras également apte à rédiger et à publier des articles de recherche.

À savoir :

  • Ph.D ou PhD vient du terme Philosophiae doctor qui signifie « docteur en philosophie ».

 

Intégrer un PhD

Les PhD sont destinés aux titulaires d’un bac+4, qu’ils soient jeunes diplômés d’université ou d’une école d’ingénieurs ou de commerce.

La sélection se fait sur dossier où celui-ci devra obligatoirement contenir tes relevés de notes, une lettre de motivation, une copie officielle de ton score à un test d’anglais (TOIEC, TOEFL, IELTS, Cambridge English) ainsi que des lettres de recommandation.

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Quelle reconnaissance pour le PhD ?

Il faut savoir que les établissements accrédités AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) sont reconnus pour la qualité d’enseignement de leur PhD à travers le monde, excepté en France où seul le doctorat est reconnu par l’État.

C’est pour cette raison, que le PhD est si impopulaire dans l’Hexagone. Pourtant celui-ci reste plus attractif pour les étudiants, mais également dans le recrutement de professeurs renommés.

À savoir :

  • Le PhD du programme EM2C, école doctorale entre l’ESSEC et l’UCP (Université de Cergy-Pontoise) délivre un doctorat reconnu.
  • En France, seulement 24 établissements sont accrédites AACSB.
  • Doctorat ou PhD restent des valeurs sûres si tu souhaites t’expatrier. Ils faciliteront ton intégration au sein d’un grand groupe.

 

Les différences entre le PhD américain et le doctorat français

Le parcours des étudiants en PhD

Premièrement, le PhD américain a un côté professionnel plus marqué que son homologue français. En effet, les étudiants en PhD ont majoritairement effectué une période en entreprise après leur bachelor et avant leur master. Cette période est non négligeable étant donné qu’elle leur permet de se constituer un réseau professionnel tout en ayant un aperçu de la vie professionnelle.

 

L’exigence

Par ailleurs, les étudiants en PhD sont régulièrement évalués sur leurs connaissances scientifiques acquises en fin de première année grâce au qualifying exam propre à chaque département d’université. À savoir que les candidats n’ont droit qu’à deux essais pour réussir cet examen et que le taux de réussite est compris entre 10 et 20%. Si tu échoues au bout de la deuxième tentative, tu ne pourras pas poursuivre ton PhD. Mais si tu réussis cet examen, sache que tu devras proposer une thèse ainsi que ses premiers résultats devant un comité restreint. Enfin, tu devras présenter à nouveau ta thèse, mais cette fois-ci devant un jury élargi !

 

Une double-compétence

D’autre part, il faut savoir qu’il est nécessaire de valider un certain nombre de crédits pour obtenir un PhD américain. Ainsi, les étudiants optent pour des matières qui les aideront pour leur sujet de thèse ou qui leur permettront d’acquérir des soft-skills ou des notions dans un domaine spécifique d’un MBA. Il n’est donc pas rare de voir des étudiants en double-diplôme PhD et MBA aux États-Unis.

 

L’aspect professionnel

Autre aspect important du PhD : il existe des PhD summer internships rémunérés, autour de 5 000$ et 6 000$, voire plus, dans les Deep Tech. Durant cette période, les étudiants peuvent faire du consulting ou de la R&D. C’est à ce moment-là que les futurs diplômés mettent en oeuvre et développent de nouvelles compétences qui seront reconnues. De plus, cela permet aux entreprises de développer leurs produits et/ou services.

À savoir :

  • La majorité des titulaires d’un PhD préfèrent se tourner vers le privé contrairement à nos docteurs français.
  • Le réseau et la culture de l’école sont bien plus ancrés aux États-Unis qu’en France. Le réseau professionnel est donc bien plus puissant que celui des universités françaises.

 

Le doctorat en France

En France, on constate que le taux de chômage des titulaires d’un doctorat (et non d’un PhD) est de 14%. D’autre part, les cinq premières années qui suivent le diplôme, 45% des docteurs sont en situation d’emploi à durée déterminée, alors que le taux de chômage des diplômés d’une Grande École, titulaires d’un master, n’est seulement que de 10,2% en 2020.

En effet, les jeunes diplômés de niveau bac+8 constatent que le nombre d’offres d’emplois est globalement en baisse. Le doctorat souffre d’un problème de reconnaissance. Par conséquent, les docteurs ne voient pas leurs compétences reconnues sur le marché de l’emploi.

Néanmoins, nous pouvons comprendre que les demandes des entreprises diffèrent selon leur secteur d’activité et leurs besoins. En effet, les PME n’ont pas les mêmes besoins en termes de compétences que les grands groupes.

Toutefois, sur le long terme, il est important de noter que la situation d’un titulaire d’un doctorat s’améliore ! En effet, « c’est parmi les docteurs et les diplômés d’écoles d’ingénieurs que la part des cadres est la plus élevée (respectivement 81% et 83%). Ils sont suivis par les diplômés des écoles de commerce (68%) », selon les auteurs de l’enquête « Emploi » menées sur la période 2010-2015. De plus, ils affichent un salaire médian qui atteint les 3 000€.

 

Les débouchés après un PhD

Avec un PhD en poche, il est possible d’intégrer une entreprise privée mais également un établissement d’enseignement public dans le monde entier.

Mais l’un des principaux débouchés du PhD est l’enseignement, bien que ce diplôme ouvre également les portes de postes à hautes responsabilités. Par exemple, il te sera possible d’occuper des fonctions de responsable de recherche en entreprise ou au sein d’une organisation ou un poste de consultant.

À savoir qu’il existe une plateforme dédiée aux doctorants : DocPro, créée en 2015 par l’association ABG (Association Bernard Gregory), le MEDEF et la Conférence des présidents d’université. Celle-ci permet à l’ensemble des docteurs de mettre en valeur leur profil ainsi que leurs compétences.

À savoir :

  • Le salaire d’un diplômé titulaire d’un PhD américain est d’environ 80 000$ brut annuel en moyenne, soit environ 67 900€, contre 25 200€ pour un docteur français.

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