Après avoir été le bras droit de François Bonvalet pendant cinq ans, Stéphanie Lavigne a pris la tête de TBS le 1er octobre. La nouvelle Directrice Générale de la business school toulousaine dévoile ses projets pour l’école en France, comme à l’international.

 

Il y a 15 ans, vous rejoigniez TBS en tant que professeur de stratégie. Pourquoi avoir choisi cette école ?

Stéphanie Lavigne TBS
Stéphanie Lavigne, nouvelle DG de TBS

C’était un concours de circonstances. Je voulais continuer mes travaux de recherche avec l’équipe d’économie de Toulouse. J’ai donc décidé de prendre un poste dans la business school qui était située à 100 mètres de l’université où je réalisais mon doctorat. J’y ai trouvé le cadre de travail que j’attendais. Je suis très engagée en matière de pédagogie et de recherche et TBS met les moyens pour que les professeurs puissent s’investir dans leurs activités de recherche. Grâce au travail des directeurs qui se sont succédé, nous bénéficions d’un accompagnement extraordinaire.

 

Comment avez-vous été amenée à prendre la tête de TBS ?

Professeur de stratégie depuis 15 ans, j’ai été nommée Doyen de la faculté à l’unanimité en 2014. J’ai pris la direction générale adjointe (DGA) en 2018. Quand François Bonvalet a quitté ses fonctions, le CA m’a proposé de prendre la suite. J’ai été élue à l’unanimité. J’ai d’excellentes relations avec la gouvernance de l’école, mais aussi avec le corps enseignant. C’est enthousiasmant et positif de voir un professeur à la tête d’une école. C’est une institution que j’aime, dans laquelle j’ai effectué toute ma carrière et cela me permet d’avoir une bonne connaissance des équipes. Je prends donc cette fonction avec sérénité.

 

Vous êtes la première femme DG de TBS. Un sujet qui a de l’importance pour vous ?

C’est une très grande fierté pour moi d’être la première femme à diriger cette belle institution centenaire. Cela s’inscrit pleinement dans un mouvement de parité que nous devons soutenir dans les fonctions managériales, à la tête des grandes écoles. Ce sont avant tout mes compétences et mon parcours qui m’ont mené à cette fonction. Mais je salue l’audace du CA de l’école qui a confié le poste à une femme, plutôt jeune, sans faire de recrutement externe. Cette nomination véhicule un message à nos étudiants et étudiantes. Mais globalement, il faut intégrer cette question de la parité et de l’égalité qui est centrale dans le monde du management. Une enquête, que j’ai menée avec un professeur de KEDGE, prouve que, dans les grandes écoles, plus on grimpe les échelons et moins on trouve de femmes. Le programme EQUAL.ID, que nous avons mis en place à TBS, a vocation à lutter contre les stéréotypes de genre et à faire bouger les lignes sur l’égalité femmes/hommes.

 

Quelle est votre stratégie pour TBS ?

Je souhaite poursuivre le travail engagé à l’école pour porter TBS à son plus haut niveau d’excellence. De nombreuses actions ont déjà été menées, notamment dans le recrutement d’une faculté toujours plus qualifiée. Je suis très fière de notre corps professoral qui a un niveau remarquable ! Nous allons également continuer à nouer des partenariats académiques avec des institutions prestigieuses pour proposer une offre de mobilité très complète à nos étudiants. Nous avons d’ailleurs récemment signé un partenariat avec le Babson College sur l’entrepreneuriat. Enfin, nous voulons poursuivre notre engagement en matière d’innovation pédagogique. C’est pourquoi nous travaillons sur la construction d’un nouveau campus à Toulouse.

 

À quoi ressemblera ce nouveau bâtiment ?

Il sortira de terre en 2023 et sera situé à deux pas de la place du Capitole. Sa superficie de 35 000m² permettra de réunir nos 2 campus toulousains – répartis sur 5 sites – en un seul lieu et de rassembler nos étudiants et nos programmes : du Bachelor au MSc, en passant par le PGE. Il accueillera également un gymnase et plusieurs espaces de restauration. Notre défi est de revisiter la façon dont on organise l’école et les salles de cours, car les méthodes d’apprentissage évoluent rapidement.

Ce projet très enthousiasmant pour l’école va permettre à TBS d’améliorer la qualité d’accueil des étudiants, mais aussi celle des collaborateurs. Nous voulons repenser l’agencement des bureaux des professeurs et de l’administratif pour insuffler plus de collaboration. La collaboration se traduit également dans la construction du bâtiment, qui est pensé avec les étudiants, les professeurs, mais aussi les riverains. Nous voulons être ouverts sur notre quartier et sur les entreprises présentes sur le territoire. L’idée est de multiplier les espaces dédiés à l’apprentissage, mais aussi les espaces de rencontre et de vie pour les associations étudiantes. Pour construire ce nouveau campus, nous travaillons avec un architecte de renommée internationale : Aires Mateus.

 

En ce qui concerne les formations, quelles sont les nouveautés à prévoir ?

Le premier chantier est celui du continuum classes prépa-grandes écoles. Nous sommes en train de réfléchir aux meilleures conditions d’entrées aux grandes écoles pour les étudiants.

En ce qui concerne le PGE, tous les étudiants rentrés cette année quitteront TBS avec un double diplôme français ou étranger. En plus du Master in Management, nos élèves obtiendront soit un MSc (notre offre sera étoffée de 29 nouveaux MSc à la rentrée 2020, avec notamment la création d’un programme en Big data), soit un diplôme d’une de nos écoles partenaires françaises (Sciences Po, INSA, ENAC…)  ou internationales (Georgia State University, Politecnico di Milano, Starthclyde Business School,…) . Nous voulons permettre à nos étudiants de multiplier les débouchés en affichant une expertise sectorielle, compétence ou métier grâce à ces doubles diplômes.

Nous croyons également à l’apprentissage tout au long de la vie. C’est pourquoi nous allons réaliser un travail de remise à plat et de développement de nos programmes executives, dans les deux années qui viennent.

Enfin, nous voulons également introduire du numérique autant que possible. Nous avons déjà développé quelques projets avec une formation pour les joueurs de rugby du Top14 ou de Pro D2 qui permet de suivre 80 % de l’enseignement à distance. L’idée est d’exploiter au mieux toutes les avancées dans le numérique ou les neurosciences pour proposer une expérience de cours inspirante et différente. Ce travail mené a d’ailleurs été récompensé par la CGE qui a fait de nous la première école labellisée 4DIGITAL.

 

Quels sont vos projets à l’international ?

Nous poursuivons notre travail important de partenariats académiques à l’étranger. Nous venons d’être à nouveau accrédité EQUIS pour la période maximale de cinq ans. L’organisme a justement souligné la qualité de nos partenaires académiques à l’étranger. En effet, nous avons décidé de nouer des relations avec les écoles disposant au moins d’une accréditation.

Nous allons également développer nos campus à l’étranger. Nous avons pris la décision de construire un nouveau bâtiment dans le centre-ville de Barcelone pour accueillir plus d’étudiants sur les programmes Bachelor, PGE et MSc. Nous allons également développer le campus de Casablanca pour qui accueille les élèves en PGE, en MBA et en MSc.

Avec le CA et le Conseil d’orientation stratégique, nous allons nous poser la question du développement d’un nouveau campus à l’étranger. Le choix de la localisation n’est pas arrêté même si nous regardons vers l’Asie et l’Amérique latine. Bien sûr, le bâtiment sera toujours situé au cœur d’une grande métropole. Mais aujourd’hui, nous nous concentrons sur le développement de notre campus toulousain. Nous faisons le choix d’une croissance intelligente et raisonnée.