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À ESCP, dirigeants et entrepreneurs débattent du leadership à l’ère des algorithmes

Dans l’amphithéâtre du campus parisien d’ESCP Business School, les conversations tournent autour d’un mot qui semble aujourd’hui partout dans les entreprises comme dans les écoles de commerce. Le leadership. Sur scène, dirigeants d’entreprise, entrepreneurs, responsables politiques et enseignants se succèdent pour tenter de répondre à une question qui traverse désormais toutes les organisations. À quoi sert encore un leader dans un monde de plus en plus guidé par les algorithmes et les données ?

C’est précisément la réflexion au cœur du Forum du Leadership organisé à ESCP, un rendez-vous qui réunit chaque année personnalités du monde économique, académique et politique autour des transformations du management.

Dans ce contexte, ESCP Business School annonce également la création de la Chaire « Leadership et Business Transformation », portée par la professeure Maria Koutsovoulou. Une initiative qui vise à approfondir la réflexion sur les nouvelles formes de leadership dans un monde où les organisations sont confrontées à des transformations permanentes.

Car derrière les discussions du forum, une idée revient régulièrement. Le rôle du leader ne consiste plus seulement à piloter une organisation stable. Il s’agit désormais de la transformer en continu, dans un environnement économique et technologique en constante évolution.

Transformer les organisations devient l’un des nouveaux défis du leadership

Pour de nombreuses institutions historiques, cette question n’a rien de théorique. Elle se pose déjà au quotidien. Philippe Wahl, ancien PDG du groupe La Poste, en a fait l’expérience. Pendant plusieurs années, l’entreprise a dû repenser en profondeur son modèle face à la chute du courrier et à la montée du numérique. Une transformation qui ne repose pas uniquement sur des décisions stratégiques ou technologiques. Elle implique aussi de faire évoluer les cultures internes, les méthodes de travail et la manière dont les organisations se projettent dans l’avenir.

Henri Giscard d’Estaing, ancien président du Club Med et président de l’École du Leadership de Paris, souligne lui aussi cette dimension. Transformer une organisation ne consiste pas seulement à modifier une stratégie. Il s’agit souvent d’embarquer des équipes entières dans un changement de cap.

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Face aux algorithmes, le leadership ne disparaît pas, il se redéfinit

Une autre question traverse les discussions du forum. Dans un monde où les entreprises disposent d’une quantité croissante de données, le rôle du leader reste-t-il le même ? La table ronde consacrée aux algorithmes et à la prise de décision met en lumière ce paradoxe. Les organisations n’ont jamais disposé d’autant d’informations pour orienter leurs choix. Pourtant, la responsabilité finale de la décision reste profondément humaine.

Autour de la discussion, les expériences se croisent. Frédéric Mazzella, fondateur de BlaBlaCar, échange avec Gwenaelle Huet, vice-présidente directrice générale Automatismes industriels de Schneider Electric, Christophe Bianco, vice-président Cyber Services chez Thalès, et la professeure Maria Koutsovoulou. Tous évoquent une évolution du rôle du leader. Les algorithmes permettent d’éclairer les décisions, mais ils ne remplacent ni la vision stratégique ni la capacité à entraîner une organisation.

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Le leadership dépasse largement le monde de l’entreprise

Au fil des échanges, une autre idée s’impose. Le leadership ne se limite pas aux entreprises. Il traverse également la sphère publique, le sport, l’armée ou encore l’entrepreneuriat.

L’ancien ministre et maire de Meaux, Jean-François Copé, revient ainsi sur les transformations du leadership politique, interrogé par deux étudiants de l’association Tribunes d’ESCP. Dans un environnement marqué par l’accélération des crises et des mutations, les responsables publics doivent eux aussi adapter leur manière de décider et de diriger.

Plus tard, une nouvelle table ronde animée par Jean-Pierre Raffarin réunit des intervenants venus d’horizons très différents. La professeure Géraldine Galindo, directrice de l’Institut Leadership and Inclusive Management d’ESCP, échange avec la navigatrice Alexia Barrier, le vice-président marketing de Netflix France Benjamin Cléry-Melin, le général Benoit Durieux et l’entrepreneur Jean-Emmanuel Rodocanachi.

Malgré la diversité des parcours, un point commun apparaît dans leurs témoignages. Le leadership ne se résume pas à une fonction hiérarchique. Il repose sur la capacité à mobiliser des équipes, à donner une direction et à maintenir l’engagement dans des contextes incertains.

Repenser le rôle des leaders dans un monde en transformation

Au fil des interventions, une idée se dessine. Les technologies, l’intelligence artificielle et les données transforment profondément les organisations. Mais elles ne font pas disparaître le leadership. Elles obligent plutôt à le repenser. Dans un environnement plus complexe et plus rapide, le rôle du leader consiste peut-être moins à décider seul qu’à donner du sens, à arbitrer et à embarquer les autres dans des périodes de transformation.

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