Alexandre Raucroy, Juliette Cocault, Paul Lescure et Elise Nigay sont quatre étudiants de l’EDHEC. Début janvier, ils partiront 6 mois en Amérique Latine à la rencontre de personnes inspirantes travaillant dans l’économie sociale et solidaire (ESS). Ils ont souhaité partager le pourquoi du comment de leur prochaine aventure.

 

 

Pour commencer, pouvez-vous déjà vous présenter ?

Nous sommes tous les quatre étudiants à l’EDHEC Business School, sur le campus de Lille. A l’EDHEC, après l’année de master 1, nous avons une année de césure, c’est-à-dire une année sans cours, dédiée aux expériences professionnelles. Nous finissons actuellement nos 6 premiers mois de stage, à Paris : Alexandre chez Startup Inside, Juliette chez Name.R, Paul chez Early Metrics et Elise chez Artips.

 

Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Elise est à la source du projet. Elle a découvert Aventure Equitable lors de sa première année à l’EDHEC (big up à Talia et Grégoire, de l’équipe 2016 !). Elle s’est tout de suite dit que ce projet était ce qu’il lui fallait ! Mais pour cela, il fallait former une équipe et convaincre la génération précédente, qui sélectionne ses successeurs. Un soir de décembre 2017, elle a décidé de se lancer  et de monter une équipe pour 2019. Un post Facebook plus tard dans Promo Edhec 2020 (tu connais), les likes affluent et se dégagent 3 profils supers prêts à relever les défis ESS en Amérique Latine à ses côtés : Paul, Juliette et Alexandre. La dream team 2019 était née.

 

Comment est né le projet ?

Nous nous sommes retrouvés autour d’une même envie : voir autre chose, voyager, et explorer des modèles économiques différents de ceux auxquels nous sommes confrontés au quotidien via nos études et nos stages.

La base du projet existait déjà, puisqu’Aventure Equitable est une association qui a été créée il y a 15 ans. Chaque année, une nouvelle équipe d’étudiants reprend le flambeau. L’idée est de maintenir une certaine continuité, d’une année à l’autre, pour assurer un suivi des projets et bénéficier de l’expérience des générations précédentes.

C’est notamment le cas de Choba Choba, la coopérative de producteurs de cacao avec laquelle Aventure Equitable travaille depuis plusieurs années. De véritables relations se sont nouées avec l’équipe de Choba Choba, et nous avons donc tenu à renouveler cette mission. Cependant, même si nous tirons profit des expériences des générations précédentes, nous apportons aussi notre touche personnelle. Nous avons donc décidé d’orienter nos deux autres missions sur le micro-crédit et la manière donc l’ESS peut participer à “l’empowerment” des femmes.

Bref, le projet Aventure Equitable nous a parlé à tous les quatre, et nous avons donc postulé pour être la nouvelle génération.

 

Comment se passe l’organisation de ce projet ? Quelles sont les grandes difficultés pour organiser un tel périple ?

La principale difficulté, c’est le temps ! En année de césure, concilier le stage en cours et la préparation des 6 mois en Amérique Latine peut s’avérer être un vrai challenge ; c’est un peu comme si nous avions 2 stages en même temps. L’organisation en amont est essentielle, que ce soit pour l’organisation (logement, déplacement, etc..), le choix des missions (quel pays, quel type d’associations/entreprise, type et durée des mission, etc..) ou encore d’un point de vue financier (trouver des sponsors, négocier des partenariats, participer à des événements, etc..).

Pour abattre tout ce travail, nous nous retrouvons au moins une fois par semaine à Wework, devenu notre QG (il y a du café à volonté !). Certaines choses comme les dossiers de partenariat ou la réalisation de vidéos nous demandent beaucoup de temps (en partie à cause des fous rires), et les 6 mois de préparation ne sont pas de trop.

 

 

Globalement, quel sera votre parcours en Amérique Latine ?

Notre aventure commencera à Buenos Aires fin janvier ; nous rejoindrons l’association Nuestras Huellas qui aide les femmes entrepreneurs à accélérer leur projet notamment grâce au microcrédit et à des formations adaptées.

 

Nous irons ensuite au Pérou, pour travailler avec la coopérative de producteurs de cacao Choba Choba, au coeur de l’Amazonie.  Nous aiderons la coopérative à communiquer sur la production équitable de chocolat, et à développer son activité d’éco-tourisme.

 

Dernière étape, Soy Social à Bógota et dans un village à une heure de la ville. Un couple de Colombiens y a créé cette fondation qui aide les femmes à développer leur activité économique en milieu rural : une belle mission dans les montagnes pour terminer notre périple.

 

Pourquoi l’AL et pas l’Afrique ou l’Asie, qui regorgent elles aussi de projets similaires dans l’ESS ?

D’abord, parce que nous parlons espagnol : il nous semblait indispensable de pouvoir communiquer avec les acteurs locaux directement dans leur langue. Ensuite, parce que nous sommes très intéressés par la culture hispanophone.

Enfin, parce que l’Amérique Latine, qui affiche des taux records d’inégalités socio-économiques, est aussi un véritable laboratoire de l’économie sociale et solidaire. Des villes comme Mexico City ou Medellín regorgent de projets qui réinventent l’économie urbaine. Dans certaines régions, les projets autour de l’ESS se mêlent aussi aux revendications des peuples indigènes, et orientent donc les projets vers la préservation des espaces et ressources naturelles (ce qui est aussi accentué par la pression sur les ressources, liée à un modèle économique basé sur l’exploitation des matières premières).

Bref, ce choix vient à la fois d’un intérêt culturel et d’une envie de découvrir plus précisément  les spécificités de l’ESS en Amérique Latine.

 

Et pourquoi l’ESS ?

L’économie sociale et solidaire, c’est un peu un mot fourre-tout qu’on entend régulièrement, mais qui manque parfois un peu de concret. Nous cherchions à explorer les alternatives au modèle capitaliste classique, et nous nous sommes donc assez naturellement tournés vers l’ESS. C’est une sphère suffisamment large pour nous permettre une certaines liberté dans le choix de nos missions. Mais en même temps, il fallait se concentrer sur un fil rouge, car sans cela on se perdait rapidement dans toutes les initiatives et structures existantes. On a donc choisi de se concentrer particulièrement sur la manière dont l’économie sociale et solidaire peut permettre la l’empowerment économique de populations plutôt vulnérables dans le schéma classique d’économie de marché : des femmes entrepreneurs au nord de Buenos Aires, des producteurs de cacao au Pérou, et des agricultrices dans la région de Bógota.

 

Comment financez-vous votre projet (on veut des chiffres :P) ?

Déjà, il faut préciser que nous travaillerons bénévolement au cours de ces trois missions. Nous estimons le budget total de notre voyage à 19 000 € (le coût de la vie sur place n’a rien à voir avec Paris, ouf !). Nous sommes actuellement en discussion avec plusieurs partenaires financiers, et nous lançons par ailleurs notre campagne de crowdfunding.

 

Quelle est la position de l’administration de l’EDHEC sur votre projet ?

Nous avons présenté notre projet à l’EDHEC,et nos interlocuteurs se sont montrés intéressés. Nous discutons actuellement avec différents professeurs afin de voir comment nous pourrions utiliser notre expérience Aventure Equitable dans le cadre de la formation à l’EDHEC : organiser une rencontre avec les entreprises de l’ESS, produire une étude de cas, etc. Tout cela est en construction.

 

Allez-vous communiquer durant votre périple ?

Bien sûr ! Notre objectif est de promouvoir l’ESS en France et notamment auprès des étudiants. Nous communiquerons donc sur notre site internet, notre page Facebook et Instagram tout au long de notre voyage. N’hésitez pas à nous suivre si vous voulez en apprendre davantage sur l’ESS et les organisations avec lesquelles nous travaillerons !

 

Au retour, vous chercherez les aventuriers de l’année prochaine ?

Nous allons commencer à chercher les futures recrues dès le mois prochain ! Aventure Equitable est un projet qui se prépare plusieurs mois à l’avance : il faut avoir le temps de former une équipe, de définir son projet, de se mettre d’accord sur le type de missions à réaliser, etc.

 

Un mot de la fin ? 😉

Suivez-nous dans cette aventure sur Facebook & Instagram, on a hâte de vous faire découvrir tout ce qu’on va vivre sur le continent latino-américain !

 

 

La présentation de l’aventure en vidéo !

 

Tu veux en découvrir sur d’autres aventuriers de l’EDHEC ? Découvre Rocket Bike, 3 étudiants en vélo à la rencontre d’entrepreneurs locaux ! Et si de tels projets te tentent, cela tombe bien, l’année de césure permet justement de partir à l’aventure !

 

 

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