L’évolution des écoles de commerce de 2010 à 2020

évolution école de commerce

Nous sommes au début de l’année 2020. Une nouvelle décennie s’ouvre à nous. Mais avant de débuter cette nouvelle ère, un petit retour en arrière s’impose. À quoi ressemblaient les écoles de commerce en 2010 ? Fusions, international, frais de scolarité… Retour sur dix ans d’innovation au sein des business schools.

 

Les fusions d’écoles de commerce

La première nouveauté dans les années 2010, ce sont les fusions. Jusqu’à présent, le paysage de l’enseignement supérieur français n’en avait pas connu beaucoup. La seule qui avait eu lieu et été actée en 2009 et a vu la naissance de SKEMA Business School, issue du rapprochement de Ceram et de l’ESC Lille. Cette nouvelle entité devenait la plus grosse école de commerce de France, accueillant à l’époque 5 600 étudiants. Aujourd’hui, les chiffres avoisinent les 8 500 élèves.

 

Cette dynamique impulsée par SKEMA a été suivie par de nombreux établissements comme KEDGE Business School en 2013 (issue de la fusion entre Bordeaux école de management et Euromed Management) ou encore NEOMA Business School, née la même année, après le rapprochement de l’ESC Reims et de l’ESC Rouen.

D’autres écoles ont été absorbées ou rachetées. Récemment, on a vu le cas de Novancia, qui a fermé ses portes suite à son intégration au sein d’ESCP Business School. Il y a également le groupe INSEEC, devenu INSEEC U., qui a racheté le groupe ESC Chambéry en 2012, avant d’absorber le Groupe Lauréate International et récupère notamment les business schools ESCE et EBS Paris ainsi que l’école d’ingénieurs ECE.

 

L’échec France Business School

Bien sûr, les fusions ne sont toujours pas synonymes de succès. Cette décennie a été l’occasion d’assister à l’échec de France Business School, créée en 2012, suite au rapprochement de l’ESC Clermont, de l’ESC Brest, de l’ESC Amiens et de l’ESCEM. Surnommé FBS, l’établissement avait choisi une méthode de sélection des candidats hors du circuit des concours, mais n’a malheureusement pas séduit. L’école sort de la Conférence des Grandes Écoles et perd son visa de grade master dans la foulée.

En 2015, l’aventure se termine pour les établissements qui auront du mal à se relever dans les années qui suivent. L’issue sera surtout fatale pour l’ESCEM. L’école qui entrait dans le top 15 n’est toujours pas revenue au sein de la CGE. Quant à l’ESC Brest, devenue Brest Business School,l’établissement truste souvent le bas des classements.

 

Les rapprochements entre les Grandes Écoles

Outre les fusions et les techniques de croissance externe, les écoles de commerce ont également profité de la décennie pour créer de nombreuses synergies, notamment avec des établissements formant des ingénieurs. C’est le cas de l’ICN, qui a rejoint le campus Artem qui accueille Mines Nancy et l’école nationale supérieure d’art et de design de Nancy. L’objectif est de permettre aux étudiants de se confronter à des étudiants qui suivent des parcours différents et de profiter des spécificités des autres écoles. Nancy Artem espère ainsi former des diplômés qui seront sensibles aux divers profils qu’ils retrouveront dans l’entreprise.

 

Les doubles-diplômes manager-ingénieur

S’ils ne sont pas nouveaux, les doubles-diplômes se sont accélérés durant cette décennie. Les business schools ne sont plus seulement attirées par les écoles d’ingénieurs, même si elles apprécient toujours de former des managers hybrides, capables de travailler en harmonie avec les ingénieurs en entreprise. Désormais, elles visent d’autres spécialités, toujours dans l’objectif de créer des parcours ultra-personnalisés.

En 2018, l’ESSEC a notamment noué un partenariat avec l’ENSA-V, l’école d’architecture de Versailles, pour créer un double-diplôme manager-architecte. Ce n’est pas le seul cas de partenariat atypique. L’INSEEC School of Business & Economics permet aux élèves de Saint-Cyr de se former au management quand PSB offre à ses étudiants un accès aux leçons du Cours Florent.

L’offre de doubles-diplômes s’est également développée à l’international. L’ESSEC a récemment noué un partenariat avec UC Berkeley pour permettre à ses étudiants de suivre quelques cours au sein de l’école d’ingénieur de la prestigieuse université californienne.

 

La dimension internationale des écoles de commerce

Cette dimension a également beaucoup évolué ces dernières années. Si certains établissements misaient historiquement sur l’étranger, comme ESCP Business School, très peu d’écoles étaient présentes hors du territoire. Il suffit de regarder la carte des campus à l’étranger que proposait le Parisien en 2011 pour se rendre compte que très peu d’écoles disposaient de locaux propres à l’international. En tout, on en compte seulement 17 en 2011.

Depuis, le Maroc est devenu le nouvel eldorado avec l’ouverture d’un campus à Casablanca pour TBS ainsi qu’emlyon et Grenoble École de Management. Audencia s’est tournée vers Shenzhen, SKEMA a construit des bâtiments au Brésil et en Afrique du Sud. EM Normandie s’est également implantée en Angleterre. Les États-Unis ont aussi séduit l’INSEEC U. et plus particulièrement l’INSEEC School of Business & Economics tout comme GEM.

 

Dix ans de classement SIGEM

En France, comme à l’international, les classements ont beaucoup bougé durant cette décennie. Prenons l’exemple du SIGEM. Si, depuis 2009, le top 7 est resté inchangé, d’importants mouvements sont à noter pour le reste du classement. Ainsi, TBS a profité de la fusion de l’ESC Reims et de l’ESC Rouen pour passer de la 10e place à la 8e place entre 2011 et 2015. L’école récupérera son 10e rang en 2019.

Au-delà du top 10, quelques écoles ont su tirer leur épingle du jeu depuis 2009. Montpellier Business School, située au-delà de la 20e place est aujourd’hui 13e, tout comme BSB qui est actuellement à la 15e position. Rennes SB est passée de 19e en 2009 à 12e, dix ans plus tard. SKEMA a profité de sa fusion pour passer de 13e et 14e (places qu’occupaient les deux écoles avant leur rapprochement) à 8e !

 

Des hausses de frais de scolarité exorbitantes

Enfin, cette décennie a été marquée par des changements importants du côté des frais demandés aux étudiants. En 2009, il fallait compter environ 23 000€ pour trois ans en école de commerce, les établissements aux frais de scolarité les plus élevés étaient HEC Paris (26 900€) et l’ESSEC (29 400€). En dix ans, certaines business schools avaient doublé la somme requise pour suivre le PGE.

En moyenne, les frais de scolarité ont pris 73,4% en dix ans, pour atteindre environ 40 000€ pour trois ans. La palme des écoles les plus chères revient toujours à HEC Paris qui demande désormais 49 950€, talonnée par ESCP Business School (49 150€).

Cette hausse s’explique en partie par le désengagement des CCI qui ont réduit leurs subventions, notamment à cause d’une réduction du financement étatique. Les dotations devraient diminuer de 400 millions d’euros d’ici 2022, ce qui pousse les Grandes Écoles à s’appuyer de plus en plus sur des fonds propres. Les CCI transforment les business schools en centres de profits, une dynamique rendue possible par le changement de statuts. Certaines sont passées en EESC, quand d’autres, comme l’emlyon, ont opté pour une transformation complète du statut, devenant ainsi une Société Anonyme.