Les budgets des clubs du Top 14 pour la saison 2019-2020

budget top 14

Le samedi 24 août a été marqué par le lancement de la 121ème édition du championnat de France de rugby à XV : le Top 14. Comme son nom l’indique, cette division regroupe les quatorze meilleures équipes du rugby français. Quatorze équipes qui rêvent de succéder au Stade Toulousain en ramenant le bouclier de Brennus à la maison à l’aulne de l’été 2020. Sans aucun doute, il s’agit d’un des trophées de club les plus prestigieux sur la planète rugby au vu de l’attractivité et de la compétitivité du championnat.

 

Nombreux sont les clubs qui peuvent afficher – plus ou moins explicitement – une ambition de titre, notamment en raison du mode de fonctionnement de ce championnat. En effet, ce dernier est divisé en deux temps : une phase régulière de matchs aller-retour (26 journées au total) et une phase finale regroupant les 6 meilleurs clubs de la première phase, qui se joue en élimination directe avec, comme dernière marche avant le sacre, la finale au Stade de France.

 

Top 14 : une nouvelle saison qui démarre avec des effectifs amoindris

Ainsi, les six premières équipes de la phase de qualification conservent toutes leurs chances d’être titrées. Par exemple, lors de l’exercice 2017-2018, le Castres Olympique, 6ème du classement à la fin de la phase régulière avec 2 petits points d’avance sur le 7ème, a remporté le championnat. En fait, le niveau du premier échelon du rugby français est très homogène. Pour preuve, il y a eu six champions différents sur les six dernières saisons : le RC Toulon en 2014, le Stade Français en 2015, le Racing 92 en 2016, l’ASM Clermont en 2017, le Castres Olympique en 2018 et enfin le Stade Toulousain en 2019.

Chaque année la lutte pour le sacre fait rage et les pronostics ont la vie dure. Bien malin celui qui pourrait dire avec certitude le nom du grand vainqueur au soir du 26 juin 2020 à Saint-Denis !

 

Coupe du monde de rugby : quel impact sur le top 14 ?

Par ailleurs, un autre évènement propre à cette saison 2019-2020 peut rebattre les cartes et renforcer davantage le suspense : la Coupe du monde qui se déroule du 20 septembre au 2 novembre au Japon. Entre le début de l’été et début novembre, de nombreux clubs ont été privés de leurs meilleurs éléments, qui se sont battus pour remporter un trophée finalement glané par les Springboks (surnom de l’équipe de rugby d’Afrique du Sud).

Conséquence logique de ce double calendrier, plusieurs joueurs internationaux manquent à l’appel à la reprise et les clubs concernés vont devoir se passer de leurs services pendant de longues semaines. Huit journées, au maximum, pour être plus précis.

Il faut également prendre en compte le fait que deux journées de championnat auront lieu durant le Tournoi des Six Nations 2020. En somme, 10 journées sur 26 se joueront sans les internationaux (ou une partie), un facteur qui, à coup sûr, aura une influence sur le cours de cette saison.

Au total, douze clubs sont concernés par ces « doublons ». Parmi les plus touchés, on retrouve le Stade Toulousain (13 joueurs), le Racing (10), Clermont et Montpellier (9) ou encore Toulon (8). A l’inverse, un club comme le Lyon Olympique Universitaire (LOU) peut tirer profit de cette situation puisque seulement trois de ses joueurs partent pour le pays du Soleil-Levant.

 

Les Bleuets investissent l’Équipe de France

Source de nombreux débats au sein du monde de l’ovalie, ces fameux doublons auront au moins pour mérite de mettre en lumière une toute nouvelle génération de Bleuets extrêmement prometteuse. En effet, de nombreux jeunes issus de l’équipe de France des moins de 20 ans – sacrée championne du monde U20 en 2018 et 2019 – commencent à se faire une place au sein des effectifs professionnels et leurs performances seront suivies de près par les observateurs.

Parmi eux, il y a entre autres Arthur Vincent, capitaine de la sélection qui évolue en club à Montpellier, Jordan Joseph, troisième ligne du Racing ou encore Louis Carbonel, demi d’ouverture au sein du RC Toulon. Tous tenteront de suivre l’exemple de Romain Ntamack – récent champion de France – et Demba Bamba qui font partie de cette génération et qui seront du voyage avec les A au Japon.

La saison apparaît donc comme plus qu’indécise et elle devrait réserver son lot de surprises habituel. Les quatorze clubs tenteront de faire partie des 6 premiers du classement à la fois pour remporter le titre mais aussi parce que ces places donnent accès à la Coupe d’Europe (via des barrages pour les 3ème, 4ème, 5ème et 6ème). Les 8 équipes restantes (6 classées entre les 7èmeet 12ème places la saison précédente plus les deux promus de Pro D2) joueront quant à eux la Challenge Cup.

Pour réussir un exercice 2019-2020 à la hauteur de ses ambitions, chaque club s’appuie sur un budget défini en début de saison, élément central de la vie économique d’un club qui, nécessairement, conditionne les objectifs et résultats escomptés.

 

Les composantes d’un budget de club du Top 14

Les budgets des quatorze pensionnaires de Top 14 sont composés de plusieurs types de recettes. Tout d’abord, il y a les contrats de sponsoring qui, pour la moitié des clubs du Top 14, sont la première source de revenus. Pour les clubs en question, ces partenariats peuvent représenter jusqu’à 50% des budgets. Ils sont donc d’une importance cruciale.

Ensuite, les droits TV représentent environ 20% des budgets. Cette commercialisation des droits télévisuels est assurée par la Ligue Nationale de Rugby (LNR). D’ailleurs, les montants en question augmentent puisque Canal+, diffuseur historique du rugby, a obtenu les droits pour le cycle 2019-2023 contre une somme de 97 millions d’euros par saison, contre 74M€ annuels sur le cycle 2015-2019. La LNR, dans une volonté de maintenir un championnat homogène, essaie d’établir une répartition aussi égalitaire que possible. Les résultats sont évidemment pris en compte mais ils ont moins d’influence que dans d’autres sports, le football notamment.

Les recettes de billetterie représentent également 20% des budgets. Lors de la saison précédente, l’affluence moyenne lors d’un match de championnat était de 13 908 spectateurs, un record ! Cette statistique place le Top 14 parmi les championnats les plus attractifs d’Europe, au même niveau que le championnat d’Angleterre. Parmi les plus grands publics on retrouve, dans l’ordre, Bordeaux Bègles (20 409 spectateurs) – en tête pour la 6ème année consécutive – qui joue dans le stade Chaban-Delmas, le Stade Toulousain (18 385) et l’ASM Clermont (17 813). Le taux de remplissage moyen dans les stades du Top 14 est de 70%. En tête du classement on retrouve le Stade rochelais avec un taux de… 100% !

La participation à une compétition européenne peut être une manne financière supplémentaire. Par exemple, la saison passée, les six clubs français en Coupe d’Europe ont reçu 950 000 euros.

Enfin, les budgets sont complétés par le merchandising et, dans une moindre mesure, par les subventions de collectivités.

 

Le classement des budgets du Top 14 pour la saison 2019-2020

ClubBudget (en M€)
Stade Français40.2
Stade Toulousain37.2
ASM Clermont33.7
Lyon OU33.6
Montpellier HR31.8
RC Toulon30.7
Stade Rochelais29
Racing 9228.9
Union Bordeaux Bègles26.3
Castres Olympique25
Section Paloise24.2
CA Brive (P)16.8
Aviron Bayonnais (P)16.6
SU Agen12.5

 

Pour commencer, on note qu’il y a certes des écarts importants entre les budgets mais qui restent raisonnables, en particulier si l’on compare avec d’autres sports, comme le football. Cette homogénéité des budgets contribue à l’incertitude du championnat.

Parmi les plus gros budgets, on retrouve les principaux prétendants au titre et notamment le Stade Toulousain (37,2M€) et l’ASM Clermont (33,7M€), les deux finalistes la saison passée. Toulouse fait naturellement partie des favoris au vu de son effectif pléthorique et du précédent exercice marqué par la nette domination des « Rouge et Noir » (21 victoires en 26 matchs).

Néanmoins, comme expliqué plus haut, le club champion sera le plus pénalisé par les joutes internationales et devra faire sans une grande partie de son XV titulaire une partie de la saison. Les Auvergnats vont également en pâtir mais ils peuvent compter sur un effectif stable – qui a vu l’arrivée de quelques renforts et jokers Coupe du Monde – et surtout revanchard.

Le Stade Français Paris se hisse à la première place de ce classement (40,2M€), preuve des ambitions affichées par Hans-Peter Wild, homme d’affaires et milliardaire suisse qui a repris le club en 2017. Le montant du budget est un record pour le Top 14. La nouvelle politique développée par cet investisseur s’accompagne d’une reprise de l’exploitation du stade Jean-Bouin pour 10 ans et d’efforts conséquents faits pour améliorer la formation. Après une saison 2018-2019 décevante et ponctuée par une 8èmeplace au classement les « Stadistes » visent, au minimum, les 6 premières places.

En 4ème position, le LOU – demi-finaliste en 2018 et 2019 – fait figure, aux yeux de nombreux observateurs, d’outsider. C’est le club le plus épargné par les problèmes d’effectif liés à la Coupe du Monde avec seulement trois absents. L’entraîneur Pierre Mignoni dispose, dès ce début de saison, d’un effectif quasi-complet et renforcé par un mercato prometteur. Les Lyonnais ont démarré leur saison sur un sans-faute avec 3 victoires en 3 matchs.

Ensuite, six clubs possèdent un budget entre 31M€ et 25M€. Ces derniers sont également des prétendants au Top 6, voire à plus. Parmi eux, le RC Toulon, l’Union Bordeaux Bègles (en proie à des difficultés financières) et le Castres Olympique auront à cœur de se remettre sur pied après une saison compliquée qui ne leur aura pas permis de voir les phases finales.

Enfin, en bas de classement, les quatre plus petits budgets – à savoir Pau, Brive, Bayonne et Agen – vont probablement lutter pour se maintenir parmi l’élite.

 

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