Ce week-end, l’association d’emlyon business school a publié le guide le plus connu des Lyonnais : le Petit Paumé. Si, habituellement, il se contente de partager les bonnes adresses avec une pointe d’humour, cette année, la polémique enfle autour de propos jugés racistes et déplacés.

 

Ce week-end, Tawhid Chitoui, le nouveau DG d’emlyon depuis le 1er avril 2019, a vivement réagi à la publication de la nouvelle édition du Petit Paumé, le guide à destination des Lyonnais, conçu par une trentaine d’étudiants de l’école. En cause ? Un passage qui fait polémique : la critique du Ho36 de Guillotière, une critique qui banalise les propos discriminants selon le directeur.

Dans cette critique, il est possible de lire : « Alors que je fuis une bande de rebeus place Guillotière, je m’engouffre, un peu par hasard à ho36. Bonne pioche ! Des jeunes blancs travaillent sur leurs ordis, tout en sirotant un bon café latte. Je vais pouvoir me fondre dans la masse. » Un commentaire qui n’est pas du tout passé auprès de la direction.

 

Les rédacteurs du Petit Paumé convoqués en conseil de discipline

Face à ces propos, Tawhid Chtioui a décidé de convoquer ceux qui ont participé à la rédaction ou qui ont supervisé l’édition 2020 du Petit Paumé. « J’ai demandé que se tienne, très rapidement, un conseil de discipline en présence des rédacteurs des articles, du rédacteur en chef et du Président du @lePetitPaume, afin qu’ils répondent de la banalisation ouverte de propos discriminants dans ce guide, en total non-respect des valeurs de l’école… », explique-t-il sur Twitter.

Dans le même temps, le DG d’emlyon business school demande des excuses, qui prendront la forme d’un communiqué de presse, publié hier. Le président du Petit Paumé, François Désir, s’exprime, expliquant que « Le Petit Paumé décrit parfois avec second degré des situations qui interpellent. Nous comprenons que la critique de l’établissement ho36 de Guillotière, du fait de son caractère ambigu, ait pu faire l’objet de mésinterprétations. (…) Nous reconnaissons une maladresse de rédaction et souhaitons donc présenter nos sincères excuses et réaffirmer qu’il n’a jamais été dans notre intention de discriminer qui que ce soit. »

 

Petit Paumé : un guide qui se veut tolérant

Courant octobre, la rédaction du livre avait tenu à réaffirmer les valeurs du Petit Paumé, un guide qui se veut engagé et tolérant. « Au-delà de ses recommandations, Le Petit Paumé a également pour habitude d’être un vecteur de messages engagés. Lutte contre la peine de mort, défense de l’égalité des droits homme-femme, engagement auprès de la communauté LGBT, l’engagement est au cœur de notre association », affirme le Président de l’association.

Pourtant, la critique qui suscite la polémique au sein de la nouvelle édition du Petit Paumé n’est pas isolée. On peut ainsi lire un autre commentaire, à l’analogie assez douteuse : « des Bò Bün aussi explosifs que les bombes qui tombaient sur Hanoï en 1972. » Pour rappel, cet épisode de la guerre au Vietnam, appelé « Les bombardements de Noël », avait vu la mort de 1 600 civils.

Dans le même registre, on peut lire au sujet d’un bar irlandais : « En bon Français, je n’ai jamais trop compris ce qu’était la différence entre un bar irlandais et un bar anglais. En même temps, l’Irlande et l’Angleterre, c’est un peu le même délire : des roux qui mangent des fish and chips aromatisés à la bière et sortent en titubant à 21h en pleine semaine. »

 

Petit Paumé critique

 

Un guide aux nombreuses polémiques

Le Petit Paumé est coutumier du fait. En 2010, la rédaction est condamnée à verser des indemnités à un restaurant qui apparaît dans le classement de « la plus grande chiasse d’après repas ». L’association gagnera finalement l’affaire en cassation en 2013.

En 2010 toujours, La Régie Immobilière Saint Louis portera également plainte contre le guide qui décrit l’institution comme une « arnaque au locataire organisée ». Le Petit Paumé sera relaxé également.

Face à cela, certains restaurateurs de Lyon mettent en place le RPP ou « Refus du Petit Paumé », un label qui indique aux étudiants de l’association que l’établissement ne souhaite pas être testé et apparaître dans le guide.

La publication des propos discriminants dans l’édition 2020 du Petit Paumé n’est finalement que la suite logique d’un guide dont la toute puissance et le mauvais goût n’ont jamais été remis en question. Quand certaines éditions faisaient la part belle à des listes comme « La serveuse la plus hot », d’autres réalisaient le tour de Lyon des prostituées, expliquant qu’« en remontant vers la Croix-Rousse, les tarifs baissent en même temps que les poitrines. »

 

Petit Paumé critique