La fin de l’année 2019 fut marquée, comme toujours, par la saison des palmarès. Bien sûr, le classement des écoles de commerce 2020 de l’Étudiant répondait présent. Cependant, il n’est désormais plus possible de le consulter.

 

Il y a plusieurs semaines, le classement des écoles de commerce 2020 de l’Étudiant était mis en ligne. Publié légèrement plus tard qu’à l’accoutumée, il a fait grand bruit. En cause ? Les résultats étonnants de certaines écoles. En effet, plusieurs directeurs et directrices de business schools ont tout de suite commenté le palmarès, dénonçant des chiffres qui n’étaient pas forcément justes pour certains établissements.

Le DG d’une école du top 10 confie : « comparé à d’autres classements, certaines écoles ont perdu beaucoup de place. Nous avons vu des notes surprenantes. Quelques business schools affichaient des performances, notamment en matière de recherche, qui étaient bien supérieures à la normale. C’est problématique. » Il est vrai que le delta d’un classement à un autre est beaucoup plus important cette année que les éditions précédentes. Ainsi, quand le Figaro Étudiant classe BSB 20e, il s’est retrouvé à la 26e position chez l’Étudiant. Toujours comparativement au classement de Figaro Etudiant, L’ESSCA perd 5 places et se retrouve 20e sur le site de l’Étudiant.

 

Le classement des écoles de commerce 2020 de l’Étudiant retiré

Après plusieurs complaintes de la part de business schools, le palmarès a été retiré le 23 décembre. La page sur laquelle il était publié n’affiche désormais qu’un message expliquant que cette partie du site est en maintenance. Après un échange entre les équipes et la commission classement de la CGE, certains signaux laisseraient à penser que le classement ferait finalement son retour dans les prochaines semaines.

Suite aux erreurs relevées par les établissements, certaines business schools ont reçu le mail suivant : « Au vu des nombreuses erreurs constatées, l’Étudiant a décidé de ne plus publier le classement. Je vous invite, si ce n’est déjà fait, à me faire parvenir par retour les erreurs éventuelles que vous avez relevées concernant votre école. »

 

Les difficiles (mais nécessaires) classements d’écoles de commerce

Ces problématiques ne sont pas nouvelles. En effet, la récolte des chiffres est toujours complexe et dépend uniquement des écoles qui acceptent de dévoiler leurs données. Il est également difficile de valider la véracité des informations. « On ne peut pas tout vérifier. C’est aujourd’hui toute la difficulté de ces classements. Pour parvenir à un palmarès juste et pertinent, il faut allouer des ressources et des moyens considérables ! Chaque école est dans une logique d’optimisation », explique le DG que nous avons interviewé.

Pour autant, ces classements sont indispensables pour les écoles aujourd’hui. Si certains arguent que le SIGEM est pourtant l’un des indicateurs les plus importants, la réalité est bien plus complexe. « Le SIGEM est important, mais les étudiants de classe préparatoire ne sont pas la seule population que le retrouve chez nous. Il y a d’autres marchés qui se fient à ces classements : les MS, les admissions parallèles, mais aussi le marché aval comme les entreprises. C’est un indicateur important, mais qui nécessite de se baser sur des informations justes. Aujourd’hui, il y a une asymétrie d’information entre les différents acteurs. Les classements tendent à solutionner cette problématique, si tant est que les informations dont ils disposent soient fidèles à la réalité. »

Cet enjeu est d’autant plus crucial quand on sait que l’importance accordée aux classements par l’écosystème qui gravite autour des grandes écoles. Cette réalité oblige ces dernières à s’adapter aux critères des palmarès pour espérer être bien positionnées et attirer davantage de partenaires et d’étudiants : « À partir du moment où on met en place des indicateurs, cela influence le comportement des individus. Les classements ne changent pas la stratégie des écoles, mais deviennent des technologies invisibles qui dirigent nos comportements. »