Dans le sillage de plusieurs écoles du top 10, NEOMA Business School vient d’annoncer deux nouveaux dispositifs à destination des candidats issus de classes préparatoires. Dès la rentrée 2026, l’école financera 100% de l’année de pré-master des étudiants boursiers CROUS échelons 5 et 6 admis après une classe préparatoire, une mesure déjà en vigueur depuis deux ans pour les boursiers échelon 7. NEOMA met également en place une bourse d’excellence couvrant 25% des frais de scolarité de première année du Programme Grande École pour les 30 premiers admis issus des classes préparatoires ECG/ECT et les 30 premiers admis issus des classes préparatoires littéraires.
Pour mieux comprendre les objectifs de cette nouvelle politique de bourses, nous nous sommes entretenu avec Alexandre Pourchet, directeur des programmes de NEOMA Business School.
D’abord, quelles sont les modalités exactes des deux mesures que vous venez d’annoncer ?
Dès la rentrée 2026, NEOMA prendra en charge 100% des frais de scolarité de la première année du Programme Grande École pour les étudiants admis après une classe préparatoire et boursiers CROUS aux échelons 5 et 6. Cette mesure vient s’ajouter à la gratuité déjà en place depuis deux ans pour les étudiants boursiers échelon 7.
Nous avons également prévu une prise en charge de 50% des frais de scolarité de première année pour les étudiants boursiers échelon 4. L’objectif est d’accompagner plus largement les étudiants qui rencontrent des contraintes financières importantes.
En parallèle, nous créons une bourse d’excellence. Elle couvrira 25% des frais de scolarité de première année du PGE pour les 30 premiers admis issus des classes préparatoires économiques et commerciales, ECG et ECT, ainsi que pour les 30 premiers admis issus des classes préparatoires littéraires.
Sera-t-il possible de bénéficier à la fois de la bourse d’excellence et de la bourse sur critères sociaux ?
Oui, les deux dispositifs sont tout à fait cumulables. Un étudiant qui serait éligible à une bourse sur critères sociaux et qui ferait également partie des meilleurs admis au concours pourrait donc bénéficier des deux aides.
C’est important, car ces mesures ne répondent pas exactement au même objectif. Les bourses sur critères sociaux visent à lever les freins financiers pour les étudiants qui en ont le plus besoin. La bourse d’excellence, elle, permet aussi de reconnaître des parcours académiques remarquables et d’attirer des candidats très performants.
Qu’est-ce qui a motivé la décision d’étendre la gratuité de la première année aux boursiers échelons 5 et 6 ?
Nous sommes conscients des contraintes financières qui pèsent sur les étudiants et leurs familles. Étendre le dispositif à davantage d’échelons était important pour soutenir les étudiants qui en ont réellement besoin. Nous disons souvent aux candidats que leur mission, c’est de réussir le concours d’entrée, et que la nôtre, c’est de trouver avec eux des solutions de financement. Avec ces nouvelles bourses, qui conjuguent nos engagements en faveur de l’excellence et de l’ouverture sociale, nous concrétisons encore cette conviction.
Qu’est-ce que cela représente en termes financiers pour l’école ?
Rien que pour les bourses sur critères sociaux, cela représente 3,5 millions d’euros. C’est donc un effort conséquent pour l’école.
Nous avons choisi de nous focaliser sur le pré-master, c’est-à-dire la première année du Programme Grande École, car c’est souvent le moment le plus sensible financièrement pour les étudiants. En M1 et en M2, d’autres dispositifs peuvent prendre le relais, comme les bourses de la Fondation NEOMA, les aides à la mobilité internationale ou encore l’alternance.
L’alternance permet en effet de financer 100% des frais de scolarité tout en percevant un salaire. C’est un levier très important, mais il ne répond pas à toutes les situations dès l’entrée dans le programme. C’est pour cela que nous avons voulu agir dès la première année.
Avez-vous le sentiment qu’il est devenu plus difficile pour les étudiants d’obtenir des prêts étudiants ?
Nous le ressentons surtout pour les étudiants internationaux, à l’exception notable des étudiants marocains, pour lesquels les dispositifs fonctionnent plutôt bien. Pour beaucoup d’internationaux, la question du garant est devenue beaucoup plus difficile.
Pour les étudiants français, en revanche, l’accès à l’emprunt reste relativement aisé. Il est vrai que les banques sont parfois un peu plus frileuses qu’il y a quelques années, mais les difficultés sont moins marquées que pour certains profils internationaux.
Un mot également sur les bourses d’excellence. Quel est l’objectif affiché ?
Nous avons de l’ambition pour le Programme Grande École. Nous voulons offrir des expériences d’exception à des étudiants excellents, qui sont souvent admis dans des écoles mieux classées au SIGEM.
Avec l’augmentation généralisée des frais de scolarité dans les grandes écoles, la possibilité d’intégrer un PGE du niveau de NEOMA à un tarif plus avantageux peut faire la différence. C’est un signal envoyé aux candidats de classes préparatoires : nous voulons attirer les meilleurs profils et leur proposer un parcours académique exigeant, différenciant et accessible.
Cette bourse d’excellence s’inscrit donc dans une double logique : reconnaître la performance au concours et renforcer l’attractivité de NEOMA auprès des meilleurs candidats.
La classe moyenne ne risque-t-elle pas de se sentir lésée à terme ?
C’est un sujet que nous regardons de près. Aujourd’hui, nous procédons par étapes. Notre modèle économique repose principalement sur les frais de scolarité et sur les dons de la Fondation. Nous devons donc mener une politique raisonnée en la matière
Nous avons également beaucoup travaillé sur l’écart entre les échelons afin de limiter les effets de seuil. C’est précisément pour cela que nous avons intégré une prise en charge de 50% pour les boursiers échelon 4, en plus de la gratuité pour les échelons 5, 6 et 7.
L’enjeu est de soutenir fortement les étudiants qui en ont le plus besoin, sans créer de rupture trop brutale entre les situations. Nous savons que la question du financement concerne aussi des familles qui ne sont pas toujours éligibles aux aides les plus importantes. C’est un point que nous continuerons à suivre.
Pour finir, envisagez-vous de mettre en place une bonification directe ou indirecte au concours pour les boursiers, comme ont pu le faire HEC, l’ESSEC ou l’EDHEC ?
Non, ce n’est pas à l’ordre du jour. Nous ne prévoyons pas de mettre en place de points bonus au concours pour les étudiants boursiers.
La seule exception concerne l’Institut de l’Engagement, qui relève d’un dispositif très particulier. Mais, pour le concours classique, notre choix est d’agir sur le financement et l’accompagnement, pas sur les résultats d’admission.
