Arrivé à la tête d’ICN au lendemain du 120e anniversaire de la business school, François Thérin annonce le lancement d’un nouveau Bachelor of Science & Arts in Business qui ouvrira sur les campus de Paris et Berlin à la rentrée 2027. Six mois après sa prise de fonctions à la direction générale d’une école désormais adossée au groupe britannique GEDU Global Education, il revient sur ses premières impressions et dévoile ses ambitions pour le développement d’ICN.
La plus grande singularité d’ICN selon François Thérin, son nouveau directeur général ? La manière dont la business school fait dialoguer les disciplines, en particulier le management et les sciences de l’ingénieur. « L’école est née il y a 120 ans, sur un territoire industriel, et a traversé toutes les grandes transitions. La création de l’Alliance Artem, en 1999, a permis à ICN d’affirmer une vision forte et avant-gardiste comme peu de Grandes Écoles faisaient alors : pour comprendre un monde complexe, il faut avoir recours à plusieurs disciplines. »
Avec ATMx, ICN pousse plus loin le croisement des disciplines
Alors que nous vivons un nouveau moment de bascule « incarné » par l’avènement de l’intelligence artificielle, François Thérin annonce à la fois la création d’un double numérique qui accompagnera chaque étudiant et le maintien de la place essentielle des fondamentaux au sein des différents programmes d’ICN.
Convaincue que les étudiants développent, grâce à ce socle de disciplines fondamentales, des compétences essentielles à l’entreprise (le sens du discernement, la capacité à prendre des décisions, la prise en compte de l’autre, la connexion entre différents champs de connaissance…), l’école souhaite aller plus loin encore et annonce le déploiement d’ATMx, la version « extended » de sa pédagogie art, technology, management. « Le X représente aussi le carrefour, le croisement, à l’image des disciplines que nous voulons faire dialoguer plus étroitement encore » complète François Thérin.
Des négociateurs du RAID et des urgentistes devant les étudiants d’ICN
Dans le cadre d’ATMx, ICN va faire intervenir des experts dans différents domaines qui prendront part à la création de cours aux côtés du corps professoral de la business school et qui pourront également intervenir face aux étudiants le temps d’ateliers et d’exercices de simulations. Négociateur du RAID, urgentiste, pilote de ligne, général, diplomate, maître d’échecs, préparateur mental, philosophe, poète ou encore chef d’orchestre sont autant de profils qu’ICN souhaite mobiliser en salle de classe, notamment pour confronter ses étudiants à des situations de prise de décision dans l’urgence ou en contexte de crise.
L’école annonce d’ailleurs qu’elle va déployer la méthode dite des « 200 cycles » au sein de tous ses programmes. Les étudiants seront ainsi placés de manière répétée, tout au long de leur parcours académique, dans des situations réelles et chronométrées de prise de décision.
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Un nouveau Bachelor et un double diplôme avec l’EFREI
Tous les programmes sont concernés par ces nouveautés, et le Bachelor of Science & Arts in Business (BScAB) qu’ICN ouvre à la rentrée 2027 concentrera toutes les innovations pédagogiques déployées par l’école. « Il sera enseigné intégralement en anglais, et nous le pensons comme un programme pluridisciplinaire dès l’origine, même si le management en reste le cœur. » 60 places seront proposées sur Parcoursup 2027, 30 sur le campus parisien d’ICN et 30 à Berlin. Une trentaine d’étudiants internationaux viendront compléter la promotion. Le diplôme sera délivré aux étudiants après la soutenance d’une « thèse polymathique » (croisant plusieurs disciplines) à l’issue des trois années, qui comprennent notamment un échange obligatoire entre les campus de Paris et Berlin.
Son prix ? Le même que le programme Grande École, car son « coût de production » est important, explique le directeur général. Les étudiants du nouveau BScAB d’ICN s’acquitteront ainsi de 14 800€ par an. Une bourse couvrant 30% des frais pourra être attribuée en première année, sous condition de ressources. Autre nouveauté prévue pour 2027 : le lancement d’un « Foundation Programme », sorte d’année préparatoire au Bachelor qu’il sera possible d’intégrer à Paris ou Berlin, soit en janvier, pour une version accélérée, soit en septembre.
La signature d’un double diplôme manager/ingénieur avec l’EFREI, l’ouverture d’un nouveau MSc in Finance à Berlin et d’un Executive PhD en 2027 complètent les annonces faites par ICN Business School concernant ses programmes. ICN entend également travailler sur l’expérience proposées sur ses campus avec l’arrivée, en cette rentrée 2026, d’une directrice de l’expérience étudiante venue du secteur de l’hospitality.
Quelle est la place de GEDU dans le développement d’ICN ?
Interrogé sur les ambitions du groupe GEDU, devenu actionnaire majoritaire d’ICN en novembre 2024, François Thérin se veut transparent : « GEDU est un groupe expert de l’éducation présent dans 12 pays et rassemblant 60 000 étudiants. Le fondateur est seul aux commandes du groupe, aucun fonds d’investissement ne surveille le rendement d’ICN et les acquisitions qu’il opère sont faites pour durer. Nous avons, grâce à GEDU, son réseau international et ses 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, des capacités d’investissement et de développement commercial qu’il aurait été impossible à ICN de mobiliser seule. L’école peut grandir sereinement. »
ICN vise ainsi une augmentation de ses effectifs de 3 000 étudiants aujourd’hui à 4 200 dans trois ans. Cette croissance ne devrait toutefois pas passer par les classes préparatoires. Après une session de recrutement difficile via le concours BCE 2026, conclue par l’intégration de 60 étudiants pour 100 places ouvertes, et même si les CPGE « restent importantes » pour ICN, l’école n’augmentera pas le nombre de places qui leur sont réservées en 2027. Dans un contexte démographique peu favorable à l’enseignement supérieur français qui doit anticiper une baisse du nombre d’étudiants, François Thérin entend donc chercher une partie de cette croissance à l’international.
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