Actu écoles

Mohamed Afennich, DG de MBS : « Nous allons transformer notre PGE en profondeur »

Nommé il y a quelques mois à la tête de MBS School of Business, Mohamed Afennich nous a accordé une interview exclusive dans laquelle il évoque les grands enjeux auxquels son école fait face. Dans un contexte incertain pour l’enseignement supérieur, et notamment pour l’alternance dont MBS est un des fers de lance, Mohamed Afennich mise sur la qualité du programme et une nouvelle implantation de choix à Montpellier.

 

Pouvez-vous présenter votre parcours ?

J’ai commencé ma carrière comme professeur de lycée, puis à l’université. En 2008, je suis devenu directeur du MEDEF Hérault. J’ai ensuite rejoint la CCI de Montpellier, puis la CCI Hérault (issue de la fusion de trois CCI locales) à partir de 2012, avant d’y occuper différentes fonctions de direction.

Aujourd’hui, je conserve également mes responsabilités au sein de la CCI. Dans les faits, mes deux missions sont très liées, d’autant que les synergies entre la CCI et MBS School of Business sont nombreuses. C’est une question de gestion du temps, mais pour le moment cela se passe bien, bien que les journées soient très chargées.

 

Où en est-on du côté du nouveau campus ? Quand les étudiants pourront-ils investir les lieux ?

 

La CCI est maître d’ouvrage sur ce nouveau campus depuis le départ, donc je connais très bien le dossier. Aujourd’hui, nous sommes à la fin du cinquième étage sur sept. Les travaux avancent bien et nous pourrons investir les lieux à la rentrée 2027.

Ce campus sera situé dans le quartier Cambacérès, un nouveau quartier d’affaires très bien desservi par les gares. Il sera proche des commerces, à côté d’une halle gourmande, d’une halle des sports, et au cœur d’un écosystème économique dynamique, avec notamment le siège du Crédit Agricole, Septeo ou encore la Banque Populaire.

Il y aura aussi un volet très important autour du logement étudiant. Sur la rive gauche, 800 logements seront dédiés à MBS, du simple studio au coliving. La CCI a confié ce projet à un investisseur, avec lequel une convention tripartite a été mise en place.

 

MBS est l’une des grandes écoles où l’alternance est la plus présente. Comment envisagez-vous la suite dans le contexte délicat que l’on connaît ?

MBS est l’un des leaders de l’alternance, mais nous devons réduire notre dépendance à cette modalité d’apprentissage. Il n’est évidemment pas question d’arrêter l’alternance, qui fait partie de notre ADN et qui reste un levier essentiel de professionnalisation et d’ouverture sociale.

En revanche, dans le cadre de la réforme de notre Programme Grande École, il n’y aura plus d’alternance en L3 dès 2027. En master, nous allons également réduire le nombre de contrats possibles en M1 dans les années à venir.

Cette évolution s’inscrit dans une réforme plus large du PGE. Nous allons transformer notre architecture pédagogique. La première année sera davantage consacrée à l’acquisition des fondamentaux, mais aussi à l’engagement sur le terrain et à la projection professionnelle.

Nous allons également développer des parcours transversaux tournés vers l’intelligence artificielle et l’impact positif. Nous voulons aussi mettre en place des dispositifs permettant aux étudiants de s’autoévaluer, de mesurer ce qu’ils ont appris et de tester leurs compétences.

Enfin, nous allons aller plus massivement vers les doubles diplômes et vers davantage de spécialisation dès le M1. Nous travaillons notamment sur des secteurs comme l’agroalimentaire, l’ingénierie ou encore les industries culturelles et créatives. Nous sommes en pourparlers très avancés avec des écoles locales ; notre territoire est très riche en la matière, ce qui facilite évidemment la mise en place de ce type de partenariat.

 

Quels sont les autres projets à venir de l’école ?

Nous allons davantage nous axer sur l’international. Aujourd’hui, MBS est présente dans plus de 42 pays, avec 180 destinations et 156 partenaires. Nous travaillons avec des universités doublement, voire triplement accréditées.

Notre objectif n’est pas nécessairement d’augmenter le nombre de partenaires, mais de développer la qualité des parcours internationaux. Nous voulons notamment renforcer les doubles diplômes internationaux.

Nous travaillons par exemple sur des projets avec nos partenaires en Australie, au niveau bachelor, et en Chine, sur des formats bachelor et MSc.

 

Quelle est votre stratégie vis-à-vis des classes préparatoires, qui semblent de plus en plus bouder les écoles hors top 10 SIGEM ?

Aujourd’hui MBS est solidement ancré dans le paysage des écoles post-prépa, et nous parvenons systématiquement à pourvoir nos places dédiées aux préparationnaires. Mais cela ne suffit pas, et nous devons continuer à nous remettre en question au vu du contexte actuel. Dans un marché de plus en plus concurrentiel, les écoles doivent proposer une promesse claire, lisible et différenciante.

La réforme du PGE qui sera mise en place cette année et le déménagement dans notre nouveau campus en 2027 doivent justement répondre à cette problématique. Nous devons répondre par la qualité pour continuer à attirer ces profils exigeants.

 

Quel est votre avis sur le projet de loi actuellement débattu à l’Assemblée nationale sur la régulation de l’enseignement supérieur privé ?

Il y a du positif dans ce texte, puisqu’il peut permettre de réguler par la qualité. C’est un enjeu important pour le secteur.

En revanche, l’article 8, qui prévoit un droit de rétractation de trois mois pour les étudiants, est de nature à fragiliser les écoles qui ont besoin de visibilité. Les établissements doivent pouvoir construire leurs promotions, organiser leurs moyens pédagogiques et sécuriser leur modèle économique. Une telle mesure, si elle est appliquée en l’état, pourrait fragiliser fortement les écoles.

REÇOIS GRATUITEMENT NOTRE GUIDE AST

Tu es candidat(e) aux concours AST et tu souhaites intégrer une école de commerce via les admissions parallèles ? Choix des écoles, rédaction du CV, de la lettre de motivation, préparation aux oraux… Découvre tout ce qu’il faut savoir sur cette voie d’accès aux Grandes Écoles de commerce avec notre guide 100% gratuit !