Dans un climat où se mêlent incertitudes économiques, géopolitiques et sociales, la Conférence des Directeurs des Écoles Françaises de Management (CDEFM) a dévoilé, fin janvier, une feuille de route 2026 particulièrement dense. Objectif revendiqué : défendre et adapter un modèle de Grandes Écoles de management présenté comme un pilier pour la formation des futurs décideurs. Au-delà du discours institutionnel, plusieurs axes structurants se dégagent : excellence du modèle, attractivité internationale, apprentissage, intelligence artificielle et continuum avec les classes préparatoires.
Avec 26 établissements présents sur les 100 classés par le Financial Times dans son ranking des meilleurs Masters in Management 2025, les business schools françaises bénéficient d’une reconnaissance internationale de leur modèle fondé sur une exigence de qualité stricte. Mais pour Vincenzo Vinzi, l’enjeu principal dépasse désormais la seule transmission de connaissances de qualité. Les Grandes Écoles de management ont aujourd’hui pour mission de « développer l’esprit critique, l’agilité et le sens des responsabilités pour permettre aux étudiants de devenir des acteurs engagés, à la fois créateurs de valeur et porteurs de solutions face aux grands défis contemporains » , rappelle le président de la CDEFM.
L’attractivité internationale comme enjeu stratégique
Face à la concurrence mondiale entre pôles internationaux de formation au management et alors que les conditions d’accueil des étudiants étrangers se sont durcies, en particulier aux États-Unis, la CDEFM place l’attractivité internationale au cœur de sa stratégie. Les étudiants étrangers représentent désormais près d’un tiers des effectifs des écoles membres et leur présence génère pour la France une valeur nette annuelle estimée à 1,35 milliard d’euros.
Pour fluidifier l’accès au système français, renforcer la compétitivité des french business schools et assurer une bonne intégration des étudiants internationaux au sein de ses établissements, la CDEFM demande la simplification des démarches administratives et la conduite d’une réflexion sur le déroulé du calendrier Parcoursup.
L’apprentissage est devenu en quelques années un pilier du modèle des Grandes Écoles en même temps qu’un levier déterminant d’inclusion sociale. Trente-six écoles membres de la CDEFM proposent aujourd’hui des parcours en alternance en l’absence desquels 64% des étudiants interrogés par la CDEFM en 2024 affirmaient qu’ils n’auraient pas choisi leur formation actuelle et 76% se seraient trouvés dans l’impossibilité de financer leurs études.
Dans un contexte de tensions budgétaires et de débats sur le financement de l’alternance, la CDEFM alerte sur la nécessité de préserver un cadre stable et lisible, jugé indispensable à l’égalité d’accès aux formations d’excellence.
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Une feuille de route déjà tournée vers 2027
Parmi les projets les plus significatifs de la CDEFM pour 2026 figure la création d’un référentiel de compétences en Intelligence Artificielle. Une initiative traduisant la volonté commune des écoles de structurer et d’harmoniser l’intégration de l’IA dans les cursus. La Conférence poursuit également le suivi du référentiel DDRS afin d’ancrer durablement les enjeux environnementaux et sociétaux dans les enseignements. « Nos travaux reposent sur une dynamique collective et collaborative » , souligne Stéphanie Lavigne, vice-présidente de la CDEFM.
La CDEFM remettra cette année les premiers certificats des Arts Libéraux et Humanités aux étudiants passés par une CPGE qui seront diplômés des promotions 2026. Elle entend ainsi poursuivre sa mission de valorisation du continuum classes préparatoires/Grandes Écoles.
Enfin, la CDEFM annonce travailler à l’élaboration de propositions en vue des échéances présidentielles de 2027, confirmant son rôle revendiqué de laboratoire d’idées pour l’enseignement supérieur et le management.