Ce 28 novembre, l’EM Strasbourg a profité d’une conférence de presse pour rappeler ses atouts pour former les futurs managers qui travailleront dans un univers professionnel de plus en plus mondialisé. Son Directeur Général, Herbert Castéran, a également saisi cette occasion pour évoquer les réflexions menées par l’établissement pour « penser l’école de demain ».

 

Herbert Castéran a d’abord dressé un bilan à mi-parcours de sa stratégie à l’horizon 2022, un bilan plutôt positif pour l’établissement qui a augmenté le nombre de ses publications de rang A, passant de 8 en 2016 à 19 en 2018. « Il y a une politique très forte à l’école d’incitation à la recherche. »

En trois ans, l’EM Strasbourg a triplé son nombre d’étudiants internationaux. Elle a augmenté de 10% le nombre d’admis en PGE pour l’année scolaire 2019-2020. Elle a également ouvert 5 000 m² de nouveaux locaux et rénové 4 100m². 

 

Les nouveautés de l’EM Strasbourg

Le changement majeur consiste bien sûr en l’arrivée de l’école au sein de la banque d’épreuves Ecricome dès 2020. L’établissement ouvrira 230 places pour les élèves en prépas économiques et commerciales et 20 places pour les littéraires cette année. Un étudiant qui souhaite passer ce concours devra débourser 295€ (30€ pour les boursiers), sauf pour les littéraires qui ne devront s’acquitter que de 150€. Le concours est gratuit pour les boursiers (hors frais administratifs de 30€).

En matière de recherche, l’EM Strasbourg souhaite renforcer son soutien aux laboratoires et développe un pôle d’excellence autour de la prise de décision et du comportement en marketing qui traitera des questions de finance comportementale, d’adoption des nouvelles technologies et d’entrepreneuriat.

Sur le plan pédagogique, l’EM Strasbourg a investi dans un logiciel de réalité virtuelle, une solution qui offre une réelle valeur ajoutée dans certains domaines comme la gestion des flux. Elle mise également sur l’accompagnement professionnel et personnel. L’idée est d’apprendre aux étudiants à de « savoir faire la différence en se révélant soi-même et de développer ses projets pro en fonction de sa personnalité. » Les élèves passent un test de personnalité Assess First qui leur permet de mieux comprendre et maîtriser leurs émotions, leur rapport aux autres, etc.

Pour mieux insuffler un esprit de cohésion entre les promos, l’EM Strasbourg met en place des séminaires de team building comme les EM Winter Games ou un challenge culinaire : les EM’s Kitchen. L’école attache beaucoup d’importance à ne pas faire de l’innovation son fer de lance, mais de toujours penser à l’apport des technologies pour l’étudiant. 

 

La formation Mindfulness & Leadership

L’EM Strasbourg ouvre une toute nouvelle formation : Mindfulness & Leadership. Ce diplôme, porté par un médecin, s’adresse à des cadres dirigeants qui veulent transformer leur entreprise. « L’objectif est d’améliorer la capacité de discernement des dirigeants dans la prise de décision stratégique. » Cette formation s’adresse aux « managers éthiques et bienveillants. » Le recrutement de la première promotion de 15 étudiants se fera à la rentrée 2020 pour une formation qui débutera en février 2021.

 

Les nouveautés du PGE

L’école a retravaillé son Programme Grande École. Suite à la demande d’étudiants qui trouvaient que la formation « pouvait manquer de sens. » L’EM Strasbourg mise donc sur des cas d’entreprise transversaux pour se confronter aux enjeux de demain. Cette étude de cas alimentera le premier semestre des étudiants. « Ils devront monter une entreprise et prendre des décisions stratégiques dans un environnement complexe en se basant sur les connaissances acquises dans différents cours. » Cette année, les élèves sont confrontés au thème : « nourrir l’humanité », qui se focalise sur les insectes comestibles.

À partir de février 2020, l’EM Strasbourg va collaborer avec l’ENA, pour mettre en avant des parcours différents. Ce partenariat se matérialisera au travers d’un hackathon sur le thème « Politiques publiques en 3 hacks », qui s’étalera sur une semaine.

 

Du neuf côté entreprise

Elle a également remis à plat le réseau d’entreprises partenaires avec l’EM Strasbourg Business Club, qui fédère 230 sociétés. L’établissement a retravaillé sa proposition de valeur pour faire de l’entreprise le deuxième pilier de l’école avec des actions sur la marque employeur, mais aussi sur l’executive education, avec un catalogue de 30 formations.

L’EM Strasbourg lance également l’Observatoire des Futurs, une plateforme de prospective et de réflexions croisées entre entreprises et chercheurs. La prochaine thématique abordée par cet institut sera l’ubérisation de l’industrie à l’horizon 2030.

 

La famille EM Strasbourg

L’école a également repensé son lien avec les alumni. « Nous faisons tous partie d’une famille. Ce n’était pas possible pour nous de se dire que tout s’arrêtait pour les étudiants après leur diplôme. C’est pourquoi il nous paraissait important de suivre les diplômés sur les premières années de leur vie professionnelle. Nous les accompagnons à titre gracieux dans les cinq années qui suivent leur diplôme avec l’offre Career+. »

 

Repenser l’école de demain

Ces nouveautés accompagnent le travail de positionnement qu’a mené l’école depuis plusieurs années. « Lorsque je suis arrivé à l’EM Strasbourg en 2016, je me suis posé la question de ce que nous pouvions faire de l’école », explique Herbert Castéran. Le DG de l’établissement a donc établi un diagnostic précis de l’environnement de l’enseignement supérieur français et mondial pour penser l’école de demain. « Nous ne voulons pas être un choix par défaut. Nous souhaitons que les étudiants nous rejoignent pour nos valeurs ! »

Selon Herbert Castéran, les zones de recrutement vont évoluer, sous l’impulsion d’une vague d’étudiants qui sera de plus en plus importante. L’école a également mis en place un chantier sur le champ de la diversité : comment aborder des élèves étrangers, comment est perçu l’enseignement supérieur à l’étranger, etc. « Il y a des pays dans lesquels la notion d’enseignement supérieur n’a pas la même valeur qu’en France et dans lesquels ce n’est pas synonyme de métier de qualité. »

Le digital était également au cœur des préoccupations du DG de l’EM Strasbourg, pour proposer aux étudiants la meilleure expérience pédagogique possible : « Nous devions nous positionner face à certains concurrents proposent du 100% digital. »

Enfin, la question du sens et des valeurs transmises aux étudiants a marqué cette réflexion autour de l’école, surtout dans un univers où les générations sont guidées par des motivations professionnelles différentes. 

L’ambition est de former des étudiants à œuvrer dans un monde dans lequel les algorithmes prennent de plus en plus de place. Ainsi, l’EM Strasbourg s’est penchée sur des domaines qui ne sont pas couverts par la technologie comme la créativité ou l’empathie. « Cela laisse la place à de nouvelles compétences et à de nouveaux modes professionnels. » 

L’école veut donc former des étudiants qui connaîtront leur valeur ajoutée, leurs forces et leurs faiblesses et qui seront capables d’analyse les signaux faibles d’une situation pour mieux répondre aux problématiques posées dans le monde de l’entreprise.

 

L’EM Strasbourg du futur

L’école a donc retravaillé son positionnement. « Notre mission sera de donner les instruments aux individus et aux organisations pour faire face aux besoins d’une société qui va de plus en plus vite. » L’objectif, qui guide tout l’établissement, est d’aider les étudiants à exprimer leur personnalité.

Les deux lignes directrices sur lesquelles mise l’école pour atteindre son objectif sont ainsi :

  • La qualité plutôt que la taille. « Nous ne nous engageons pas dans une course pour faire grossir notre école. Notre ambition est d’améliorer le taux d’encadrement en recrutant +50% d’enseignants-chercheurs en 5 ans et +25% d’étudiants sur la même période. » L’EM Strasbourg fixe un seuil à 4 000 étudiants et souhaite faire valoir cette qualité de l’enseignement et de l’encadrement en obtenant la triple accréditation. L’école a déjà franchi avec succès l’avant-dernière étape pour obtenir AMBA et EQUIS ;
  • L’ouverture, sur le plan social, culturel et aussi disciplinaire. « Faire une grande école ne doit pas être réservée à l’élite », explique Herbert Castéran. Cette ouverture passe notamment par le partenariat qu’a signé l’établissement avec KissKissBankBank pour permettre aux étudiants de financer leur scolarité grâce au crowdfunding

L’EM Strasbourg mise sur trois valeurs : la diversité, l’éthique et le développement durable. L’école ambitionne donc de former « des managers compétents, responsables et agiles, prêts à trouver leur place dans la société globale. »

 

Une école tournée vers le monde

Cette diversité passe par l’identité internationale de l’EM Strasbourg qui n’est pas seulement la conséquence de sa position géographique (aux portes de l’Europe, à proximité du Parlement européen). L’école impose également à ses étudiants de partir un an au moins à l’étranger, grâce notamment aux 235 accords d’échanges universitaires qui leur permettent de choisir une destination parmi plus de 54 pays. En outre, l’établissement accueille également 1 050 étudiants de nationalité étrangère (soit environ 30% des effectifs totaux).

« Nous affirmons notre identité régionale, nous plaidons pour une meilleure intégration des forces vives : formation, recherche… Nous souhaitons également que cette identité régionale nous permette de nous ouvrir et de jouer dans un terrain de jeu totalement mondialisé », affirme Herbert Castéran.

À l’international, le travail de l’école séduit en matière de pédagogie, puisqu’elle occupe la 79e place du classement du FT, elle fait partie du Top 150 du classement de Shanghai. Elle est également accréditée AACSB et EPAS pour le PGE. « Nous visons le label EQUIS pour l’ensemble de l’école. » L’EM Strasbourg affiche également un label diversité.

Ainsi, l’école a modifié son processus de recrutement des professeurs étrangers. Un enseignant-chercheur embauché sur deux n’est pas français. Elle a également renforcé son réseau d’universités partenaires dans lesquelles les étudiants peuvent se former sans surcoût, durant leur scolarité à l’EM Strasbourg. L’établissement mise aussi sur GoFluent pour accompagner les élèves et le personnel dans l’apprentissage de langues étrangères.

 

L’institut Franco-Allemand du Management

L’EM Strasbourg va plus loin sur le plan international en mettant en place l’Institut Franco-Allemand du Management (IFAM), pour former « au management à l’européenne ». Aujourd’hui, l’école a mis en place des parcours trilingues au niveau du Bachelor, du PGE et des Masters universitaires. Cette offre de formation sera placée sous l’égide de ce nouvel institut. 

Cette nouveauté est née d’une demande croissante des étudiants étrangers d’avoir une vision européenne du management, mais également des besoins importants d’entreprises allemandes, alsaciennes, suisses et autrichiennes.

L’IFAM ouvrira dès la rentrée 2020 et accueillera des enseignants-chercheurs de l’EM Strasbourg et des établissements allemands partenaires. Pour intégrer cet institut, il faudra avoir fait le choix de l’Allemand en LV1 ou LV2 et être passé par le concours Ecricome. Il y aura des doubles-diplômes à chaque niveau de formation : de bac+1 à bac+5. Les effectifs seront limités à une vingtaine d’étudiants. 

L’EM Strasbourg imagine déjà le futur de l’IFAM, avec un possible parcours intégré complet de bac+1 à bac+5, un campus dédié côté allemand et aussi une année propédeutique d’immersion ouverte aux étudiants non germanophobes.

 

Le modèle hybride de l’EM Strasbourg

Herbert Castéran est revenu sur le centenaire de l’école, qui a été créée en 1919, juste après la Première Guerre mondiale. L’EM Strasbourg, bien que créée en 2007, résulte de la fusion entre l’IECS (fondée en 1919) et de l’IAE de l’Université Strasbourg 3 (créée en 1957). Il s’agit du seul établissement qui est membre de la CGE, mais également du réseau des IAE. Son modèle unique en France et hybride, puisqu’elle est totalement intégrée à l’Université. 

Cette hybridation se traduit dans les programmes proposés par l’EM Strasbourg qui possède une offre de Bachelor, un PGE, un programme Executive, mais également un parcours Masters universitaires et un programme doctoral « qui forme des futurs professeurs, mais également des cadres de haut niveau », précise Herbert Castéran.

L’établissement mise donc sur son modèle hybride, pour développer  « au travers de nos recherches, des contributions intellectuelles à fort impact pour les organisations du 21e siècle. Nous voulons accélérer le processus d’innovation grâce à nos enseignants-chercheurs. »