mercredi, août 5, 2020
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Décision de la CEFDG : le point sur la situation à emlyon

Il y a quelques jours, Challenges a annoncé que la CEFDG (Commission d’évaluation des formations et des diplômes de gestion) avait réduit l’autorisation de délivrer le grade master d’emlyon, passant de cinq ans à trois ans ; une décision inédite qui a beaucoup surpris l’école. Retour sur cette affaire qui détonne dans l’univers de l’enseignement supérieur français avec le président d’emlyon par intérim : Tugrul Atamer.

 

La CEFDG est l’organe qui donne l’autorisation de délivrer le grade master pour les écoles de commerce en France. Concrètement, cette distinction indique que les business schools offrent des formations qui sont reconnues par l’État. Habituellement, les établissements qui sont membres de la Conférence des Grandes Écoles affichent cette autorisation pour la durée maximale de cinq ans, autorisation qui est renouvelée pour la même durée, dans la plupart des cas.

Récemment, emlyon a donc appris que son autorisation de délivrer le grade master venait de passer de cinq à trois ans, une décision qui trahit le manque de confiance de la CEFDG envers l’école. Parmi les éléments reprochés par l’organisme, on retrouve : le besoin de garanties sur la pérennité du modèle de l’école qui a récemment opéré une transformation juridique et ouvert son capital, un fort turn-over au niveau de la gouvernance ainsi qu’une mise en garde sur la sélectivité, notamment pour les candidats aux admissions parallèles.

 

La réponse d’emlyon

Face à l’article de Challenges qui revenait sur les différents événements qu’a connus emlyon ces derniers mois (départs successifs, problématique du recrutement des candidats AST en 2019, etc.), les étudiants de l’école ont rédigé une lettre ouverte, publiée sur Medium. Celle-ci souligne notamment le fait que l’école ait vu ses trois accréditations internationales renouvelées, en parallèle de l’annonce de la CEFDG.

Il est vrai que les trois organismes que sont AACSB, EFMD et AMBA ont manifesté à nouveau leur confiance envers emlyon. « Nos confrères étrangers ont unanimement applaudi notre façon de croître depuis 5 ans, mais aussi notre transformation juridique. Ils ont reconnu l’originalité de notre actionnariat qui réunit le personnel, les diplômés, la CCI et nos partenaires financiers. Ce qui a été félicité à l’international devient source de réticences en France », indique Tugrul Atamer.

En outre, les étudiants mettent en avant plusieurs points véridiques sur l’école et la décision de la CEFDG :  le PGE (ou Master in Management) d’emlyon n’est pour l’instant pas menacé. La valeur du diplôme n’est pas non plus dégradée par cette décision. De même, la hausse de frais de scolarité de près de 10% n’est pas propre à l’établissement. Cette année, presque toutes les écoles de commerce membres de la CGE mettent en application une hausse des frais de scolarité votée l’an passé, qui avoisine les 8%. Il est également important de rappeler qu’emlyon n’avait quasiment pas augmenté ces frais depuis 2016 (bien qu’ils aient augmenté de 17% entre 2015 et 2016), ce qui est rare à l’heure actuelle dans le paysage de l’enseignement supérieur.

De plus, tout comme l’indiquent les étudiants à l’origine de cette lettre, l’ouverture du capital de l’école offre des perspectives de développement colossales. En effet, pour Tugrul Atamer, ce statut juridique va permettre à l’établissement de « lancer des programmes innovants », mais également de consolider son développement international en Afrique et en Asie, voire de s’intéresser à d’autres territoires. Le président du directoire par intérim évoque notamment l’Amérique du sud.

 

Grade master d’emlyon : un message envoyé à l’école

En revanche, comme l’indiquait la journaliste Kira Mitrofanoff à l’origine de ce papier dans Challenges, la décision de la CEFDG est bien un message clair envoyé à l’école, un point que reconnaît Tugrul Atamer qui regrette cependant que ce message n’ait pas été véhiculé au travers d’une consultative recommandation, comme c’est le cas lors des accréditations internationales.

En effet, les organismes étrangers ont pour habitude de notifier aux écoles des points à surveiller, sans pour autant leur donner davantage de poids lors de l’évaluation. « Les évaluations se basent sur des référentiels neutres et objectifs. L’ouverture du capital d’emlyon crée une méfiance, ce qui est normal dans un environnement où les transformations d’aussi grande envergure posent des interrogations. Il est également compréhensible qu’un organisme accréditeur se demande si le référentiel de qualité sera toujours suivi par la nouvelle gouvernance. Cependant, d’autres solutions auraient pu être mises en place, comme le fait de repousser l’audit ou la demande d’un rapport intermédiaire, un an après l’arrivée d’Isabelle Huault », observe Tugrul Atamer.

En outre, la CEFDG envoie un message également sur la sélectivité. Le président par intérim reconnaît que le rang du dernier admis a baissé ces dernières années, mais cette réalité se manifeste dans de nombreuses écoles. En outre, le nombre de candidats aux admissions parallèles qui intègrent emlyon est élevé, mais plusieurs établissements membre de la CGE recrutent également presque autant d’étudiants par ce biais chaque année. Tugrul Atamer indique pour autant que l’école va stabiliser ce chiffre dans les années à venir, se focalisant davantage sur les recrutements issus de classes préparatoires scientifiques ainsi que les AST internationaux.

 

La contre-attaque d’emlyon

Aujourd’hui, Tugrul Atamer reconnaît qu’emlyon n’a pas le droit à l’erreur, « ce qui est une bonne chose, puisque cela incitera la direction de l’école à être très vigilante sur son développement. » En outre, il reconnait implicitement qu’un travail de légitimité devra être fait pour la CEFDG. « C’est à nous de démontrer que ces interrogations n’étaient pas fondées et que cette transformation juridique, n’a pas d’impact sur la qualité des cours, la réputation de l’école, l’expérience étudiante ou les opportunités d’emploi. »

Avec sa nouvelle direction, pilotée par Isabelle Huault, ex-présidente de l’Université Paris-Dauphine, « qui adhère au projet de l’école », emlyon souhaite investir sur plusieurs chantiers, comme le recrutement d’internationaux, mais aussi la mise en place de nouveaux campus, de doubles-diplômes internationaux ainsi que sur les services proposés aux étudiants. Ces nouveaux chantiers se font avec le recrutement de nombreux professeurs et une équipe administrative renforcée autour du Programme Grande École de l’établissement.

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