En pleine transformation autour de la nouvelle gare Montpellier Sud de France, le quartier Cambacérès s’apprête à accueillir le futur campus de MBS. La première rentrée sur place aura lieu en septembre 2027, avec près de 3 500 étudiants attendus. Il reste douze mois pour parvenir au terme d’un chantier dont le second œuvre est déjà entamé et sur lequel Business Cool a pu se rendre…
Fin septembre, sur les 20 000 m2 du campus ANIMA réservés à MBS, au cœur du nouveau pôle d’affaires, d’innovation et d’enseignement supérieur de Montpellier, les ouvriers s’activent pour finaliser la pose des boiseries, installer les éclairages des grands amphithéâtres de 400 et 500 places et déblayer ce qui reste du gros œuvre afin d’être complètement « hors d’air et hors d’eau », étape significative de la construction. Après une quarantaine d’années passées au nord de la ville, sur un campus qui sera complètement transformé après son départ (EHPAD, crèche, logements…), le grand déménagement dont il est question depuis plus de dix ans pour MBS approche enfin !
ANIMA : le campus qui doit faire changer MBS de dimension
Des 15 000 m2 dont elle dispose actuellement sur l’avenue des Moulins, la business school passera donc à 20 000 m2 sur le site ANIMA. Espaces pédagogiques, incubateur, locaux associatifs et lieux de convivialité seront répartis sur sept étages. Le cinquième abritera une cafétéria, une grande brasserie et s’ouvrira sur une terrasse depuis laquelle la ville, la Méditerranée et le Pic Saint-Loup se laissent admirer. Les 8 000m2 restant sur le campus ANIMA seront occupés par la CCI Hérault, la CCI Occitanie et leur CFA. Des passerelles permettront aux équipes de MBS de naviguer d’un bâtiment à l’autre. Sur les trois derniers étages des bâtiments CCI, dont elle est propriétaire, l’école de management installera des bureaux administratifs et sa salle des actes.
La végétalisation des espaces interviendra dans la dernière phase des travaux, pour parachever un campus pensé comme un véritable lieu de vie. Les étudiants (l’école vise à terme un effectif de 5 000 sur place) en profiteront pleinement dès l’entrée principale, qui débouchera sur un vaste hall lumineux autour duquel s’articuleront les différents espaces du campus. Deux étages de parking seront par ailleurs aménagés en sous-sol et le campus, à 300 mètres de la nouvelle gare TGV, sera directement desservi par le tramway.
Derrière le campus, une transformation plus profonde pour MBS
Il ne s’agit pas de la première des actualités majeures pour l’école, qui connaît une importante période de transformation. MBS, qui s’apprête à fêter ses 130 ans, a en effet accueilli un nouveau directeur général il y a tout juste un an. Mohamed Afennich a pris ses fonctions au sein de la business school en novembre 2025 tout en continuant d’assumer la direction générale de la CCI Hérault, rôle qu’il occupe depuis 2019. « L’avenir de notre business school est lié à celui des entreprises et du territoire », estime cet expert de l’économie et du développement territorial.
Titulaire d’un doctorat, Mohamed Afennich, qui souhaite « construire une école connectée aux réalités de son époque », a débuté sa carrière comme enseignant à l’université avant de développer une expertise autour de l’économie du territoire. Son arrivée à la tête de MBS, couplée à l’inauguration prochaine du nouveau campus de l’école, marque une nouvelle étape de l’histoire de la business school.
Redonner de la lisibilité à son programme Grande École, transformer sa pédagogie, consolider son modèle, muscler sa stratégie internationale, intégrer son nouveau campus… 2026/2027 est l’année de tous les changements pour MBS qui, challengée par certaines conclusions du rapport HCERES la concernant et portée par son déménagement prochain, dévoile de nouvelles ambitions pour son programme historique notamment. « Nous avons défini ce que nous voulons être pour les dix prochaines années : l’école-laboratoire des transformations. Nous n’observons pas les mutations du monde, nous les expérimentons, nous les anticipons, nous les accompagnons et nous les construisons », explique Mohamed Affenich en dévoilant la nouvelle signature de marque MBS, « Think, Test, Transform ».
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Open Lab, Knowledge Lab et Impact Lab : MBS veut devenir une « école-laboratoire »
La business school déploie son plan en explorant trois axes autour du principe du « laboratoire » : Open Lab, Knowledge Lab et Impact Lab. Le premier consiste à ouvrir les portes du campus et des salles de classe aux entreprises, aux porteurs de projets et aux collectivités pour travailler sur des problématiques réelles et soumettre aux étudiants des projets. Les labs expérimentaux, magasins expérientiels, salles de marché et espaces d’observation implantés au cœur du campus ANIMA, seront l’incarnation de ces rencontres, tout comme le Business Club, qui favorisera les rapprochements entre les chefs d’entreprise locaux, les étudiants et professeurs de MBS.
« À l’international, nous développons des partenariats plus profonds, durables et stratégiques, à l’image de celui qui a conduit à la création de l’Institut franco-chinois à Chengdu avec la SWUFE ». MBS s’est ainsi associée à une université chinoise de référence en finance, économie et management avec laquelle elle coordonne le parcours de formation des 250 étudiants qui ont rejoint l’Institut en cette rentrée, au cœur de l’une des métropoles les plus attractives et innovantes de Chine. Finance, Intelligence artificielle, marketing et supply chain sont les spécialités qu’ils ont déjà commencé à suivre sur place, avant l’inauguration officielle de l’Institut à Chengdu fin octobre. La SWUFE détient les accréditations EQUIS et AACSB, à l’image de 44% des partenaires de MBS qui sont aujourd’hui double ou triplement accrédités, contre 31% auparavant.
MBS revoit la copie de son PGE
Des évolutions majeures interviennent en parallèle sur la maquette du programme Grande École de MBS qui pense désormais la progression pédagogique selon le fil conducteur suivant : Learn, Explore, Apply et Drive. Mohamed Afennich indique placer l’intelligence artificielle et l’impact au cœur des apprentissages. « Digital & IA » et « Positive impact » font désormais partie des enseignements fondamentaux qui intègrent la maquette des programmes dès la première année : IA générative, données responsables, usages, limites et implications éthiques de l’IA sont des modules qui concernent tous les étudiants et vont éclairer les décisions de management, de marketing, de finance ou de transformation des organisations que les futurs diplômés MBS seront amenés à prendre.
En 2e année du PGE, MBS demande désormais à ses étudiants de faire un choix parmi cinq majeures et des spécialisations approfondies associées à un secteur d’activité (santé, énergie, eau, industries culturelles, sport, vin, sécurité, souveraineté) sont déclinées en dernière année du programme, celle de M2. Passerelles, doubles diplômes et parcours hybrides seront renforcés au sein du PGE grâce aux partenariats avec le MOMA, l’IAE de Montpellier, l’EPF et l’EMSA. « Les passerelles entre disciplines sont encouragées, et nous dialoguons avec des institutions de premier plan sur le territoire pour que management, sciences et art se croisent au sein de nos programmes », précise Mohamed Afennich.
Enfin, MBS entend mieux démontrer son impact en mesurant la valeur créée à l’échelle individuelle et collective, notamment en utilisant les critères de mesure développés par le label BSIS. Les étudiants pourront s’appuyer sur le dispositif REFLECT pour mieux identifier les compétences développées, les associer à des expériences précises (professionnelles, associatives, internationales…) et se construire un CV impactant.
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Alternance, Chine, formation continue : MBS rééquilibre son modèle économique
Interrogé sur la solidité du modèle économique de MBS, Mohamed Afennich assume une stratégie de diversification destinée à le rendre plus équilibré, résilient et moins dépendant d’une seule source de financement. La part de l’alternance passera de 55% à 45% de l’activité de l’école. Dans un contexte difficile pour l’apprentissage, la business school choisit ainsi de mettre fin à l’accès à l’alternance en première année pour les étudiants de son PGE en estimant que c’est aussi pour leur permettre de « construire des bases académiques robustes et d’avoir accès à une expérience étudiante complète ».
Les frais de scolarité issus de son Institut franco-chinois, qu’elle partage avec la SWUFE, contribuent à diversifier les revenus de MBS, tout comme l’émission de titres participatifs auprès de ses partenaires publics. Le changement de campus à Paris lui permet par ailleurs d’optimiser ses charges et le développement de la formation continue, notamment grâce au Club Business Connect, participe également au redressement des finances de l’école. Le directeur général estime que l’ensemble de ces évolutions représentent un gain de 3 à 4 millions sur l’année pour MBS.
En parallèle, l’école investit 108 millions d’euros dans son campus ANIMA, symbole d’une nouvelle ère. Malgré les secousses du SIGEM 2026 (il a manqué à MBS 92 étudiants de CPGE pour remplir sa nouvelle promotion), Mohamed Afennich ne touchera pas au nombre de places ouvertes à l’attention des élèves des classes préparatoires pour la rentrée prochaine. Si les chiffres définitifs, qui seront publiés fin décembre, confirment cette volonté, la business school en attendra 295. « Je crois à notre vision et le cap est clair », assure Mohamed Afennich qui accueillera les futurs intégrés 2027 sur le campus ANIMA flambant neuf !


