Sur le campus parisien de NEOMA Business School, les voix s’élèvent, les arguments se répondent et les chronomètres tournent. Pendant quelques minutes (cinq plus précisément), des étudiants de classes préparatoires économiques et commerciales (ECG, ECT et ECP) montent sur scène pour défendre une idée économique, mobiliser des théories et tenter de convaincre la salle. L’exercice est bref, intense et demande autant de rigueur dans le raisonnement que d’aisance à l’oral.
Bienvenue aux NEO Débats, un concours organisé par NEOMA Business School en partenariat avec l’APHEC, l’association des professeurs de classes préparatoires économiques et commerciales.
Pour cette deuxième édition des NEO Débats de NEOMA, 11 équipes venues de classes préparatoires de toute la France se sont retrouvées autour d’un même thème : « L’économie et le travail au XXIᵉ siècle. »
Les NEO Débats de NEOMA, un concours pour les étudiants de classes préparatoires
Les NEO Débats ont été imaginés pour permettre aux étudiants de classes préparatoires économiques et commerciales de s’exercer à l’argumentation et à la prise de parole autour de grandes questions économiques contemporaines.
Chaque équipe dispose de cinq minutes pour défendre sa thèse devant un jury composé de professeurs de classes préparatoires et d’enseignants de NEOMA Business School.
Dans la salle, les sujets s’enchaînent. Le chômage des jeunes traduit-il une crise des valeurs ou un problème structurel ? L’intelligence artificielle est-elle une menace ou un partenaire pour le travail humain ? Le XXIᵉ siècle marquera-t-il la fin du travail tel que nous le connaissons ? D’autres équipes s’attaquent à des thèmes plus sensibles, comme l’immigration et son impact sur le marché de l’emploi.
Certains étudiants s’appuient sur des supports visuels pour structurer leur démonstration. D’autres préfèrent miser uniquement sur leur argumentation et leur présence sur scène. Quelques équipes choisissent même de faire dialoguer leurs points de vue pour construire leur raisonnement.
« Les NEO Débats s’inscrivent dans une volonté de créer un véritable continuum entre les classes préparatoires et NEOMA. L’idée est de faire travailler ensemble les professeurs de prépa et les enseignants de l’école, mais aussi de permettre aux étudiants de commencer très tôt à développer leurs compétences à l’oral. Défendre une idée, construire une argumentation, prendre la parole devant un public… ce sont des exercices qui font déjà partie de leur formation. », explique Imen Mejri, Directrice du Programme Grande École de NEOMA Business School.
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Une préparation exigeante pour les participants à NEO Débats
Derrière ces cinq minutes sur scène se cachent en réalité plusieurs semaines de préparation. Pour les étudiants de classes préparatoires, les NEO Débats demandent autant de travail de recherche que de préparation à l’oral.
Au lycée Jean Perrin de Marseille, Anna et Chiara ont choisi de s’attaquer à un sujet sensible : l’immigration et son impact sur le marché du travail. Avant même de construire leur démonstration, elles ont commencé par explorer le sujet en profondeur. « On a fait beaucoup de recherches de notre côté, en lisant des articles et en regardant différents points de vue », racontent-elles. Le travail s’est ensuite poursuivi avec leurs enseignants, qui les ont aidées à affiner leur argumentation et à structurer leur intervention.
Le choix du thème n’était pas anodin. Les deux étudiantes souhaitaient aborder une question d’actualité, tout en dépassant les idées reçues. « On voulait choisir un sujet qui est dans l’air du temps, mais aussi casser certains préjugés. L’idée était de montrer que l’analyse économique permet d’apporter des nuances. » Si la prise de parole reste un défi, c’est surtout le travail sur le fond qui leur a demandé le plus d’efforts. « Le plus difficile, c’était l’argumentation », expliquent-elles. Certaines notions économiques abordées dans leur intervention n’avaient pas encore été étudiées en cours, ce qui les a obligées à les comprendre en profondeur avant de pouvoir les expliquer clairement au public. À mesure que la date du concours approchait, un autre défi est apparu, tenir dans les cinq minutes imposées par le format du débat. « On avait tellement d’arguments qu’on a dû en retirer jusqu’au dernier moment pour tenir dans le temps. »
Aux NEO Débats de NEOMA, le fond compte autant que la forme
Face aux étudiants, le jury observe attentivement chaque prestation. Parmi ses membres figurent notamment Hélène Mathurin, professeure assistante de finance à NEOMA, et Gabriel Gimenez-Roche, professeur associé d’économie.
Pour eux, la qualité d’un débat ne se mesure pas uniquement à l’aisance à l’oral. Certaines équipes avaient manifestement beaucoup travaillé la forme, reconnaît l’un des jurés. « Mais ce qui fait vraiment la différence reste la solidité de l’argumentation et la capacité à faire passer un message clair. »
Autre écueil fréquent, selon eux : vouloir multiplier les références théoriques. « Il ne s’agit pas de citer beaucoup de concepts », explique Gabriel Gimenez-Roche. « Deux ou trois concepts bien choisis peuvent suffire, à condition de savoir les travailler et les défendre. » Tout se joue dans l’équilibre entre la maîtrise du fond et la capacité à le rendre convaincant à l’oral.
« Aujourd’hui, certaines tâches seront peut-être remplacées par l’intelligence artificielle, mais les qualités humaines resteront essentielles. L’éloquence, la capacité à convaincre, à argumenter ou à porter une idée sont des compétences fondamentales pour les futurs managers. Quel que soit leur domaine d’expertise, ils devront un jour diriger des équipes, défendre des projets ou convaincre des partenaires. », souligne Imen Mejri.
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Les lauréats des NEO Débats de NEOMA Business School
À l’issue des 11 prestations, le jury et le public désignent trois équipes lors de cette deuxième édition des NEO Débats à NEOMA.
Le prix du public revient au Lycée Chevrollier d’Angers.
Le prix de l’APHEC est attribué au Lycée Berthollet d’Annecy.
Le prix du jury récompense le Lycée Michelet de Vanves.
Mais au-delà du palmarès, la journée semble surtout avoir marqué les participants eux-mêmes. Anna et Chiara disent avoir été frappées par le niveau général des équipes. « On a été très impressionnées par les autres équipes. Même avec des sujets différents, on retrouvait parfois les mêmes théories économiques ou les mêmes arguments. »
Preuve que ces NEO Débats ne sont pas seulement un concours d’éloquence. Ils offrent aussi un espace de réflexion et de confrontation d’idées à des étudiants de prépa déjà plongés dans les grandes questions économiques de leur époque.