La prépa n’est pas le seul moyen d’intégrer HEC, même si elle est encore probablement la voie royale et la plus connue. À l’instar des autres écoles de commerce françaises, HEC a récemment multiplié ses initiatives en France et à l’étranger pour asseoir la réputation de ses autres voies d’admissions moins connues mais pas moins exigeantes : admissions parallèles, doubles diplômes (DD), programmes d’échange, Summer School, etc…

 

Même nom, même diplôme ? La marque HEC a beau être un gage d’excellence académique pour les recruteurs, les étudiants ayant « fait HEC » n’ont pas toujours le même diplôme : alors que les prépas, AD, et DD quitteront l’école avec sacro-saint très prisé Master in Management du Programme Grande Ecole (PGE pour les intimes) ou que d’autres obtiendront un Msc internationalement reconnu (MSc, Finance,…), ce ne sera pas forcément le cas des autres formations qui auront simplement passé un semestre ou quelques semaines sur le campus. Attention donc au petit malin qui se targuera d’avoir fait HEC sans avoir connu autre chose que la Summer School (quelques semaines en été sur un campus vide, mais elle vaut le coup).

 

Cet article aborde toutes les voies pour intégrer le Master in Management d’HEC (prépa + admissions parallèles + DD français), mais notez que les conditions d’admission ou que les cursus peuvent évoluer selon les accords signés par HEC et ses écoles partenaires. De plus, comme indiqué ci-dessous sur le site d’HEC, l’école propose énormément de cursus mais le Master in Management est probablement le plus reconnu, le fer de lance de l’école, le coeur. Bon désolé on est pas rentrés dans le détail de chaque programme, auquel cas on remplirait une bibliothèque.

Notez que la quasi-totalité des autres programmes ci-dessous, hormis le MiM, sont des formations recrutant au niveau M2 et vont en cours avec les M2 du MiM (vous suivez toujours ?). Nous n’avons pas abordé leurs processus de recrutement par volonté d’être synthétiques et de nous concentrer sur le le MiM, mais ces formations ne sont pas moins exigeantes et reconnues (comme le Msc in International Finance, #1 monde selon le FT).

 

 

The more you POW, the more you dare

 

La prépa (PGE – MiM)

Rien de nouveau sous les tropiques. Après deux voire trois intenses années de prépa, les étudiants passent le fameux concours d’HEC, dont la grande majorité des épreuves sont mises en commun avec les autres Parisiennes, HEC se réservant l’exclusivité de certaines épreuves généralement redoutées des préparationnaires. Au concours 2018, il y a eu exactement 5151 candidats à présenter HEC, plus de 700 ont été admissibles et invités à passer les (horribles) oraux, et enfin 382 exactement ont été admis. Ces heureux élus ont donc intégré en L3, aka l’année de pre-master, aka l’année qui n’a rien à voir avec la prépa, aka l’année où la rigueur intellectuelle peut faire défaut (mais on se marre bien). À la fin de leur année de L3, ces étudiants passeront ensuite en M1, la première année du Master In Management, et seront rejoints par les étudiants issus des admissions parallèles pour faire ensemble les années de M1, césure, et M2.

 

Les Doubles Diplômes français (PGE – MiM)

Les Doubles Diplômes ont été établis entre HEC et certaines écoles partenaires, généralement parmi les plus « prestigieuses » et les plus renommées de leur secteur, comme SciencesPo, l’ENS Ulm, etc… Ecoles et étudiants ont tout à gagner d’une telle relation : outre le fait de former leurs étudiants à une thématique complémentaire au business (ingénierie, informatique,…), les écoles créent implicitement un fort réseau d’alumni communs et confortent leur position de première de la classe, le gang des « happy few ».

En France, HEC propose des DD avec les écoles d’ingénieurs suivantes : Polytechnique, les Mines, les Ponts, Supaéro, Agro ParisTech, Telecom ParisTech, l’ENSAE, l’ESPCI, Sup Optique, et l’ENSTA (la procédure d’admission est différente pour les DD étrangers qui n’obtiennent pas le MiM, eux). Hors ingénierie, les autres écoles sont l’ENS Ulm et SciencesPo Paris. Notez que les procédures d’admission et les cursus varient sensiblement entre toutes ces écoles selon les accords signés, mais que la très grande majorité des candidats de ces écoles passent, comme les admissions parallèles, par une phase de constitution de dossier suivie, si admissible, d’un entretien de trente minutes en anglais. Pour la petite anecdote, il y a deux ans, tous les candidats au DD devaient passer une série de quatre épreuves orales constituée d’un triptyque, d’une épreuve d’humanité, d’une épreuve de maths, et d’un oral d’anglais. Devant l’extrême pluralité des connaissances de ces candidats (RIP les SciencePistes en maths), il devenait difficile de faire des épreuves équitables, et l’administration HEC a donc opté pour le format international simple, basique : dossier + entretien. Les petits malins l’auront compris, pourquoi faire deux ans de prépa alors qu’on peut avoir le même diplôme après un entretien en anglais de 30 minutes ? En réalité, cette vision est réductrice car les premières années dans ces écoles sont généralement exigeantes et ces étudiants ont souvent fait prépa aussi, et « de toute façon, un recruteur sait faire la différence entre un prépa et un non-prépa ».

En 2018, sur toutes les écoles, il y a eu 421 candidatures pour 82 admis. Généralement, les écoles présentent autant de candidats au DD avec HEC qu’il n’y a d’intéressés.

Les admis au DD HEC rejoignent généralement le campus en M1, s’ensuit une dernière année complémentaire dans l’école « d’origine », et enfin une spécialisation en M2 à HEC. Des moments sont laissés dans la scolarité pour que les étudiants puissent réaliser des stages. Exception à la règle, les étudiants provenant de SciencesPo ne passent qu’une seule année à HEC dans le cadre de leur DD (l’équivalent de leur quatrième année à SciencesPo) avant de rejoindre leur école pour un stage et leur cinquième et dernière année (quand ses locaux ne sont pas bloqués).

 

Les Admissions Parallèles (PGE – MiM)

Ces admissions sont, avec la prépa, l’énorme force de frappe de l’école en France et à l’international. Les étudiants qui y postulent sont obligatoirement déjà titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur, que ce soit en France ou à l’étranger, et bénéficient d’une procédure de recrutement unifiée et calée sur les schémas internationaux : un dossier de candidature et un entretien.

L’intérêt est de compléter ses connaissances issues de sa première formation (ingénieur, coding, lettres,…) avec un background business, de la même manière que les doubles diplômes, et de fait gagner (beaucoup) en valeur sur le marché du travail.

Ces étudiants proviennent généralement d’écoles ou de formations mondialement renommées, comme la LSE, la Bocconi,… ont été d’excellents élèves dans leurs formations, et souhaitent bénéficier de la renommée d’HEC tout en complétant leur formation. À la différence des DD, leur admission à HEC ne se fait pas dans le cadre d’un partenariat avec une tierce école ; ils postulent à HEC indépendamment de leur école, quelques mois avant leur diplomation définitive. Ils intègrent en M1 en même temps que les ex-prépas qui ont fini leur année de L3 (vous suivez toujours ?). Leur année est généralement plus intense à l’inverse des ex-prépas qui suivent une formation généraliste sur quatre ans, eux le font en trois ans, et doivent combiner en une année les cours de L3 et M1.

Tous les étudiants sont admis sur les mêmes critères, ce qui fait que la proportion de Français peut varier, de 5% à 10%. Pour la rentrée 2018, HEC a reçu 6520 candidatures pour 271 places, soit un taux d’admission de 4,1% (OMG).

 

Les BBA

Non on plaisante, y en a pas. Mais ce n’est pas exclu dans les prochaines années.

 

Les échanges (programme non diplômant, sauf CEMS)

Les échanges sont des accords signés entre universités  et écoles partenaires pour permettre à leurs étudiants d’aller passer, le temps d’un trimestre, d’un semestre ou d’une année, un séjour sur le campus de l’autre institution. Notez que ces échanges, au vu de la diversité des programmes des écoles françaises, surviennent à tout moment dans la scolarité. À HEC, vous pouvez partir en échange en fin de première année (GEP L3), en début de seconde (GEP M1), où en dernière année (MEP-CEMS) sur un ou deux semestres. Parmi les écoles mondiales partenaires, on note par exemple USC à Los Angeles, NSU à Singapore, Keio University à Tokyo, l’ESADE à Barcelone, etc… Toutes les destinations sont à retrouver ici. Interrogé sur le sujet, Julien Manteau, directeur de la Stratégie et du Développement à HEC, nous a détaillé les chiffres : “Nous accueillons de l’ordre de 390 étudiants en échange sur le campus chaque année, via les contreparties de nos programmes GEP (270 places), MEP (35 places), et dans le cadre de la CEMS (80 places). Ces étudiants viennent donc précisément des institutions dans lesquelles nous envoyons nos étudiants en échange en L3, M1 et M2“. Les procédures d’admission dépendent malheureusement du nombre spécifique de places prévues par chaque partenariat, et peuvent varier entre CV, lettre, entretien,… selon l’école et l’année.

 

Postuler au MiM pour DD et AP – Le dossier de candidature

Première épreuve pour candidater HEC, vous devez déposer un dossier de candidature dûment rempli sur le site de l’école, qui est d’ailleurs très complet sur les étapes de recrutement. Le site ouvre début décembre pour une intégration en septembre, et vous devrez fournir les documents suivants :

– Photo d’identité aux normes passeport (aucun sourire,…)

– TOEFL iBT ou équivalent, avec un score minimum de 100/120, vivement recommandé mais pas rédhibitoire.

– Transcript de ses notes avec GPA. À demander à votre respo filière.

– Certificat de scolarité.

– CV (on t’explique dans cet article comment te démarquer)

– Questions de motivation, qui vous seront données.

– Lettre de motivation optionnelle (mais bon, ça ne peut pas faire de mal, et d’ailleurs on t’explique dans cet article comment la rédiger).

 

La deadline se situe généralement aux alentours de fin février, ce qui n’est pas une raison pour commencer à travailler le dossier mi-février ;). Sans rentrer dans les détails, nous vous conseillons de prêter énormément d’attention aux questions et au CV, au mot près. Ce seront les deux documents utilisés pour avoir un aperçu de votre parcours et de votre personnalité, ils ne doivent pas être expédiés. Il vous faut être conscient de l’effet donné, et quoi de mieux que de faire relire ces documents à une tierce personne ? Ces documents sont d’autant plus importants qu’ils vont vous permettre de vous distinguer des 6000 autres candidats, chaque mot compte. L’un de nos conseils pour cette phase de dépôt de dossier, et de ne surtout pas s’autocensurer et de ne prêter qu’une vague attention aux bruits de couloir du type “il faut avoir une moyenne de 13/20 pour passer la première sélection”. Non seulement ces rumeurs sont généralement infondées (n’écoutez que Business Cool, l’info la vraie), mais elles sont aussi fausses ! Certes les “sélectionneurs” aiment se fixer des référentiels avec les notes par exemple, mais jamais il n’irait cracher sur quelqu’un avec une moyenne de 12,5 mais qui a un parcours exceptionnel (entrepreneur,…). Vous êtes en quelque sorte dans une zone grise dont vous pouvez très bien vous tirer !

 

Postuler au MiM pour DD et AP – L’oral

L’oral est la partie la plus importante du processus de recrutement. Vous êtes déclaré admissible environ fin mars suivant, et une date d’oral vous est par la même présentée. En anglais, d’environ 30 minutes, sur le campus de Jouy-en-Josas, avec deux personnes -généralement des alumnis HEC-, l’oral est la partie à ne pas manquer : 30 minutes pour intéresser les recruteurs, 30 minutes pour les convaincre que vous êtes LE profil qui fittera dans l’école, 30 minutes pour marquer l’Histoire. La démarche peut paraître perturbante en effet car c’est bien cette demi-heure qui va vous distinguer de tous les autres admissibles. Fair ? Imparfait ? On peut douter des deux.

À l’entretien, vous allez être « challengé » sur votre personnalité et vos expériences, et ce que vous avez su tirer de ces dernières. Ce seront majoritairement des questions sur ces sujets, donc attendez-vous à des questions en anglais du type :

  • Présentez-vous en deux minutes.
  • Aimez-vous la politique ?
  • Pourquoi faire du commerce alors que vous dites avoir adoré votre stage de cueilleurs de pâquerettes ?
  • Quel est le type de gens que vous détestez ?
  • Avez-vous déjà été trahi ?

En simple, rien de vraiment compliqué pourvu que vous ayez déjà préparé les réponses aux classiques et fait un raisonnable travail d’introspection. Vous n’aurez pas de question du type “Quel degré y a-t-il entre les deux aiguilles d’une horloge quand il est 15h15 ?” (7,5 degrés en vrai, mais bon) ou encore “Si j’ai une marge EBITDA à 33% et un EBITDA à un million, quel est mon CA ?” (3 millions, c’est cadeau). Notez que les deux interviewers veulent vous connaître et pas forcément vous embêter. Si leurs questions sont très précises et qu’ils cherchent visiblement à déceler toute la valeur d’une de vos expériences, c’est que vous êtes sur le bon chemin. Menteur et pipeauteur, attention à faire une erreur qui pourrait vous coûter l’admission. Interrogé sur le sujet, un examinateur nous a confié que l’oral valait pour 85% du processus total, soit une maigre part de 15% pour la candidature écrite. C’est très subjectif, mais bon.

 

Deux semaines après votre entretien environ, vous savez si vous êtes pris ou pas. Pas note, pas de commentaire.

 

 

« Que vais-je trouver sur le campus ? »

Des potes ? Des cours intéressants ? La future élite de demain ? De l’alcool et un WEI ? Ce sera en réalité à vous-même de créer votre propre scolarité, tant les possibilités sont nombreuses sur le campus : associations, sports, soirées, projets extra-scolaires… Vous ne pouvez pas ne pas vous ennuyer pourvu que vous acceptiez le gap souvent trop marqué entre les  ex-prépas et les autres, et que vous souhaitiez être proactif dans votre scolarité.

 

Si tu es arrivé si loin dans cet article, c’est que tu mérites quelques conseils

  • Faire HEC pour simplement mettre HEC sur le CV est une idée louable certes, mais trompeuse. À cette ambition se conjuguent généralement des a priori barbares sur le campus et ses ex-préparationnaires : fils à papa, orientés fric, sortent tout le temps, prépa = zéro intérêt,… Sans tomber dans un discours d’ouverture et d’inclusion barbant, ces a priori ne permettent pas, selon moi, de vraiment goûter à toutes les opportunités de l’institution, et incitent à rester entre groupes d’une même école. Bien dommage, car l’une des forces de l’école, c’est le réseau que l’on s’y crée autant que le nom.
  • Certains verront le campus comme toxique et que trop d’attention est prêtée à la réputation des personnes et à “qui fait quoi”. Non il ne l’est pas ! Il ne l’est que si vous restez uniquement avec les mêmes personnes, H24.
  • Campus = cours + sport + asso + soirée + extra-scolaire + rencontres pros et persos.