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Le fonds Cinven rachète INSEEC U. à Apax Partners

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Le milieu du Private Equity et l’enseignement supérieur n’ont jamais fait aussi bon ménage. Quelques jours seulement après l’annonce de l’acquisition sous forme de SBO (Secondary Buyout) du groupe Eduservices (EBE compris entre 12 et 13 millions d’euros) par Amundi et Parquest aux côtés de Philippe Grassaud, qui demeure majoritaire, ou encore du rachat d’Euridis Business School par le groupe Silvya Terrade, c’est au tour de l’INSEEC U. (anciennement Groupe INSEEC) d’annoncer son changement de propriétaire.

Si la valorisation demandée par Apax et qui circulait dans la presse ces dernières semaines (autour de 900 millions d’euros) n’a pas pu être atteinte suite à un recalcul de l’EBE (passé de 63 à 57 millions d’euros, soit près d’un quart du chiffre d’affaires, suite à la prise en compte de l’intéressement des salariés selon Les Echos Capital Finance) et d’un multiple de 14 ; force est de constater qu’avec une offre aux alentours de 800 millions d’euros, le fonds réalise une bonne opération.

 

Un business très attrayant

Cette pépite de l’enseignement supérieur français a tout pour plaire aux fonds.

Le business des écoles privées d’enseignement supérieur bénéficie de très nombreux atouts : les étudiants, toujours plus nombreux en raison de l’évolution démographique, demeurent clients pendant plusieurs années, payent leurs frais de scolarité en début d’année (ce qui permet d’optimiser la trésorerie – ou le fameux BFR pour les plus techniques) et bénéficient, en général, d’une bonne insertion dans le monde du travail par le côté professionnalisant de ces formations ; ce qui les distingue des universités, où celle-ci perçue comme généralement moyenne.

Le groupe INSEEC U. et sa Grande Ecole, l’INSEEC SBE, fait figure d’entreprise française leader. Depuis son rachat par Apax Partners auprès de l’américain Career Education en 2013 pour un peu plus de 200 millions d’euros, le groupe n’en finit plus de grandir. D’une part, grâce au levier de la croissance externe : le rachat des écoles du groupe Laureate Education France (EBS, ESCE, ECE, IFG et CEPC) en avril 2016 a coûté 196,79 millions d’euros si l’on s’en fie à l’évolution de l’actif immobilisé net du bilan de la société Insignis ; mais aussi par la croissance organique de ses effectifs étudiants dans la plupart de ses écoles.

Si le groupe comptait 15 000 étudiants au moment de la prise de contrôle d’Apax Partners, il en compte 25 000 aujourd’hui et a profité d’une forte croissance à la rentrée 2018 suite aux déboires de Parcoursup ainsi qu’à l’augmentation significative de ses investissements, qu’ils soient immobiliers ou bien publicitaires : “Les écoles de management ex-Laureate ont trouvé leur place et ont renoué avec une croissance forte en travaillant ensemble : l’ESCE a fait +40 % d’étudiants cette année, l’EBS +20 %“, a confié Catherine Lespine dans une interview à l’AEF en début d’année.

 

De nombreux fonds candidats

Le groupe n’a éprouvé aucune difficulté à susciter l’intérêt de repreneurs. Parmi les fonds les plus intéressés se trouvaient le britannique Cinven, les américains BC Partners et Carlyle ainsi que le français Wendel, connu pour posséder notamment 40% de Bureau Veritas. C’est le premier qui l’a emporté suite à une enchère supérieure de 30 à 40 millions d’euros à celles de ses concurrents d’après les infos des Echos Capital Finance. La bpifrance, présente à hauteur de 10% du capital depuis le build-up mené en 2016, demeure présente au capital.

Le fonds britannique Cinven est connu pour avoir possédé Dunlop, Eurazeo ou encore Amadeus dans les années 2000. Sa thèse d’investissement consiste à se porter acquéreur majoritaire d’entreprises de taille intermédiaire localisées en Amérique du Nord et en Europe et qui opèrent dans l’une des six industries suivantes : le service aux entreprises, la grande consommation, l’industrie, les services financiers, la santé ou encore les télécommunications.

Axes de travail de Cinven – Source : site internet

 

Quel avenir pour INSEEC U. ?

D’après le communiqué de presse, la stratégie à suivre pour INSEEC U. sera composé de quatre points :

  • L’accélération de son développement international : présente en Suisse et en Chine depuis 2014 avec Créa Genève et le Luxury Business Institute à Shanghai, aux États-Unis à San Francisco depuis 2016 ou encore à Londres et à Monaco, INSEEC U. a entend accroître “l’attractivité de ses programmes auprès de ses étudiants étrangers qui représentent aujourd’hui 20% de ses effectifs (hors échanges)” ;
  • Renforcer la taille critique d’un groupe d’enseignement supérieur et de recherche multidisciplinaire ;
  • Consolider ses campus de centre-ville dans ses grandes capitales régionales et internationales en investissant fortement dans l’architecture de ses locaux et leur agrandissement“, le groupe a prévu d’y investir plus de 40 millions d’euros ;
  • Accélérer la transformation digitale que ce soit pour améliorer le service aux étudiants que pour développer de nouveaux formats d’enseignement en ligne pour de nouveaux apprenants et de nouveaux marchés.”

 

Les déclarations des parties prenantes

« L’enseignement supérieur a profondément évolué ces dernières années. Les attentes des étudiants ont considérablement augmenté et les écoles françaises font face à la concurrence de formations internationales toujours plus nombreuses. Nous sommes fiers d’avoir accompagné la création d’une plateforme française d’enseignement supérieur capable de former 25 000 étudiants chaque année en leur donnant les compétences attendues par leurs futurs employeurs en France ou à l’étranger. » affirme Bertrand Pivin, Partner chez Apax.

« INSEEC U. est une institution leader dans des disciplines clés et bénéficie d’une très bonne image auprès des étudiants et des recruteurs à la fois pour la qualité de son enseignement et pour l’employabilité des ses diplômés. » se réjouit Rory Neeson, Partner chez Cinven.

« Cinven Partners possède une grande expérience dans le développement des entreprises à l’international. Nous sommes impatients de travailler avec l’équipe INSEEC U. pour l’accompagner dans sa nouvelle stratégie éducative et son déploiement, notamment en Europe. » s’enthousiasme Pierre Estrade, Partner chez Cinven.