Photo du campus historique d'Harvard
Analyse Décryptage

Pourquoi la France n’a pas son Harvard ?

La singularité du système d’enseignement supérieur français tient en grande partie à sa division historique entre les universités et les grandes écoles. Cette séparation, souvent critiquée, ne repose pas sur un simple choix technique ou pédagogique : elle est le produit d’une histoire, d’une culture administrative et d’une conception spécifique de l’élite républicaine. Cette dualité a par le passé empêché l’émergence d’une seule marque pour les gouverner toutes : celle d’un Harvard en France.

Pourquoi ce système dual est-il unique au monde ?

Un héritage jacobin

L’origine de cette dualité remonte à la Révolution française. En 1793, l’université, jugée cléricale et féodale, est supprimée. L’État révolutionnaire, et plus tard napoléonien, entend refonder l’enseignement supérieur non pas en réhabilitant les anciennes facultés, mais en créant de nouvelles institutions destinées à former les cadres de la nation. C’est ainsi que naissent l’École polytechnique en 1794, puis l’École normale supérieure en 1795. Ces institutions sont conçues pour recruter et former des viviers d’élite, avec un concours d’entrée sélectif, un encadrement étroit et une mission claire : fournir à l’État les ingénieurs, officiers, enseignants et hauts fonctionnaires dont il a besoin.

Les universités, reconstruites lentement au XIXème siècle, ont quant à elles reçu une mission différente : dispenser un enseignement théorique de masse et développer la recherche académique dans des disciplines fondamentales. Elles accueillent tous les bacheliers, sans sélection à l’entrée, et s’inscrivent davantage dans une logique de diffusion du savoir que dans celle de la formation d’une élite. Les grandes écoles, à l’inverse, cultivent une approche professionnalisante pour des promotions réduites, disposant d’une forte proximité avec le monde socio-économique, et recrutées au terme d’une sélection impitoyable via les classes préparatoires.

Avantages et inconvénients de ce modèle

Ce système produit indéniablement une élite performante, avec des diplômés reconnus et influents. Il offre aussi une diversité de parcours : d’un côté, une voie sélective et professionnalisante ; de l’autre, un accès plus large et progressif au savoir. Les universités permettent quant à elles une ouverture disciplinaire plus étendue et facilitent l’accès au doctorat et à la recherche. Les grandes écoles, elles, assurent une forte employabilité, une internationalisation poussée et des réseaux puissants.

Cette organisation a un coût. Elle entérine une hiérarchisation rigide entre formations, qui renforce les inégalités sociales et territoriales. Elle complexifie la lisibilité de l’offre française à l’international, où l’on attend un système intégré, comme c’est le cas partout ailleurs. En plus d’engendrer également des cloisonnements institutionnels, des redondances de diplômes et une gouvernance fragmentée, qui nuisent à l’efficacité du système dans son ensemble.

Cette perception influence aujourd’hui fortement les décisions d’orientation et les perspectives d’emploi. Sur le marché du travail, les recruteurs favorisent fréquemment les diplômés de grandes écoles, devenues « Grandes Écoles » aujourd’hui pour celles appartenant à la CGE, notamment dans les secteurs du conseil, de la finance, de l’ingénierie ou de l’administration publique.

Un double modèle se heurtant à l’internationalisation de l’enseignement

Les classements internationaux, tels que le QS Ranking ou le Time Higher Education, défavorisent les établissements d’enseignement supérieur français. En France, le paysage académique demeure morcelé : les Grandes Écoles, bien qu’exigeantes et reconnues, sont de taille réduite, tandis que les universités parisiennes (perçues comme les meilleures), héritières des réformes postérieures à mai 68, sont elles-mêmes fragmentées et spécialisées, ce qui nuit à leur visibilité et à leur performance.

On peut alors se demander pourquoi la France n’a pas simplement créé sa propre version d’Harvard, c’est-à-dire une université d’élite, sélective, visible à l’échelle mondiale, et réunissant en un même lieu excellence académique, recherche de pointe et formation des élites. Après tout, les plus grosses universités américaines sélectionnent drastiquement leurs étudiants, tout comme les Grandes Écoles françaises. Alors pourquoi ne pas adopter un modèle comparable ?

Il y a 200 ans, la France a choisi de créer son propre modèle d’excellence via une sélection parallèle au système universitaire, et non en son sein. Elle devrait d’un coup tout fusionner dans l’unique but de monter dans les nouveaux classements ? Eh bien, oui.

Vers la création d’un Harvard en France ?

L’Academic Ranking of World Universities (ARWU) a tout bouleversé

Publié pour la première fois en 2003, l’objectif initial du classement de Shanghai n’était pas de juger les universités du monde, mais de mesurer l’écart « objectif » entre les universités chinoises et les institutions occidentales de référence, au-delà du simple prestige. Pour ce faire, les chercheurs ont privilégié des critères purement quantitatifs et scientifiques : nombre de prix Nobel, médailles Fields, publications dans Nature ou Science, citations de chercheurs, articles indexés dans le Science Citation Index, etc. Résultat : les institutions américaines et britanniques ont dominé comme à leur habitude, tandis que les universités françaises, déconnectées des Grandes Écoles et des organismes de recherche, se sont retrouvées tout en bas, plus encore que dans les classements précédents.

Avant 2003, la France et la plupart des pays européens ne valorisaient pas la recherche universitaire selon ces indicateurs mondiaux. La recherche était souvent nationale, fragmentée par disciplines et organismes (CNRS, INSERM, INRIA, etc.), tandis que les universités servaient surtout à former des étudiants, et non à produire une recherche d’élite visible à l’étranger. Le classement de Shanghai a radicalement changé cette logique. Il a imposé, pour la première fois, une mesure internationale standardisée de la recherche, ce qui a mis en lumière la faiblesse structurelle du modèle français. La question est devenue urgente à partir de 2003 alors qu’elle était latente depuis deux siècles.

La sélectivité et le prestige, désormais critères secondaires

« L’élite » est en France traditionnellement formée au sein d’écoles fondées sur des concours nationaux, avec pour finalité l’intégration de l’école la plus prestigieuse dans le domaine visé : HEC, l’X et les quatre ENS via concours post-prépa, ainsi que Sciences Po, l’ENM et l’INSP (ex-ENA) sur dossier, épreuves puis entretien. Cette conception s’oppose au modèle anglo-saxon, où l’excellence est universitaire, fruit d’un processus historique d’accumulation de prestige, d’autonomie financière, de recrutement sélectif sur dossier post-bac, et de reconnaissance internationale.

Depuis deux décennies, des tentatives de rapprochement ont émergé. L’État a encouragé la création de pôles de recherche et d’enseignement supérieur, puis de communautés d’universités et d’établissements. Fondée en 2006, la Paris School of Economics est par exemple une coalition de recherche en économie du plus haut niveau, regroupant des chercheurs de l’ENS Paris, Panthéon Sorbonne, l’école des Ponts, l’EHESS, l’INRAE et le CNRS.

Certaines grandes écoles, comme CentraleSupélec ou Polytechnique se sont aussi intégrées à de grands ensembles, respectivement Paris Saclay et L’Institut Polytechnique de Paris, mais tout en gardant leur indépendance. La logique de séparation perdure, tant dans les mentalités que dans l’organisation : Centrale et l’X maintiennent leurs concours post-prépa ultra sélectifs, donc ne dispensent pas leurs formations à l’ensemble des étudiants de leurs structures respectives. De plus, il était censé n’y avoir qu’un seul regroupement sur le plateau Saclay, et non deux. La France est donc encore loin de créer son Harvard tant les rivalités sont effarantes.

Mutualisation ou fusion ?

En réalité, les « fusions » comme PSL, Paris-Saclay et l’IP Paris, n’en sont pas vraiment. Ce sont des regroupements administratifs faits par et pour les chercheurs afin de favoriser le nombre de publications et in fine monter dans les classements, mais aucunement instaurés pour les étudiants. Un étudiant de cette structure dira « Je viens de Dauphine», « J’ai fait les Mines », « Je suis à l’ENS Ulm », mais ne noiera jamais la valeur de son diplôme en sortant le nom de « Paris Sciences et Lettres » (PSL), pourtant désormais entité mère de ces trois établissements. Seules l’Université Paris Cité (2019) et Sorbonne Université (2018) sont quant à elles des vraies fusions d’universités intégrées, notamment parce qu’elles n’ont absorbé aucune Grande École en leur sein, ce qui aurait justement pu compliquer la gouvernance.

C’est là que réside une ironie profonde : l’État, centralisateur et volontariste, a façonné tout un système d’enseignement supérieur pensé pour former ses élites et affirmer sa puissance, mais il se trouve aujourd’hui incapable de donner naissance à un équivalent d’Harvard justement car ce que la France a créé est devenu trop autonome. Là où Harvard, financée par des dotations et soutenue par une culture philanthropique, a réussi à bâtir un rayonnement mondial, un pays tel que la France, aussi puissant soit-il, malgré son appareil administratif et son contrôle historique sur l’éducation, se heurte à ses propres choix passés et ne peut donner de résultats comparables à ceux d’un acteur privé.

Trop de différences entre universités et Grandes Écoles

Créer une université de rang mondial supposerait donc non seulement de repenser les classes prépas, mais aussi de fusionner administrativement Grandes Écoles et universités, d’aligner leurs statuts, leurs modèles de financement et leurs cultures de sélection (quid de leur autonomie ?). Les tentatives en ce sens : PRES, initiatives d’excellence, etc. (Paris Lumières, Université de Lyon…), se sont souvent heurtées à des résistances, sinon à des échecs. Ce flou est renforcé par le millefeuille institutionnel. Il y a les universités qui sont composées de facs et parfois d’écoles composantes, les grands établissements, les écoles internes, les écoles associées, les COMUE d’hier, les EPE d’aujourd’hui, sans parler des alliances universitaires. Chaque réforme française empile une couche sans jamais supprimer les anciennes.

Afin de pallier ce problème, PSL a décidé de créer cinq « Paris Schools », afin de concilier le système dual avec d’une part, des formations très fermées, très bien dotées en moyens par étudiant ; d’autre part, des filières ouvertes à tous mais sous-financées, avec des taux d’échec importants. Mais c’est déjà trop tard, ces initiatives autonomes n’atteindront jamais la renommée et la puissance des Grandes Écoles vieilles de plusieurs siècles.

Les Grandes Écoles refusent d’être confondues dans un ensemble universitaire perçu comme moins prestigieux. HEC, en voyant le plateau de Paris-Sud se couper en deux, s’est littéralement retirée du cluster de l’université Paris-Saclay dont elle était censée être initialement « composante » ; peut-être parce que cela aurait complexifié ses doubles diplômes avec l’X qui appartient à l’IP Paris. Le principal problème est que les acteurs individuels ne sont jamais disposés à renoncer à leur marque propre via leur dilution dans un grand ensemble, même dans le but de créer à long terme un Harvard à la française pourtant beaucoup plus puissant.

Noyer les compétences et les diplômes, vraiment ?

Aussi la fusion complète entre écoles et universités reste-t-elle rare, parce que l’efficacité organisationnelle diminue avec la taille : la bureaucratie augmente, les décisions sont plus lentes, et la créativité peut s’étioler. C’est pour cela que certaines écoles d’ingénieurs comme Centrale Lille, l’institution lilloise du groupe Centrale, est elle-même composée de trois autres sous-écoles. Solution efficace pour éviter la dilution des compétences certes, mais absolument illisible pour le commun des mortels ! Surtout que cela n’est vu que comme un prétexte : les universités américaines ont beau être géantes, elles sont, pour autant, décentralisées.

De plus, les alumni des Grandes Écoles, notamment ceux issus des filières d’élite comme Polytechnique, l’ENA (désormais INSP), le corps des Mines, Science Po, HEC… occupent historiquement une part considérable des postes de pouvoir dans l’État, les grandes administrations et les cabinets ministériels. Cette surreprésentation a façonné une culture où la distinction entre Grandes Écoles et universités constitue un avantage stratégique pour ces diplômés, car elle maintient la rareté du signal et donc la valeur de leur diplôme.

La France n’a pas assez de moyens pour créer son Harvard ?

Le modèle de financement constitue un autre obstacle. Harvard dispose, par rapport à la France, d’un « endowment » colossal, alimente ses ressources par des droits d’inscription élevés, compensés par un système massif de bourses, et bénéficie de mécénat privé. En France, l’enseignement supérieur repose sur une logique de quasi gratuité, qui rend difficile l’émergence d’établissements puissamment financés. D’autant que, si l’État injectait de l’argent public, les Français ne verraient pas forcément d’un bon œil une dilapidation de leurs impôts justifiée par un projet d’envergure sans conséquences directes pour eux.

Des priorités différentes

En fait, le classement de Shanghai, très médiatisé en France, a suscité un intérêt bien plus marqué que dans des pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, dont les universités figurent aux meilleures places. Car voir si peu d’universités françaises a dû être un choc au ministère de l’Enseignement supérieur, et le sentiment de  « déclassement » à cette période dans certains domaines (santé, culture, industrie…) était réel.

Et l’éducation n’y échappe pas : elle a conduit les pouvoirs publics français à adopter des orientations parfois contraires à « l’esprit de service public », telles que la constitution de regroupements universitaires parfois jugés artificiels, dans une logique de concurrence et de rationalisation économique. L’objectif affiché est d’améliorer la position de la France dans ce classement et lui redonner l’attractivité qu’elle mérite, bien que les effets concrets de cette politique ne restent pour l’heure pas clairement perceptibles à l’échelle mondiale en dehors de rares universités franciliennes consolidées.

Réformer le système

Certains établissements ont néanmoins tenté de se rapprocher du modèle américain. Les IEP, dont Sciences Po Paris, avec leurs sélection sur dossier post-bac, incarnent une certaine hybridation. Les INP (Instituts nationaux polytechniques), qui regroupent plusieurs écoles d’ingénieurs régionales, sont des réussites. Dauphine, seule université de France autorisée à appliquer une sélectivité à l’entrée de la L1, suit aussi cette voie, tout comme les Instituts (privés) catholiques qui proposent une sélection sur dossier et entretien, tout en délivrant des diplômes reconnus par l’État.

Paris Sciences et Lettres, Paris-Saclay, Sorbonne Université et l’Université Paris Cité, toutes quatre issues d’un regroupement, se placent toutes dans le top 60 du classement de Shanghai 2025, ce qui était impensable il y a 20 ans. Ambitionnant de réunir sous une même bannière recherche, université et écoles partenaires, PSL le fait sous le titre de « Grand Établissement ». Dans cette même logique, l’EFREI ou le Centre de Formation des Journalistes (CFJ) sont devenues composantes de Paris II – Panthéon Assas.

Le retour de l’ancienne Sorbonne ?

Malheureusement, aucun établissement ne disposera du poids symbolique, financier et institutionnel d’une université comme Cambridge ou Oxford, car l’université de Paris était « garante » de ce rôle symbolique avant sa dissolution en 1968. Tant que les formations d’élite en France demeureront institutionnellement séparées des universités, les autres formations universitaires dans des domaines comme le management, l’ingénierie, la science politique… resteront systématiquement reléguées au second plan, tant en termes de notoriété que dans le niveau brut des étudiants.

Deux des seules disciplines faisant exception en France sont la médecine, qui n’a pas d’école rivalisant avec le concours PASS, et le Droit. Et même là encore, certaines écoles d’avocats prospèrent, tandis que les magistrats sont obligés de passer par l’ENM… Encore et toujours  cette séparation, qui empêche l’émergence d’universités françaises pleinement compétitives. L’intégration (relative) des ENS et des IEP dans certaines universités des villes auxquelles elles appartiennent est déjà un premier pas. Les fusions récentes des universités parisiennes cette dernière décennie en est un autre, pour redorer, sur le long terme, le blason d’une Sorbonne unifiée.

La France dispose d’un Harvard, mais dilué

Toutefois, les talents, les ressources pédagogiques, les réseaux professionnels, les financements et la sélectivité sont concentrés dans ces Grandes Écoles, qui privent les universités de l’effet de prestige critique nécessaire pour rivaliser avec des institutions comme Oxbridge ou la Ivy League. Or ce qui rend ces dernières puissantes, c’est précisément qu’elles concentrent dans un seul et même lieu, et sous un même nom, à la fois les formations de masse, les centres de recherche et les cursus les plus sélectifs, ce qui donne lieu à une émulation intellectuelle inouïe entre futurs médecins, ingénieurs, ministres…

En réalité, il faudrait que nos universités soient aussi sélectives que nos Grandes Écoles dès la première année (et pas qu’en Master), et appliquant une sélectivité nationale, et non basée sur la localisation de son domicile, ce qui est impensable aujourd’hui dans notre modèle républicain. Par exemple, la Harvard Business School forme une élite managériale strictement égale à celle d’HEC en France d’après les classements, mais elle le fait en étant une faculté intégrée à l’université d’Harvard, bénéficiant alors de la visibilité, du salaire de sortie, de l’infrastructure et de la puissance de l’ensemble !

Maintenant, prenez l’INSP (ex-ENA), l’école qui forme les hauts fonctionnaires en France, et vous avez la Harvard Kennedy School. Et ainsi de suite. Harvard rassemble en treize entités l’ensemble des meilleures écoles de France dans chaque discipline ! La France n’a pas « un » Harvard, mais « des » minis Harvard.

Synthèse : La France, à la traîne ?

En réalité, la petite taille des universités françaises et des Grandes Écoles est l’un des facteurs les plus discriminants, mais pas le seul. Par exemple, Caltech fait presque toujours partie du top 10 des meilleures universités mondiales, bien qu’étant minuscule. La France n’est pas non plus à la traîne en termes de qualité de sa recherche ou de formation de ses élites, car ses Grandes Écoles comptent parmi les meilleures au monde dans leurs domaines (il n’y a qu’à regarder les classements sectoriels), et ses enseignants-chercheurs sortant de l’ENS sont des pointures absolues dans leurs domaines. Non, les raisons sont autre part.

La France n’est pas en retard dans son enseignement, mais simplement dans la course aux classements internationaux globaux, parce que son modèle est :

– Dispersé : universités + Grandes Écoles + organismes de recherche séparés, ce qui désavantage ces trois acteurs.

– Peu financé, comparé au modèle privé de dotation chinois ou anglo-saxon.

– Francophone : Elle ne peut pas s’ouvrir pleinement à l’international car la majorité des cours sont en français.

– Peu connu / Récent : Les universités parisiennes notamment résultent de la Sorbonne originelle et n’ont pas eu le temps d’acquérir une notoriété mondiale, bien que certaines aient gardé « Sorbonne » dans leur nom pour perpétuer l’héritage tout en jouant sur cette renommée.

– Non élitiste : La sélection se fait soit à l’université en Master (ou marginalement en Magistère et en CPES à la fac), soit dans de toutes petites structures, ENS, IEP, Grandes Écoles…

– Mal compris : Le public mondial mais aussi certains classements ne comprennent pas le modèle atypique de la France. Par exemple, certains rankings classent encore Polytechnique en dehors de l’IP Paris (en connaissance de cause ou non), alors que d’autres l’intègrent.

– Mécaniquement désavantagé par la méthodologie des classements, qui accordent une grande place au nombre d’étudiants étrangers, aux débouchés, à la RSE, et aux salaires de sortie.

Ces dernières années, la France a surtout, par ses différents projets de coalition en recherche, progressé dans l’un des classements les plus attendus : celui de Shanghai, mais pas nécessairement dans les autres : Times Higher Education, Quacquarelli Symonds…

Conclusion : Un nouveau départ

Le prestige académique américain ne découle pas d’écoles séparées, mais de la capacité des universités à absorber en leur sein les filières d’excellence, sans trop de cloisonnement institutionnel. Pour sortir de cette impasse, la France pourrait un jour envisager une refonte profonde de son système de formation supérieure, en réintégrant ses formations d’élite au sein de grandes universités pluridisciplinaires et sélectives, sur le modèle des collèges américains. Avec des formations d’élite, mais gratuites, les grandes écoles onéreuses pourraient à long terme, commencer à être délaissées.

Tant que la France n’engagera pas cette réforme de fond, les universités françaises resteront invisibles dans les grandes compétitions académiques internationales, tandis que les Grandes Écoles ne brilleront que dans un domaine particulier, comme aujourd’hui, mais sans véritable poids global.

Le système français dans son ensemble continuera alors à souffrir d’une dualité freinant son rayonnement, bien qu’il soit au niveau sur le plan académique. Une question se pose : revoir l’appellation de « méritocratie républicaine » pour jauger son nouveau modèle. Car réconcilier excellence et massification, sélection et ouverture, prestige et démocratisation, reste l’un, si ce n’est le défi majeur de l’enseignement supérieur français aujourd’hui.

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