Que pensent vraiment les Français des Grandes Écoles ? Sont-elles encore vues, avec la prépa, comme la voie royale qui mène au monde professionnel ?

La Conférences des Grandes Écoles (CGE), en collaboration avec IPSOS, a mené une enquête auprès de 1 000 répondants, dont 231 jeunes de 16 à 20 ans et 356 parents ayant au moins un enfant entre 16 et 20 ans pour le déterminer.

 

La Grande Ecole, un gage d’enseignement de qualité

Dans l’esprit des Français, les études doivent permettre une meilleure insertion professionnelle (pour 40% des répondants), un meilleur épanouissement personnel (36%), des compétences clés pour évoluer dans les secteurs d’avenir (33%) et un meilleur salaire (25%).

Au total, ils sont 82% à avoir une bonne image des Grandes Ecoles et pour eux, les cours dispensés sont de qualité (90%) et correspondent à ce qu’on attend des diplômés dans le monde du travail (75%).

 

Faire une Grande École : la clé pour entrer sereinement dans le monde du travail ?

D’après l’étude CGE, 76% des Français pensent qu’une formation en Grande École permet de se constituer un réseau professionnel. 75% des interrogés, pensent que ce type de cursus permet de travailler ou débuter une carrière à l’étranger plus facilement et 73% estiment qu’il est plus facile de trouver un CDI facilement avec un diplôme de Grande École.

La pratique corrobore la théorie : l’insertion des diplômés de Grande Ecole est très bonne. Avec la montée en puissance des « bullshit jobs », les jeunes diplômés recherchent de plus en plus une adéquation entre leur travail et leurs valeurs. Ils rejettent les anciennes méthodes de management et préfèrent plus volontiers un manager « coach », qui les aide à apprendre et à évoluer au sein de l’entreprise. De même, la nouvelle génération souhaite un environnement de travail souple (home office, horaires flexibles), qui permet un bon équilibre vie pro/vie perso.

Pourtant, le changement des modes de travail (flex-office, nomadisme, télétravail) est cité comme dernier enjeux pour la fidélisation des employés : seuls 27% des recruteurs le considèrent comme essentiel. Ils lui préfèrent l’amélioration de la qualité de vie et le bien-être au travail (59%), l’égalité homme-femme (59%), les perspectives d’évolution en interne (58%), l’accompagnement à la reconversion via des formations (42%) et la politique RSE (33%).

Selon les recruteurs, les jeunes talents construisent leur carrière étape par étape, ils ont une loyauté sincère mais éphémère, car ils sont ouverts et attentifs aux opportunités internes comme externes. Selon un RH d’une grande entreprise : « Si au bout de trois ans, ils n’ont pas trouvé ce qui leur convient, ils démissionnent. » Pour conserver ces talents, l’entreprise devra donc se montrer formatrice et montrer d’emblée les perspectives d’évolution.

 

Malgré les a priori positifs, le chemin menant à une Grande École est semé d’embûches

Même si 72 % des Français pensent que faire une Grande École est un investissement financier rentable sur le long terme, 68% des parents interrogés estiment que le coût est trop élevé.

Néanmoins, ils sont tout de même 70% à souhaiter que leurs enfants intègrent une Grande École, contre seulement 41% des jeunes, qui sont nombreux à penser qu’ils n’ont pas le niveau pour intégrer une Grande École (43%).

Pour les jeunes (35%) comme pour leurs parents (31%), les Grande écoles arrivent premières en tant que formation inspirant le plus confiance pour l’avenir, avant le BTS.

Enfin, on peut constater un certain manque de communication à propos des études. En effet, 73% des répondants se considèrent « assez peu » ou « pas du tout » informés sur l’enseignement supérieur et cette proportion est de 66% au sujet des Grandes écoles.

Concernant les principales sources d’informations des jeunes, celles-ci restent en priorité les forums ou salons (cités par 60% des répondants), les établissements scolaires (53%) et les autres étudiants (42%).