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Interview de Félix Papier, Directeur du programme Grande École de l’ESSEC

Nous avons récemment posé la question : Qui sont les directeurs d’écoles de commerce ? Cette fois-ci, nous nous attaquons aux directeurs des programmes Grandes Écoles. Que font-ils exactement ? Quel parcours ont-ils ?

Et qui est mieux placé qu’un directeur de programme Grande École pour parler de cette profession ? Nous avons eu la chance d’interviewer Félix Papier, Directeur Général du programme Grande École de l’ESSEC BS, pour répondre à nos questions.

Avant toute chose, rappelons le parcours de M. Papier. Après un MSc en systèmes d’information à l’université de Münster en Allemagne, il devient docteur en recherche opérationnelle à l’université de Cologne. Enfin, il intègre l’ESSEC BS en tant que professeur en 2011 avant de devenir Directeur Adjoint ainsi que Directeur du Programme Grande École.

 

Votre fonction est particulière, vous êtes à la fois Directeur Adjoint et Directeur du Programme Grande École (PGE) de l’ESSEC. Est-ce pareil dans les autres écoles ?

Non, cela dépend un peu des écoles. Je ne suis pas au courant de ce que font toutes les autres, mais je pense qu’il y a des écoles où le PGE prend beaucoup de place donc le directeur du programme Grande École est directement rattaché à la direction générale. À l’ESSEC, par exemple, le PGE est le plus grand programme mais il y a également le Global BBA, les masters, etc., et il faut avoir quelqu’un qui a une vision sur tous les programmes. À l’inverse, à ma connaissance, l’ESCP Europe a un Directeur du Programme Grande École [N.D.L.R. : Thomas Allanic] et un Directeur Général Adjoint [N.D.L.R. : Léon Laulusa] pour l’ensemble des programmes.

Je trouve notre modèle bon, car cela me permet à la fois d’être au contact des étudiants, d’avoir une bonne connaissance des enjeux des différents programmes et de représenter l’ensemble des programmes au niveau de la Direction Générale.

 

En quoi consiste concrètement la fonction de DPGE ? Quelles sont vos missions ?

C’est une bonne question, je me la pose assez souvent (rires). Je n’ai pas de réponse toute faite. En tant que Directeur du Programme Grande École, je suis responsable du développement du programme. Je travaille très étroitement avec plusieurs équipes, comme par exemple la direction des études de Marie-Noëlle Koebel, avec l’idée de définir et de mettre en place la stratégie du programme. Il y a également le Comité d’Enseignement, le Comité Pédagogique, le Directeur Général, et le Comité Exécutif de l’école comme parties prenantes.

Mes missions sont de définir la stratégie, de la mettre en œuvre, et aussi d’être le représentant des étudiants. Dans la partie opérationnelle, Marie-Noëlle Koebel, le Service des Études et moi nous répartissons les questions des étudiants. Quand cela concerne le programme en soi, je suis ravi de recevoir les étudiants. Par exemple, si un groupe d’étudiants demande une nouvelle filière ou plus d’échanges avec un certain pays, il peut toujours me solliciter.

 

Vous demandez également régulièrement l’avis de vos étudiants à travers des sondages. Vous les utilisez donc pour décider de chaque cours, chaque séminaire en fonction des résultats ?

Nous décidons ce qu’il y a précisément dans le programme, comment cela se met en place, afin de mettre en phase les attentes des étudiants avec celles des entreprises pour leur insertion professionnelle, avec l’avis du corps professoral. Pour cela, nous regardons les retours des étudiants et ceux des professeurs et intervenants pour les deux cycles, du pré-master jusqu’au master. Ensemble, avec le Service de la Mobilité Étudiante, nous définissons les bons partenaires d’échange, les bons doubles diplômes. Je passe une partie de mon temps sur les potentiels nouveaux doubles diplômes afin de compléter notre portefeuille.

Dans mon autre fonction de Directeur Général Adjoint pour les programmes pré-expérience, je travaille avec les directeurs des autres programmes, nous regardons les grands axes de développement.

En septembre, nous avons créé une nouvelle organisation à l’ESSEC avec trois business units. L’idée est d’avoir trois unités autour de trois cibles de personnes différentes. Nous avons donc créé un business unit autour des entreprises ; un pour toutes les interactions avec des cadres, des formations pour les cadres, pour les programmes MBA ; et un pour toutes les activités en lien avec des étudiants (pré-expérience), dont j’ai la responsabilité. Pour ce business unit, nous avons également fait le choix d’associer la plupart des fonctions qui interviennent auprès des étudiants. En ce sens-là, le business unit comprend aussi la partie vie étudiante et les services carrières. L’idée était d’aller au-delà du programme même, de montrer que les étudiants peuvent avoir beaucoup d’interactions, qu’ils peuvent être accompagnés. […] Tout ceci est nouveau mais je pense que c’est une bonne idée de voir le parcours à l’ESSEC, non pas comme un simple parcours académique, mais comme une expérience qui est multidimensionnelle.

 

Comment devient-on Directeur Général Adjoint et Directeur du Programme Grande École ? Y a-t-il un mercato comme chez les Directeurs Généraux ?

Oui, je pense que ça existe un petit peu. Ce n’est pas le cas à l’ESSEC, ici, le Directeur du Programme Grande École est toujours un membre du corps professoral qui a un mandat de durée limitée. C’est une volonté de l’ESSEC, pour avoir à la fois le contact et la légitimité avec le corps professoral et une bonne connaissance de la maison. […] Mais je pense que d’autres écoles cherchent aussi à l’extérieur pour pourvoir le poste.

 

Par rapport aux programmes GE proposés par les autres écoles, de quelle manière allez-vous essayer de différencier le programme de l’ESSEC ?

Cette question appelle de multiples réponses et c’est justement notre grand défi : comment proposer un programme qui garantit une très belle insertion professionnelle, qui se distingue d’autres programmes, et qui fait que vous avez envie de venir chez nous ? Ce sont les grandes questions que nous nous posons en permanence et il n’y a pas qu’une bonne réponse.

Il faut être très attractif sur l’offre à l’international, mais également être très clair sur les valeurs que nous partageons. Je pense que la place des valeurs devrait être encore plus soutenue à l’avenir car il y a des étudiants qui ont envie de venir chez nous pour ces valeurs. Il faut aussi travailler sur une forme hybride des parcours, avec les doubles diplômes. Il faut rester en très bon contact avec les entreprises, c’est la clé du programme. Il faut mieux définir les filières, créer de nouvelles chaires, penser à de nouveaux modèles d’interaction avec des entreprises et à de nouveaux modes d’enseignement. C’est notre priorité mais les autres écoles réfléchissent de leur côté, donc c’est un environnement assez concurrentiel, mais qui est stimulant car cela nous pousse à être plus innovants. Ce n’est pas gagné d’avance, c’est un travail de tous les jours. Puis chacune des écoles a sa propre vision stratégique et mettra peut-être l’accent sur autre chose.

 

Comme vous avez la chance d’être également Directeur Adjoint et donc de côtoyer tous les programmes de l’ESSEC, comment travaillez-vous sur les différents programmes ? Quelles sont vos propositions en fonction des programmes ?

Pédagogiquement, les programmes sont très différents. Ils s’adressent à différentes cibles et n’ont d’ailleurs pas les mêmes objectifs. Pour le MBA (qui n’est pas dans mon périmètre), c’est un programme avec des personnes qui ont déjà une expérience professionnelle, par conséquent, la pédagogie s’oriente plutôt autour du partage d’expériences. À l’inverse, le programme BBA peut être un peu plus scolaire au début. En termes de projet professionnel, c’est aussi très différent : pour le programme BBA, le but est de se créer un projet professionnel en quatre ans et de le tester avec les stages, alors que les étudiants sont confrontés assez rapidement à la question : qu’est-ce que je souhaite faire ? Les admis sur titre (AST) du PGE sont souvent un peu plus avancés sur cette question car ils ont fait déjà des études et ont donc une première expertise. On s’adapte au mieux avec les objectifs de chacun.

Néanmoins, je pense qu’il y a quand même des parties communes entre les programmes, à la fois les valeurs prônées par l’école mais aussi la flexibilité, spécificité de l’ESSEC par rapport aux autres écoles. Dans tous les cas, c’est notre volonté de proposer un éventail d’expériences académiques mais aussi professionnelles, entrepreneuriales si vous le souhaitez, internationales, associatives…

Nous devons insister sur la spécificité du PGE, qui est de proposer une multitude d’expériences mais de laisser la responsabilité aux étudiants de construire leur propre parcours, dans l’ordre qu’ils souhaitent, en leur permettant de s’intéresser à diverses matières et expériences, tout en les accompagnant dans la construction de leur projet professionnel.

 

Enfin, pour vous, qu’est-ce qui fait un bon programme Grande École ?

Un bon programme Grande École est un programme qui permet aux étudiants d’avoir tous les outils et toutes les compétences pour être des personnes qui agissent librement, qui construisent leur vie, leur projet professionnel, qui ont de bonnes valeurs et qui sont responsables. Maintenant, chacun définit le terme de « responsable » avec ses propres valeurs.

C’est une réponse assez vaste mais c’est lié à la diversité du programme, car la pluralité des parcours à l’ESSEC, dans le PGE, est assez impressionnante. L’objectif du PGE ne devrait pas être de proposer aux étudiants un nombre limité d’issues mais plutôt de dire : « c’est à vous de définir votre issue, nous, on vous donne tous les outils pour réussir. »

 

Nous tenons à remercier M. Félix Papier pour sa disponibilité et son enthousiasme pour nous expliquer sa profession.

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