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Avec la School of Technology, ESCP entend donner une culture scientifique à tous ses étudiants

Fin février, Cédric Denis-Rémis a rejoint ESCP au poste de vice-président executif en charge de l’executive education, des relations entreprises et de la School of Technology. Il était auparavant vice-président chargé du développement, de l’innovation et des modèles économiques de l’Université PSL après avoir occupé les fonctions de directeur adjoint de Mines-Paris PSL. Sa carrière l’a aussi précédemment conduit quelques années en Chine, ou il a notamment occupé le poste de Dean de Shanghai JiaoTong ParisTech Institute of Technology. Celui qui se définit comme un « entrepreneur académique » a été convaincu par le projet ESCP School of Technology, dont il pilote l’ouverture, programmée pour la rentrée 2027. Il revient pour Business Cool sur sa prise de poste et les objectifs portées par ESCP School of Technology.

Votre trajectoire professionnelle est fortement marquée par la science et la « tech ». Pourquoi avoir rejoint ESCP Business School ?

Cédric Denis-Rémis. Par la création d’une School of Technology, ESCP montre son attachement fondamental aux sciences et à la « tech » et la place importante que ces sujets sont en train de prendre au sein de la formation des futurs diplômés de l’école. Notre métier est de les préparer à prendre des décisions ayant des impacts majeurs sur le monde de demain. Scientifiques, prospectivistes, économistes, entrepreneurs… beaucoup travaillent à imaginer l’avenir, mais personne ne sait réellement de quoi il sera fait. Dans cet univers en constante mutation, façonné par des technologies en évolution permanente, une chose demeure fondamentale : la science. Alors que la technologie pourrait être totalement révolutionnée dans cinq à dix ans, les lois fondamentales qui régissent notre monde — en physique, en chimie, en biologie ou en mathématiques — resteront, pour l’écrasante majorité, inchangées.

ESCP ne deviendra pas une école d’ingénieurs, mais avec la School of Tech, nous allons permettre à tous nos étudiants d’acquérir une « scientific literacy » grâce à laquelle ils travailleront de manière fluide avec les concepteurs des outils tech, notamment. Nos étudiants que des carrières chez Apple ou Meta font rêver, ceux qui envisagent de travailler dans les secteurs du numérique, de la santé ou même de la défense, ont tout à gagner à disposer de connaissances leur permettant de comprendre ce monde de plus en plus hybridé.

À un moment de notre histoire où une partie du grand public doute de la science, ESCP réinjecte ces enseignements dans ses programmes pour redonner de la confiance. Ce n’est pas du « science washing » : il y a un travail de fond très important sur le contenu des maquettes pédagogiques afin d’être à la hauteur des attentes et de la réputation d’ESCP.

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« ESCP ne deviendra pas une école d’ingénieurs, mais tous ses étudiants devront comprendre la science »

Quels seront les programmes proposés par ESCP School of Technology ? Sur lesquels de vos campus seront-il déployés et qui seront les enseignants ?

Cédric Denis-Rémis. À compter de la rentrée 2027, le Bachelor Management et Technology sera accessible via Parcoursup. Les enseignements s’organiseront selon trois grandes composantes : management, science et tech. Ce programme va résoudre le dilemme de nombreux lycéens attirées par les études en management qui regrettent d’avoir à abandonner des disciplines comme la physique, la chimie ou encore la biologie ! Le programme couvrira des fondements scientifiques et technologiques — de la physique des ondes à la synthèse protéique — pour outiller les étudiants à dialoguer avec des experts (ingénieurs, scientifiques et médecins) et à évaluer les réponses de l’IA avec un regard averti.

La School of Tech diffusera également ses enseignements auprès des étudiants du programme Grande École d’ESCP, dans le cadre de mineures de 30 à 120 heures qu’ils pourront choisir à partir du cycle Master sans qu’il leur soit nécessaire de disposer de pré-requis scientifiques spécifiques. Ils seront ainsi (ré)équipés des bases en sciences, et je fais le pari que les demandes pour intégrer les doubles diplômes manager/ingénieur que nous proposons aujourd’hui avec Centrale Supelec, l’ENSAE et  Mines Paris vont augmenter significativement suite à la mise en place de ces enseignements.

Les programmes de la School of Technology ouvriront progressivement sur tous les campus ESCP, ce qui enrichira une offre de formation permettant déjà à nos étudiants de vivre un « Eramus inhouse » en partant à Londres, Berlin, Turin, ou Madrid. Où qu’ils étudient en Europe, ils pourront suivre les cours de la School of Tech, qui recrute son propre corps professoral en bénéficiant également de l’expertise des membres de la Faculté ESCP spécialistes des sujets de big data ou d’intelligence artificielle notamment. L’école n’a pas attendu la création de cette « School » pour travailler sur la transformation numérique et l’innovation !

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« Il n’existe pas de grande puissance qui n’ait investi dans la formation scientifique de sa jeunesse »

Vous avez passé près de 10 ans en Chine. Comment cette grande puissance économique mondiale perçoit-elle les Grandes Écoles de management françaises, et en particulier ESCP ?

Cédric Denis-Rémis. Nous avons récemment célébré les résultats du dernier ranking du Financial Times qui classe le EMBA d’ESCP 1e européen et 3e mondial. De fait, les « petits poucets » que sont les Grandes Écoles françaises bénéficient d’une reconnaissance internationale. La Chine, en particulier, nous regarde comme un pays de l’enseignement supérieur. Plus de 250 Grandes Écoles, 71 universités, 25 000 formations sur Parcoursup… Ils comprennent notre complexité car elle est un héritage de notre histoire. Ils reconnaissent la valeur de l’excellence académique française.

Quel enseignement tirer de ce pays qui affichait une économie d’un pays en vois de développement il y a 50 ans et qui est aujourd’hui le leader mondial des techs ? Il n’existe pas de grande puissance qui n’ait décidé, à un moment de son histoire, d’investir dans la formation de sa jeunesse à la science et aux technologies. C’est une chance pour la France, et pour l’Europe également, de voir ses citoyens se former notamment au sein d’ESCP School of Technology pour pouvoir participer à la réindustrialisation du continent. L’ouverture prochaine d’une école « sœur », la School of Governance, porte également des ambitions parfaitement alignées avec celles d’une institution Européenne comme ESCP.

Photo ©Daniel Nicolaevsky

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