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Présidentielle 2027 : les propositions de la CGE pour l’enseignement supérieur et la jeunesse

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la Conférence des grandes écoles (CGE) veut replacer la jeunesse, l’enseignement supérieur et la recherche au centre du débat public. Lors de sa conférence de presse du 1er octobre 2026, l’organisation a présenté une série de propositions qu’elle entend désormais porter auprès des futurs candidats, avec un mot d’ordre : « Faire de la jeunesse une priorité pour l’avenir de la France ».

Pour l’organisation, les enjeux qui traversent actuellement l’enseignement supérieur dépassent largement les campus : intelligence artificielle, réindustrialisation, transition écologique, attractivité des territoires ou encore besoins en compétences. Delphine Manceau, présidente de la CGE (au centre sur la photo), place l’enseignement supérieur et la recherche au cœur des enjeux de souveraineté économique, scientifique et technologique de la France.

Les 7 axes des propositions de la CGE

La Conférence des grandes écoles représente aujourd’hui près de 250 établissements répartis dans une centaine de villes et 500 000 apprenants. À travers cette prise de parole, elle entend donc peser sur la campagne présidentielle en soumettant aux candidats une série de sujets qu’elle souhaite voir figurer parmi les priorités du futur chef de l’État. Orientation, recherche, attractivité internationale, liens avec les entreprises… Voici les propositions portées par la CGE à l’approche de la présidentielle 2027 :
PROPOSITION PRINCIPALES MESURES
1. Mieux orienter les étudiants • Orientation : clarifier l’offre de formation et renforcer la présence du supérieur dans les lycées. • Sciences : développer les sciences, la connaissance de l’industrie et la féminisation des filières scientifiques. • Admissions : revoir le calendrier des décisions d’admission dans le supérieur.
2. Rendre les études accessibles à tous • Bourses : finaliser leur réforme, renforcer les politiques sociales et développer les places en internat. • Apprentissage : pérenniser l’apprentissage dans le supérieur. • Handicap : harmoniser les dispositifs et créer un statut spécifique.
3. Améliorer l’expérience étudiante • Campus : les rendre plus accessibles, sobres en énergie et résilients. • Santé : développer les soins de proximité, notamment en santé mentale. • Logement : amplifier la construction de logements étudiants.
4. Investir durablement dans la recherche • Financement : adopter une stratégie nationale avec une programmation financière pluriannuelle. • Entreprises : rapprocher recherches publique et privée et mieux valoriser le doctorat. • Entrepreneuriat : soutenir l’entrepreneuriat issu de la recherche.
5. Attirer les talents internationaux • Procédures : simplifier la sélection et l’accueil des publics internationaux. • Visas : instaurer une politique plus claire et stable. • Accueil : mieux former les personnels des établissements.
6. Former à l’IA et aux compétences stratégiques • Formations : faire évoluer plus rapidement les cursus dans les domaines stratégiques. • IA : former étudiants et personnels aux usages et enjeux de l’intelligence artificielle. • Formation continue : accompagner les actifs dans les grandes transitions et l’IA.
7. Donner plus de moyens d’action aux établissements • Pilotage : décloisonner l’enseignement supérieur avec un comité interministériel dédié. • Territoires : mieux répondre aux besoins des entreprises et des territoires. • Autonomie : renforcer l’autonomie financière, humaine et immobilière des établissements.

Orientation, accessibilité : la CGE veut « donner à la jeunesse les moyens de réussir »

Mieux accompagner les lycéens dans leur orientation

Face à une offre de formation de plus en plus importante, la CGE estime nécessaire de rendre l’enseignement supérieur plus lisible. Selon les chiffres présentés lors de la conférence de presse, 25% des lycéens se disent insatisfaits de la qualité de leur orientation. L’objectif affiché est de permettre aux lycéens et à leurs familles de mieux identifier les différences entre les établissements, les diplômes proposés et leurs débouchés. La CGE souhaite pour cela renforcer la présence des établissements d’enseignement supérieur dans les lycées et clarifier l’offre de formation par une régulation accrue. L’organisation veut également développer davantage la place des sciences et la connaissance du monde industriel dès le secondaire. Un effort particulier serait consacré à la féminisation des filières scientifiques et techniques, dans lesquelles la CGE estime qu’une marge de progression demeure importante. Cette volonté s’accompagne d’un discours plus large sur l’adéquation entre les formations et les besoins futurs du pays. Pendant la conférence, les besoins en ingénieurs, chercheurs et techniciens spécialisés ont notamment été mis en avant. Une logique qui soulève toutefois une question : comment mieux informer les lycéens sur les débouchés sans réduire leur orientation aux seuls besoins immédiats du marché du travail ?   Voir aussi. Le Grand Salon des Grandes Écoles 2026 : venez rencontrer les Grandes Écoles de management de la CGE les 6, 7 et 8 novembre à Paris 

Des admissions dans le supérieur dès janvier ?

La CGE propose de réviser le calendrier des décisions d’admission dans l’enseignement supérieur afin de fluidifier le passage entre le secondaire et le supérieur. L’organisation est même allée plus loin en évoquant la possibilité pour les lycéens de connaître leur admission dès le mois de janvier, sous réserve ensuite de l’obtention du baccalauréat. La CGE pointe notamment le décalage entre le calendrier français et celui d’établissements étrangers capables de donner une réponse beaucoup plus tôt aux candidats. Certains lycéens français ou étudiants internationaux pourraient ainsi choisir une formation à l’étranger avant même d’obtenir une réponse définitive en France. Une décision anticipée aurait également des conséquences très concrètes : les futurs étudiants pourraient savoir plusieurs mois à l’avance dans quelle ville ils étudieront et commencer leurs recherches de logement. Du côté des établissements, connaître plus tôt les effectifs et les profils attendus faciliterait la préparation de la rentrée. Mais avancer les admissions à janvier impliquerait aussi de repenser les modalités de sélection. À ce stade de l’année scolaire, les établissements disposeraient nécessairement de moins d’éléments sur l’ensemble de l’année de terminale.  

Admission en janvier : une seconde chance en MBA

Bourses, prépas, apprentissage : rendre les études plus accessibles

Pour la CGE, améliorer l’orientation ne suffit pas si les étudiants ne disposent pas ensuite des moyens matériels leur permettant de poursuivre leurs études. Elle demande notamment de finaliser la réforme des bourses, de permettre aux établissements de développer des politiques sociales plus ambitieuses et d’augmenter les capacités d’accueil dans les internats des classes préparatoires.

L’apprentissage constitue également un axe important des propositions. La CGE souhaite pérenniser l’apprentissage dans l’enseignement supérieur, qu’elle présente notamment comme un moyen de sécuriser les parcours et de favoriser l’ouverture sociale.

Enfin, l’organisation demande une meilleure prise en compte des étudiants en situation de handicap, avec une harmonisation des dispositifs existant dans le secondaire et le supérieur et la création d’un statut spécifique.

Santé mentale et logement : améliorer les conditions de vie étudiantes

La CGE souhaite notamment développer des soins de proximité, particulièrement dans le domaine de la santé mentale, et amplifier la construction de logements étudiants. Elle propose également de rénover les campus afin de les rendre plus accessibles, moins énergivores et plus résilients face aux aléas climatiques. Ces objectifs sont clairement identifiés, mais leur mise en œuvre pose une autre question : celle des moyens. Les propositions publiées par la CGE ne détaillent pas le coût de ces différentes mesures ni la répartition précise de leur financement entre l’État et les établissements.

Recherche : la CGE réclame un investissement d’au moins 3% du PIB

Sortir la recherche des « aléas budgétaires »

Pour la CGE, les laboratoires ne peuvent pas construire leurs projets en fonction des seules variations budgétaires annuelles. Elle réclame donc une stratégie nationale pour la formation, la recherche et l’innovation, accompagnée d’une programmation financière pluriannuelle. Son objectif chiffré est particulièrement ambitieux : atteindre au moins 3% du PIB pour le financement de la recherche française. La CGE estime qu’une visibilité financière à long terme permettrait aux établissements et organismes de recherche de recruter, d’investir et de préparer leurs projets sur plusieurs années, notamment dans un contexte de départs à la retraite de chercheurs et d’enseignants-chercheurs. Derrière cet investissement, la CGE défend également une conception stratégique de la recherche : produire des connaissances, mais aussi préserver la capacité de la France à innover et à maîtriser certaines technologies considérées comme essentielles.

Rapprocher davantage recherche et entreprises

Parmi ses propositions figurent le renforcement des liens entre recherche publique et recherche privée, l’accélération du transfert des connaissances vers les entreprises, une meilleure valorisation doctorat et le soutien à l’entrepreneuriat issu de la recherche. Cette orientation correspond à l’un des fils rouges du projet de la CGE : rapprocher davantage formation, recherche et besoins économiques. Elle suppose néanmoins de trouver un équilibre entre la valorisation économique des découvertes et les autres missions de la recherche, qui ne répondent pas nécessairement à des applications immédiates.

Étudiants internationaux : la France peut-elle rester attractive ?

23% d’étudiants internationaux dans les Grandes écoles

Les étudiants internationaux représentent aujourd’hui 14% des étudiants en France, une proportion qui atteint 23% au sein des Grandes écoles, selon les chiffres communiqués par la CGE. Leur présence aurait un impact économique évalué à 5 milliards d’euros par an. Mais l’organisation alerte sur une perte de vitesse : malgré la progression du nombre d’étudiants accueillis, la France aurait reculé de quatre places en dix ans dans la compétition international entre pays d’accueil. Pour la CGE, l’enjeu dépasse les seuls effectifs d’établissement. L’accueil d’étudiants étrangers  est présenté à la fois comme un moyen de répondre aux besoins en compétences scientifiques et techniques, un enjeu économique et un outil d’influence internationale pour la France.

Visas et démarches administratives dans le viseur de la CGE

L’organisation cible et demande en particulier de simplifier et harmoniser les procédures de sélection et d’accueil des étudiants, doctorants, chercheurs et enseignants-chercheurs internationaux. Elle souhaite également instaurer une politique de visas « plus claire et stable » et former davantage les personnels des établissements chargés de ces publics. Pendant la conférence de presse, les représentants ont notamment évoqué le cas d’étudiants internationaux venus passer des concours en France mais confrontés ensuite à de nouvelles démarches administratives ou de visa après leur admission. Ces difficultés pourraient, selon l’organisation, conduire certains d’entre eux à choisir finalement un autre pays ou une autre formation.

Quelle position face aux propositions sur l’immigration étudiante ?

La question de l’accueil étudiants étrangers a également conduit la CGE à être interrogée sur les positions du Rassemblement national en matière d’immigration et sur l’éventualité de préparer différents scénarios selon le résultat de la présidentielle. La CGE n’a pas souhaité se positionner en faveur ou en opposition à un candidat. Elle indique vouloir rencontrer les différentes équipes engagées dans la campagne afin de leur présenter ses propositions et les données dont elle dispose sur l’impact des étudiants internationaux. L’organisation reconnaît que ces derniers occupent une place importante dans le modèle économique des Grandes écoles, mais estime que l’enjeu dépasse leur propre fonctionnement. Selon la position défendue pendant la conférence, une diminution importante des flux d’étudiants internationaux aurait également des conséquences économiques et scientifiques pour la France.

Grandes écoles, universités et entreprises : la CGE veut décloisonner l’enseignement supérieur

Pour son dernier grand chantier, la CGE souhaite renforcer les liens entre les établissements d’enseignement supérieur, la recherche, les entreprises et les pouvoirs publics. Son principe : ne pas opposer Grandes écoles, universités ou organismes de recherche, mais les faire davantage travailler ensemble.

Adapter davantage les formations aux besoins économiques

Les besoins en ingénieurs, chercheurs et techniciens spécialisés ont été régulièrement évoqués pendant la conférence de presse. Pour la CGE, l’enseignement supérieur doit pouvoir adapter plus rapidement ses formations aux transformations économiques et technologiques. L’intelligence artificielle occupe notamment une place importante dans ses propositions. La CGE souhaite former les étudiants mais également les personnels de l’enseignement supérieur à ses usages et à ses enjeux. Elle demande aussi d’adapter la formation continue afin de faciliter la formation et la reconversion des actifs dans les secteurs liés à l’IA et aux grandes transitions. Cette volonté d’adapter plus rapidement les cursus aux compétences recherchées par les entreprises pose cependant une question plus large : jusqu’où les besoins économiques doivent-ils déterminer l’évolution de l’offre de formation ? Un enjeu qui dépasse les seules Grandes écoles et touche à la définition même des missions de l’enseignement supérieur.

Vers un pilotage plus transversal de l’enseignement supérieur ?

Pour la CGE, les difficultés viennent aussi d’un pilotage public jugé trop cloisonné. Elle propose notamment la création d’un comité interministériel consacré à l’enseignement supérieur, afin de mieux coordonner les politiques menées dans des domaines qui touchent simultanément à l’éducation, au travail, à l’économie, à l’industrie ou encore à la recherche. L’organisation demande parallèlement une politique davantage liée aux besoins des entreprises et des territoires, ainsi qu’un renforcement de l’autonomie financière, humaine et immobilière des établissements.

Présidentielle 2027 : la CGE veut convaincre les candidats concernant le sujet de la jeunesse

Avec ces propositions, la Conférence des grandes écoles cherche désormais à faire entrer l’enseignement supérieur et la recherche dans la campagne présidentielle, et appelle explicitement les candidats à faire de la jeunesse, de l’enseignement supérieur et de la recherche de véritables sujets de campagne. La CGE entend donc aller à la rencontre des différentes équipes candidates pour défendre ses mesures. Une démarche commune avec d’autres représentants de l’enseignement supérieur pourrait également émerger si leurs propositions convergent. Ses propositions permettent donc d’ouvrir plusieurs débats qui devraient accompagner la campagne : faut-il avancer fortement le calendrier des admissions ? Comment financer les nouvelles mesures en faveur de la vie étudiante et de la recherche ? Jusqu’où adapter les formations aux besoins économiques ? Et quelle politique la France souhaite-t-elle mener pour continuer à attirer les étudiants internationaux ?  

La CDEFM dévoile ses 20 propositions pour la présidentielle 2027

 

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