Ce jeudi 26 mars, TBS Education recevait la presse sur son campus parisien du 15e arrondissement. L’occasion, pour sa directrice générale Stéphanie Lavigne, de dresser le bilan de la dernière ligne droite du plan stratégique actuel, qui s’achève fin 2026, tout en esquissant la trajectoire de l’école pour les cinq années à venir.
Plus de géopolitique, plus d’IA
Comme la quasi-totalité des top écoles de management, TBS Education prend acte de la fin de la « mondialisation heureuse », et par conséquent de la nécessaire prise en compte d’une incertitude structurelle pour les futurs managers. De ce fait, l’acquisition de cette compétence sera renforcée dans l’enseignement dès le M1.
La dimension géopolitique, déjà étudiée par les ex-préparationnaires, sera également plus présente au sein des programmes. Les « Assises de la transition » en première année du PGE, pensées pour faire dialoguer géopolitique et climat, constitue un exemple concret de cette volonté de l’école. Par ailleurs, les étudiants suivront l’année suivante un cours d’intelligence économique, discipline à la croisée des chemins entre économie, géopolitique et stratégie.
Le partenariat historique avec Sciences Po Toulouse se trouve lui renforcé à partir de la rentrée prochaine : les deux écoles proposeront désormais un triple diplôme (Sciences Po Toulouse, TBS Education en PGE et en MSc) en alternance, dont la promesse est de conjuguer « géopolitique, économie et terrain ».
L’autre bouleversement majeur auquel les étudiants de l’écoles doivent se préparer est évidemment l’intelligence artificielle, et plus précisément son usage concret au sein des organisations. Alors que beaucoup d’observateurs s’inquiètent de l’employabilités des juniors pour les années à venir, le pari de TBS Education consiste à faire de ses diplômés des chefs d’orchestre plutôt que des purs exécutants, moins enclins à se faire remplacer par des IA.
Cela passera notamment par de nouveaux formats pédagogiques. L’école met en avant un séminaire entrepreneurial revisité à l’ère de l’IA, une semaine dédiée à l’articulation entre intelligence artificielle, créativité et humanité, ainsi qu’un usage accru d’outils comme Wooclap, en partenariat avec Mistral AI, pour favoriser une pédagogie plus active et plus personnalisée. Pour sa directrice générale, l’idée n’est pas seulement d’apprendre à utiliser l’IA, mais bien d’en comprendre les mécanismes, les limites, les effets et les enjeux éthiques.
Une croissance avant tout internationale pour les années à venir
Dans un contexte de morosité démographique en Europe, TBS Education assume clairement sa volonté de poursuivre sa croissance à l’international et hors du vieux continent. L’école, déjà implantée à Toulouse, Paris, Barcelone et Casablanca, veut renforcer son attractivité auprès des talents internationaux et continuer à se développer dans les zones les plus dynamiques. Le nouveau campus marocain, notamment, dont nous avions couvert l’inauguration en fin d’année 2025, poursuit son ancrage local avec une reconnaissance officielle en cours auprès du ministère de l’Enseignement supérieur du Maroc.
En parallèle, TBS annonce de nouveaux partenariats académiques de prestige avec Yale University, Tokyo International University, Kyoto University et University of Michigan. L’école met également en avant ses « discovery semesters », l’élargissement de son offre de spécialisations MSc et la possibilité, sur certains parcours, de suivre un cursus intégralement à Barcelone.
TBS poursuit également sa stratégie de doubles diplômes internationaux : une centaine différents sont déjà proposés à ses étudiants, et ce chiffre devrait continuer à croitre dans les années à venir.
Toulouse, dernier investissement immobilier majeur d’ici à 2030
Si TBS Education a beaucoup investi le champ immobilier ces dernières années avec ses projets successifs à Paris, Barcelone et Casablanca, c’est bien dans son alma mater, à Toulouse, que la direction entame son dernier projet d’envergure pour la fin de la décennie. L’école va progressivement déplacer ses étudiants du centre ville vers Entiore, en périphérie de Toulouse. Cet espace de 30 000m², qui accueille pour le moment essentiellement le programme Bachelor, sera pensé comme un lieu de vie à part entière ; le premier chantier consiste l’installation d’un grand complexe multisport sur le campus.
Pour autant, le campus historique boulevard Lascrosses demeurera un lieu de passage et d’échange pour tous les étudiants, qui passeront nécessairement sur celui-ci tout au long de leur scolarité d’après Stéphanie Lavigne.
Par ailleurs, la fin des rénovations et des agrandissements sur son campus du 15e arrondissement de Paris (5000m² concernés avec plus d’espace de vie, un toit-terrasse et une cour végétalisée) est prévue pour la rentrée 2026. Cet ancien lycée réaménagé accueille d’ores et déjà près d’un millier d’étudiants.