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Le Point publie son palmarès Master des écoles de commerce

Le Point publie son palmarès Master des écoles de commerce

Publications scrutées par les étudiants, largement relayées par les écoles quand ceux-ci leur sont favorables -ou bien étouffées par ces mêmes écoles dans le cas contraire-, les sorties de classements hiérarchisant les écoles de commerce de France et de Navarre font toujours grand bruit dans le petit monde de l’enseignement supérieur.

Cette semaine a ainsi vu Le Point aller de son palmarès personnel, nécessairement vendeur de papier… mais avec quelle légitimité ?

Les critères retenus

Notons premièrement que l’hebdomadaire a pris le soin de distinguer les deux formations que proposent toutes les écoles représentées dans ce classement : le Master Grande Ecole (bac +5) et le programme Bachelor (bac +4). Dans les deux cas, le classement est déterminé selon une centaine de critères sur lesquels sont déterminées huit notes. Ces dites notes évaluent  les accréditations internationales dont disposent les programmes, la qualité de la pédagogie ainsi que de la recherche, la sélectivité, l’ouverture du programme à l’international, la professionnalisation permise par la formation, l’entrepreneuriat et enfin la valeur ajoutée (corrélée à la note de sélectivité et de salaires à la sortie).. Les écoles sont ainsi notées sur 100.

Analyse du Classement des Masters

Un top 5 (légèrement) chamboulé 

Pas de surprises aux cimes de ce classement, on retrouve le traditionnel top 5 composé d’HEC Paris, de l’ESSEC BS, de l’ESCP Europe, de l’emlyon et de l’EDHEC BS… sauf que du point de vue de l’hebdomadaire, l’école rhodanienne est la seconde école (ex-aequo) de France. Non contente de devancer l’ESCP, l’emlyon joue même des coudes avec l’ESSEC BS (84 points toutes les deux). Reléguée au quatrième plan (78 points), l’ESCP devance tout de même l’EDHEC de 6 longueurs. Il est à noter qu’HEC est perçue comme largement supérieure par rapport à ses poursuivantes, et peut se targuer d’une note stratosphérique (97 points).

 

Dans la lutte qui oppose AUDENCIA et GEM, Le Point a tranché

C’est le match qui retient toutes les attentions depuis maintenant deux ans : AUDENCIA, figure historique du top 6 au SIGEM, va-t-elle se faire reléguer au second plan par la fougueuse Iséroise ? Ce dépassement est d’ores et déjà entériné pour l’hebdomadaire, qui place GEM à la 6ème place (69,5 points), à des années lumières de l’école nantaise (58,5 points).

 

NEOMA BS empêtrée dans les méandres du top 15

9ème au dernier classement SIGEM, l’école issue de la fusion entre RBS et RMS se voit attribuer une 13ème place peu flatteuse, tout comme l’année dernière. Si NEOMA est jugée comme étant dotée d’une section de recherche efficace (6ème) et jouit d’une forte valeur ajoutée (8ème), les concepteurs du classement pointent néanmoins ses faiblesses à l’international (21ème), ainsi que dans les domaines de la professionnalisation des étudiants et de l’entrepreneuriat (25ème et 29ème). Notée à 52,5 points, elle se fait griller la politesse par ses rivales SKEMA et TBS (58,5 points, à égalité avec AUDENCIA), KEDGE BS (58 points), Montpellier (55,5 points) et Rennes School of Business (54,5 points).

Une post-bac à la 16ème place !

Qui a dit que le recrutement d’étudiants passés par la classe préparatoire était synonyme d’excellence académique ? Confortablement installé à la 16ème place de ce classement, l’IESEG devance pléthore d’écoles post-prépa, plébiscitée notamment pour sa recherche (10ème) et sa capacité à accompagner ses entrepreneurs en herbe (13ème).

 

Des classements bien souvent biaisés

La presse, les classements et les écoles… des relations ambiguës 

Quel crédit accorder à cette hiérarchisation des écoles ? Les médias n’ont pas nécessairement intérêt à offrir un panorama des écoles et de leur Master conforme à la réalité. D’abord, des chamboulements au sein des classements établis d’année en année font réagir, sont vendeurs… difficile en effet de rééditer un palmarès identique à l’année précédente, quand bien même les écoles n’auraient pas bougé d’un iota. Par ailleurs, les écoles sont des annonceurs fréquents dans les médias, qui appartiennent parfois à de grands groupes dans lesquels se trouvent également des établissements de l’enseignement supérieur… le conflit d’intérêt n’est jamais loin.

 

Des critères nécessairement pas objectifs, parfois non pertinents

Si tant est que les informations servant à établir le classement soient correctes (cela ne reste que du déclaratif, même si Le Point assure que les écoles fournissent toutes des preuves de leur bonne foi), il est aisé de choisir laquelle des écoles trustera une place devant l’une de ses concurrentes, dans la mesure où les notes définies par le journal sont pondérées de manière arbitraire.

Les critères, même considérés séparément, peuvent eux aussi s’avérer discutables. A titre d’exemple, comment expliquer que l’emlyon soit plus sélective que l’ESCP Europe (respectivement 3ème et 4ème) alors même que seuls 4 candidats double admis ont privilégié la première à la seconde ? Sans considérer que l’emlyon compte plus d’étudiants issus des AST dans ses rangs en proportion par rapport à l’école parisiennne… Sur le site de l’hebdomadaire, on peut lire : “La note Sélectivité diffère en fonction du niveau d’entrée. Mais toutes deux tiennent particulièrement compte du taux d’intégration, puis de la corrélation entre les intégrés et le rang du dernier d’entre eux sur trois ans. Ainsi que du nombre de voies scientifiques et économiques parmi les intégrés. Pour les programmes post-prépa, le taux d’admissibilité et le nombre d’AST en première année sont évalués. Pour les programmes post-bac, les mentions obtenues par les intégrés et l’évolution de ces mentions sur trois ans sont mesurées.”

 

Le mieux est encore de se faire sa propre idée !

C’est une idée que nous martelons depuis les premiers jours de Major-Prépa et de Business-Cool : s’il existe des groupes de niveau, il est impossible de classer précisément toutes les écoles de commerce. Les critères à considérer, nombreux, plus ou moins importants, ne permettent pas une objectivité absolue. Si l’idée est séduisante, elle n’en demeure pas moins chimérique : il n’est pas possible de tout quantifier, tout classer, tout hiérarchiser. Le seul classement impartial est celui du SIGEM, mais là encore il repose sur la perception des étudiants de l’an passé vis à vis des écoles auxquelles ils sont admissibles. En définitif, mieux vaut faire son choix, certes important dans la suite de son parcours scolaire, en confrontant ses aspirations personnelles et les opportunités proposées par les différentes écoles !

Pour consulter le classement : http://www.lepoint.fr/palmares/grandes-ecoles/#master 

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