KEDGE Paris

KEDGE entend étendre son implantation parisienne. Dans ses nouveaux locaux situés près du Cour Saint-Emilion, elle quadruple la superficie dont elle disposait rue Sainte-Victoire. Ce campus, affichant un taux d’occupation de 150%, était devenu trop petit pour suivre la croissance de l’école. Les 3200m² inaugurés en septembre 2019 permettront ainsi d’accueillir 800 étudiants.

Les programmes enseignés à Paris relèvent de l’Executive Education (qui affiche 10 millions d’euros de CA sur les 120 annuels du groupe), de Mastères Spécialisés ainsi que des internationaux attirés par Paris. Le Programme Grande Ecole ne sera pas enseigné à Paris. José Milano, directeur général de l’école, justifie cette décision en déclarant « ne pas vouloir copier [ses] concurrents, qui le font déjà avec une notoriété bien supérieure ».

Contrairement à SKEMA, qui a choisi de s’implanter à Suresnes sur une surface neuf fois supérieure, KEDGE entendait « rester à Paris intra-muros », au sein d’un quartier dynamique. Les étudiants de l’école historiquement marseillo-bordelaise bénéficieront d’une cafétéria, de restaurants d’entreprises ou encore d’une salle de sport au sein du bâtiment hébergeant le campus. Si KEDGE Paris n’est que locataire de son espace, elle y a investi pas moins de 7 millions d’euros, sans recours à la dette.

Chantiers de KEDGE Paris
Chantiers de KEDGE Paris, à moins de 4 mois de la livraison

Les salles de cours seront modulables : elles pourront accueillir de 30 à 200 étudiants. Les espaces communs hébergeront également 250 postes de coworking, que les étudiants pourront utiliser à leur guise. Un écran géant dans le hall principal leur permettra de suivre des cours ou des conférences filmés au sein des campus bordelais et marseillais de l’école. Les étudiants devront pour cela s’équiper de casques mis à disposition.

 

Une nouvelle baseline

KEDGE Business School entend accélérer dans sa dimension internationale, où elle s’estime leader en nombre d’étudiants reçus. José Milano entend intensifier l’export de programmes, de sorte à « avoir une dimension complète de l’international à l’école ». Elle est d’ores et déjà très active au Sénégal, où sa filiale BEM Dakar connaît une forte croissance ces dernières années.

Le pourcentage d’étrangers au sein du corps professoral de KEDGE dépassera le taux de 50% à la rentrée. Chaque campus entend s’inscrire dans les dynamiques économiques territoriales : le business du maritime et de la finance responsable à Marseille tandis que le vin et la supply chain rayonneront à Bordeaux.

« Dans un monde qui se transforme, la première priorité est de nous transformer nous. » affirme Agnès Grangé, présidente de l’école. Elle poursuit : « Nous devons faire de nos étudiants des étudiants éclairés, agissant avec discernement avec une forme d’éthique. Nous devons travailler sur leur savoir, leur savoir-être, mais aussi leur pouvoir […] et leur vouloir. » Vincent Mangematin, doyen du corps professoral, synthétise cette idée à travers la figure de « l’honnête-homme du XXIe siècle » que l’école a vocation à former.

Cette volonté s’affirme à travers le lancement d’une campagne de communication s’appuyant sur une nouvelle baseline qui traduit cette transformation de KEDGE autour de « l’open-minded leadership » : Discover. Decode. Do.

 

Une refonte totale des programmes prévue dans les deux ans

KEDGE, qui est passée de 3 à 13 millions d’investissements en deux ans, dit disposer d’un business model robuste lui permettant de disposer d’une capacité d’autofinancement de plus en plus forte. Ces millions sont investis dans les campus, la pédagogie mais aussi dans les services rendus aux étudiants. Par ailleurs, le portefeuille des programmes fera l’objet d’une révision complète dans les deux ans, en s’appuyant sur une identité pédagogique qui entend s’articuler autour de trois piliers faisant écho à la baseline :

  • Decode, qui s’identifie au management de la tech ;
  • Discover, qui s’identifiea au bien commun ;
  • Do, qui s’identifie à l’entrepreneuriat.

José Milano promet une infusion de ces trois notions dans l’ensemble des cours, avec évidemment une intensité plus ou moins différente selon les matières.

José Milano, DG de KEDGE
José Milano, DG de KEDGE

Au niveau de la RSE, KEDGE compte poursuivre le développement du test qu’elle a créé (le Sulitest) en le faisant passer au début et à la fin de sa scolarité. Elle entend également renforcer cette dimension dans l’ensemble de ses enseignements.

Concernant les développements technologiques, KEDGE souhaite aussi bien former ses étudiants… que l’ensemble de ses salariés, qui devront tous passer un certificat digital RNCP niveau I d’ici 2020. En sus du partenariat mis en place avec Microsoft l’an passé, KEDGE s’associe aussi au Wagon, une entreprise enseignant le code sous forme de bootcamps de neuf semaines, afin de renforcer son enseignement de la tech. Un certificat de maîtrise de la technologie blockchain permettra aux étudiants de s’initier à cette technologie dont les applications irriguent tous les secteurs de l’économie.

KEDGE BS présente sa nouvelle vision stratégique

KEDGE accentuera l’utilisation de Be-U, sa plateforme de suivi de formation. Dès leur entrée, les étudiants effectueront leur onboarding afin de leur permettre d’identifier leurs soft-skills et leurs compétences. Les étudiants ne pourront se contenter de simple déclaratif : les compétences seront évaluées tout au long de la scolarité.

L’école de design, historiquement implantée à Toulon, sera intégrée au campus de Marseille de sorte à offrir à ses étudiants, et notamment aux étudiants-entrepreneurs, des compétences complémentaires à celles enseignées par une école de management.

Laurent Da Silva, qui pilote des recrutements de dirigeants au sein d’Adecco, s’enorgueillit de ces annonces qui s’inscrivent « dans l’air du temps ». Il salue le parti-pris des soft skills, alors que l’enseignement des hard skills relève souvent du clonage, et où les compétences de savoir-être font la différence pour les entreprises. Il affirme que la carte de compétences proposée par KEDGE est « en mesure de faire la différence face aux recruteurs ». Il est à noter que 40% des étudiants de KEDGE travaillent au sein de TPE et de PME (startups comprises). 80% d’entre eux affirment avoir trouvé un poste qui correspond à leurs inspirations.

 

Quel modèle à long-terme ?

Enfin, Agnès Grangé affirme ne pas avoir tranché sur le modèle de croissance à long-terme. Si le modèle actuel d’autofinancement et le statut juridique permet de financer la croissance actuelle sans recours à la dette, il est possible qu’à l’avenir, cela change. Elle exclut toute urgence sur ce sujet et l’adoption de statut EESC ou de SA n’est pas à l’ordre du jour.