French member of parliament and President of the Auvergne-Rhones-Alpes regional council Laurent Wauquiez visits a "Esperance Banlieues" foundation school in Pierre-Benite on March 14, 2017. / AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

Yann Barthès nous avait laissés le weekend pour commenter et s’offusquer des fracassantes révélations présentées dans son émission quant aux propos de Laurent Wauquiez devant les étudiants de l’emlyon business school. Hier soir, voilà que “Quotidien” nous a gratifiés de nouvellles “punchlines” du chef de file du parti LR.

Ces enregistrements, captés à l’insu du principal intéressé, datent cette fois de vendredi dernier, pendant le second cours prodigué par le professeur Wauquiez.

 

La France, cette dictature absolue

« Vous avez vu les guignols d’En marche ? Ils sont tous avec le petit doigt sur la couture, ils doivent tous voter la même chose. Quand ils osent apporter la moindre dissonance, ils se font taper dessus avec une matraque. Il n’y a aucun équilibre des pouvoirs en France. Donc il y a une dictature totale en France. »

Une dictature visiblement sans contre-pouvoir. On savait l’opinion délétère de Laurent Wauquiez vis-à-vis des médias, on connait maintenant son avis sur les syndicats français : “Le MEDEF et la CGPME, eux c’est pire que tout. C’est-à-dire eux ils n’en ont rien à foutre de savoir si on augmente les cotisations sur les entreprises. Si on augmente le truc la seule chose qu’ils veulent c’est encaisser l’argent.”

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes assure d’ailleurs avoir mis fin à ces pratiques là où il officie : “Par exemple, les associations syndicales recevaient à peu près 5 millions d’euros chaque année de la région. La CGT se faisait un joli chèque de trois millions d’euros sur le budget de la région, chaque année ! Moi, je les ai reçues et je leur ai dit : ‘Je suis extrêmement attaché à l’indépendance des syndicats et donc, comme je ne veux surtout pas que vous dépendiez de moi, c’est zéro.”

 

Justin Trudeau, embassadeur du mainstream

Il a pas l’air gentil le Justin ?!“. La mine débonnaire du premier ministre canadien n’aura hélas pas suffit pour que ce dernier échappe au dézingage général : “Donc lui en gros c’est simple : tout ce qui est mainstream, tout ce qui est bonne pensée, je prends tout. Et donc l’objectif, c’est que je suis à fond dans tout. Tout est nickel, tout est ripolé. Il n’y a pas un cheveu qui dépasse. Je suis le mec cool, gentil, complètement dans le mainstream du média.”

 

Les Khâgnes en école de commerce, la connerie de Pécresse

Lorsqu’il s’étonne du fait qu’une étudiante issue de classe préparatoire littéraire se trouve assise en face de lui, Laurent Wauquiez s’exclame : “C’est vrai, c’est Valérie qui avait mis ça en place ? Le nombre de conneries qu’elle peut faire !

Plusieurs étudiants de l’emlyon qui ont assisté au cours affirme cependant que cette remarque a été dite sur le ton de l’humour, contrairement à ce que suggère l’extrait diffusé sur Quotidien. Affaire à suivre donc…

Juppé a cramé la caisse

Bien qu’ils concernent un de ses amis politiques, les propos qu’il a tenus à l’égard du maire de Bordeaux Alain Juppé sont encore les plus respectables :

Alain Juppé, qui est une personne éminemment respectable, a totalement cramé la caisse. A Bordeaux, il a fait des miracles, Bordeaux est géniale, c’est très bien géré mais il a fait exploser les impôts. Et il a fait exploser la dépense publique et il a fait exploser l’endettement” avant de préciser sa pensée : “Ma conviction, c’est que quand vous faites ça, vous n’avez pas à l’arrivée plus aucune forme de crédit. Parce que si vous êtes de droite et que vous voulez dire aux gens : ‘Si, vous me faites confiance, moi je n’augmente pas les impôts, je lutte contre le gaspillage de l’argent public, et je vous remets de l’ordre dans les finances. Commencez par le faire, dans vos responsabilités ! Et qu’on puisse commencer à vous faire confiance“.

 

Laurent Wauquiez, ce prophète

Si Laurent Wauquiez croyait vraiment que ce qu’il a dit resteraient entre les murs du campus d’Ecully, on saluera l’éclair du lucidité du patron des Républicains. Si en revanche ses paroles polémiques ont été tenus à dessein dans l’optique que la presse en face ses choux gras, on ne peut qu’applaudir ce sarcasme qui frise le génie : « La caractéristique quand on est un élu, surtout dans le monde actuel, c’est que tout ce que vous dites, à tout moment, peut être utilisé, repris et déformé contre vous. En gros, dans ma vie politique, dès que j’ai plus de deux personnes autour de moi, il faut toujours que je me dise que tout ce que je dis va sortir. »