Vous en avez marre de votre stage en startup disruptive à 574€ par mois plus la moitié de la carte Navigo ? Business Cool a la solution : devenez patron du CAC 40 ! Il fallait y penser.

Plus sérieusement, une étude menée par le cabinet Recto Versoi s’est penchée sur le profil type des dirigeants du top 40 des entreprises cotées sur la place financière parisienne. Il en ressort que pour arriver à la tête d’une telle entreprise, mieux vaut avoir suivi un parcours d’excellence… ou passer son chemin. Sur ces 40 chefs d’entreprise, 30 sont issus de ces six prestigieuses écoles françaises :

Source : Recto Versoi

L’X arrive donc en tête de ce palmarès, d’une courte tête devant HEC Paris. Il y a quelques mois, nous vous présentions d’ailleurs les profils de ces patrons qui ont fait leurs armes au sein de l’école jovacienne. L’article est un peu désuet car depuis, Bruno Lafont (Lafarge) et Gilles Schnepp (Legrand) ont passé la main, mais vous pouvez tout de même y jeter un coup d’œil. A noter par ailleurs que la plupart d’entre eux (22/40) sont diplômés de deux institutions différentes, suivant le schéma classique Sciences Po-ENA ou Ecole Polytechnique-MINES ParisTech par exemple. Enfin, huit d’entre eux seulement ont fait leurs études à l’étranger.

Quant aux rares exceptions, ils ont des parcours relativement éclectiques : Isabelle Kocher (Engie) est passée par l’ENS Ulm, Alexandre Ricard (Pernod Ricard) par l’ESCP Europe, Dominique Lefebvre a lui gravi un à un les échelons du Crédit agricole et avait repris, à 20 ans, l’exploitation familiale une fois son brevet de technicien supérieur agricole en poche. On compte également dans le lot quelques héritiers qui ne peuvent se targuer d’avoir suivi de telles formations, à l’instar de Yannick Bolloré (Vivendi) ou Martin Bouygues, qui a arrêté ses études après le bac.

 

Vous avez dit parité ?

Mais s’il y a bien UN critère nécessaire pour devenir patron du CAC 40, c’est bien… d’être un homme. Comme mentionné plus haut, Isabelle Kocher se distingue comme étant la seule à être passée par l’ENS Ulm. Mais ce qui fait sa véritable spécificité est bien son genre : c’est tout simplement la seule et unique femme à diriger actuellement une entreprise du CAC 40.

En 2018, les femmes sont en moyenne plus diplômées que les hommes, et sont aussi nombreuses que leurs alter egos masculins en école de commerce. Il n’empêche que selon les chiffres du gouvernement, 85% des postes à responsabilités managériales sont occupés par des hommes. Ce chiffre monte même à 97% pour les postes de PDG, ce qui se vérifie d’ailleurs dans le microcosme du CAC 40 : “grâce” à Isabelle Kochn, 2,5% des patrons y sont des femmes.

 

Des salaires mirobolants

D’après une étude réalisée par la plateforme Ethic & Boards, les dirigeants du CAC 40 ont empoché 5,07 millions d’euros en moyenne au cours de l’année 2017, en hausse de 13% par rapport à 2016. Ces sommes incluent la part fixe et la part variable des salaires, ainsi que les stock-options. Le PDG le mieux payé l’an passé est Douglas Pferdehirt, le patron de TechnipFMC, avec une rémunération de 10,57 millions d’euros, contre “seulement” 1,75 million pour Stéphane Richard, le PDG d’Orange qui referme ce classement.

Ces rémunérations que d’aucuns jugent abusives font parfois l’objet de polémiques : la dernière en date concerne le départ de George Plassat. L’homme de 69 ans, qui a quitté Carrefour en proie à des difficultés en juillet 2017, était censé recevoir une indemnité de non-concurrence de 3,98 millions d’euros. Chahuté par une partie des actionnaires, ce dernier a finalement renoncé à cette somme. George Plassat part tout de même avec son salaire de 2017 qui s’élève à 1,7 million d’euros bruts, ainsi qu’un plan de rémunération à long terme de 6,6 millions d’euros bruts.