On oppose bien souvent les écoles de commerce aux instituts d’études politiques et autres universités d’études politiques. La geopolitique et les relations internationales seraient la chasse gardée de ces dernières. Pourtant, les écoles de commerce ont toute légitimité dans ce domaine.

Ce message, c’est celui prêché par l’association de Grenoble Ecole de Management, GEM ONU. ​Tous les ans, les membres de l’asso participent au MUN ONU une simulation onusienne, qui dure 4 jours, organisée et accueillie par l’Organisation des Nations Unis. Des centaines d’étudiants du monde entier se rencontrent à l’ONU pour discuter, débattre et tenter de résoudre des problématiques contemporaines.

​Cette année, GEM ONU est repartie avec 5 awards ! Samuel Bordes, Président de l’asso nous raconte ce grand moment.

 

Peux-tu nous présenter GEM ONU ?

GEM ONU est l’association de la diplomatie, de la géopolitique et des relations internationales de Grenoble Ecole de Management (GEM). Notre activité principale est la participation aux Model United Nations (MUN) dans le cadre de la mission Jeune de l’ONU. Les MUN sont des simulations de séances de négociations dans le cadre de l’ONU entre étudiants du monde entier. Cette participation à la mission Jeune de l’ONU vise aussi à promouvoir les Droits de l’Homme, les valeurs de paix et liberté.

Pour cela, nous organisons des événements internes à l’école et tenons un site internet (https://gemonu.com) sur lequel sont régulièrement publiés des articles sur l’actualité géopolitique, économique et internationale.

 

Quelles sont vos actions concrètes sur des sujets de diplomatie ?

Concrètement, nos actions se divisent en deux catégories : les services proposés aux membres de l’association et les activités destinées aux étudiants de GEM ou d’ailleurs. En début d’année, l’association est chargée d’organiser la première édition du Hult Prize at GEM. Le Hult Prize est le plus grand concours d’entrepreneuriat social au monde, il récompense les meilleurs projets de start-up en offrant au projet gagnant 1 million de dollar et le financement d’une an dans un incubateur pour monter son projet.

Par ailleurs, nous organisons le GEMUN, la simulation onusienne sur le campus de GEM qui permet à tous les étudiants grenoblois de se mettre dans la peau d’un diplomate le temps d’un week-end et de se former aux négociations internationales, au discours de positionnement politique, ou tout simplement pour réfléchir aux grandes problématiques du monde contemporain.
Egalement à destination de l’ensemble des étudiants, y compris de ceux des classes préparatoires, nous publions chaque semaine sur notre site internet des articles approfondis sur l’actualité géopolitique, économique et internationale. Par exemple, les derniers articles publiés traitent des résultats des élections italiennes et de la croissance indienne de ces dernières années.

Ensuite, nous proposons à nos membres une formation hebdomadaire pour se préparer aux MUN : cours de Body langage, de comportement du diplomate, de rédaction de résolutions onusiennes etc… L’association se charge aussi d’organiser les voyages et déplacements à Londres pour participer au LIMUN, à Francfort pour le MainMUN et surtout à New York pour le NMUN.

 

Vous avez eu la chance de participer au NMUN, quel est le concept ?

20 membres de l’association GEM ONU sont effectivement partis à New York du 18 au 25 Mars pour participer au National Model United Nations (NMUN) qui est la plus grande et la plus prestigieuse simulation onusienne au monde (+ de 4000 participants) au siège des Nations Unies. Le concept des MUN, depuis plus de 70 ans, est de former les différentes générations d’étudiants aux négociations internationales dans le cadre de l’ONU.
En clair, la simulation MUN reproduit exactement le fonctionnement de l’ONU, de l’étude et la réflexion commune des problématiques jusqu’à l’écriture et l’adoption de résolutions. Concrètement, chaque binôme d’étudiants représente un pays dans un des comités de l’ONU parmi le Conseil de Sécurité, l’Assemblée Générale, l’ECOSOC, la FAO…puis doit essayer de créer des groupes d’intérêts, des alliances afin d’influer véritablement sur les débats et trouver des solutions aux problèmes posés.

La participation aux MUN est une véritable opportunité pour les participants, tant au niveau des rencontres avec des étudiants des plus grandes universités du monde que de l’expérience formatrice que constitue les séances de négociation.

 

Comment avez-vous été sélectionnés et quelles autres délégations étaient présentes ?

Nous nous rendons au NMUN chaque année depuis 4 ans déjà, et les récompenses obtenus les années précédentes à l’issue de la simulation permettent une facilité lors de l’inscription. Plusieurs autres écoles françaises sont présentes, avec notamment des délégations venant d’HEC, de l’ESCP, de l’EDHEC ou de SciencesPo. Concernant les délégations internationales, les universités de Laval, de la Pace University de New York, le George Town College ou le Kings College sont des exemples d’écoles envoyant beaucoup d’étudiants chaque année au NMUN.

 

Comment se sont déroulés ces 4 jours ?

Avant tout, je dois dire que ce fût 4 jours à la fois intenses et passionnants. Les séances de simulation commençaient généralement à 9h le matin, et pouvaient se terminer à 23h en fonction de l’avancement des débats. Durant ces séances, nous alternions entre les “formal session”, durant lesquelles chaque pays prononce des discours de positionnement pour exposer ses projets, ses idées et son orientation sur le thème des débats, et les “unformal session”, durant lesquelles l’objectif est de discuter de manière plus informelle avec les autres délégués pour former les groupes de travail. Je pense que c’est durant les séances informelles que l’on se rend le mieux compte du travail du diplomate.

Pour cette année, La délégation de GEM représentait le Chili, et nous avons pu découvrir beaucoup sur ce pays durant notre préparation.

Ainsi, si les séances de travail ont occupé la majeure partie de notre emploi du temps, nous avons aussi eu des opportunités incroyables. La cérémonie d’ouverture de l’événement avait lieu dans la salle de l’assemblée générale de l’ONU. Ensuite, grâce à l’association, l’ensemble de la délégation a pu se rendre à la mission permanente de la France et du Chili à l’ONU et rencontrer les diplomates de ces deux pays ainsi que visiter un fond de pension de l’ONU.

 

Qu’est qui t’a le plus marqué ?

Ce qui est marquant, lorsque l’on participe au NMUN pour la première fois, comme cela a été mon cas, c’est le niveau de préparation et d’engagement des étudiants dans les débats. Toutes les délégations participent à l’évènement avec beaucoup de professionnalisme. Il faut immédiatement se mettre au niveau des autres délégués de son comité. Et pour cause, dans de nombreuses universités nord-américaines, la participation au NMUN fait partie du cursus de formation : les professeurs de ces écoles assistent aux séances de travail pour évaluer les élèves participants.

 

Qu’as-tu retenu en particulier ?

Ce voyage a été plein d’apprentissages, notamment sur le fonctionnement précis des Nations Unies, sur l’art de mobiliser autour d’un projet, sur le comportement du diplomate…On remarque aussi certains travers des Nations Unies : longueur des processus, difficulté du consensus, blocage potentielle, dont des grands pays sur certaines questions, désengagement de certains pays qui nuit à l’avancée.

Au-delà de l’aspect académique, le NMUN est aussi un évènement où l’on fait des rencontres, certains deviennent même des amis.

C’est un voyage qui nous en apprend plus sur l’ONU, et sur comment le monde fonctionne. Et comme tous les voyages, notre séjour à New York nous en apprend aussi plus sur nous-même, sur nos qualités de négociateur et notre projet professionnel. Pour de nombreuses personnes de l’association, cette expérience au NMUN a permis de confirmer leur envie de travailler dans la diplomatie et les relations internationales.

Je retiens aussi, du point de vue de l’association, une grande progression dans nos performances, puisque nous avons cette année remporté pas moins de 5 récompenses contre seulement 2 en 2017, dont l’award de “distinguished delegation”, soit la meilleure récompense possible pour une délégation.

Finalement, on en retient une forte envie d’y retourner !

 

Plus personnellement, quels sont  les thèmes qui te tiennent à cœur ?

Personnellement, ce que je trouve passionnant dans les simulations onusiennes, c’est tout l’aspect négociation autour de thèmes qui impliquent la richesse des pays. Ce fût particulièrement intéressant de trouver des accords qui puissent satisfaire l’ensemble des délégations.

Défendre la grande légitimité de la présence des étudiants en école de commerce dans ces simulations me tient particulièrement à coeur. Ces simulations ne sont pas réservées aux études politiques. Parce que lors du NMUN et des autres simulations, on développe des qualités et aptitudes qui servent non seulement au diplomate, mais aussi aux futurs managers et chefs d’entreprises que nous entendons devenir. C’est un engagement pour un style managérial porté par l’écoute, la compréhension des besoins et la recherche du consensus.