L’exorbitance des frais de scolarité des universités américaines est un fait bien connu. Sauf que désormais, ces derniers sont si élevés que leur retour sur investissement moyen est en-dessous de celui obtenu sur les marchés financiers.

L’université, une arnaque financière pour les étudiants ?

D’un point de vue strictement financier, l’intérêt d’aller à l’université est de pouvoir prétendre à des salaires plus élevés que quelqu’un sans diplômes, et ainsi rentabiliser ses frais d’inscription et le temps passé à étudier plutôt qu’à gagner de l’argent.

Le site internet Payscale a étudié le retour sur investissement sur vingt ans de 1250 établissements d’éducation supérieure américains comparés à quelqu’un étant directement entré dans la vie active après le lycée (High School). Sachant que la rentabilité actuelle du Dow Jones sur les 24 dernières années (20 ans + 4 passés à l’université) est de 7% par an, cela donne le graphique suivant.

Lorsque l’on compare les deux options, avec d’un côté ne pas passer par l’université et investir l’équivalent des frais de scolarité en bourse, et de l’autre aller à l’université, payer les frais de scolarité et générer un meilleur salaire, l’option A apparaît comme étant la plus rentable financièrement pour la majorité des Colleges. En effet le retour sur investissement annuel moyen n’est que de 4,5%. Seuls 10% des universités prises en compte par Payscale génèrent un ROI supérieur à 7% (et si l’on retire les aides financières, seulement 2,5% !).

Bien entendu cette conclusion doit être nuancée. Une banque ne va surement pas vous laisser emprunter une somme équivalente à des frais de scolarité  pour les investir en bourse au lieu d’aller à l’université. Cela dépend également du domaine étudié et du diplôme obtenu à la fin des études. Et enfin les avantages de l’éducation vont bien au-delà des simples considérations financières (du moins faut-il l’espérer).

L’augmentation sans fin des frais de scolarité est-elle viable ?

La question centrale autour de cette problématique financière est avant tout celle de la valeur ajoutée des diplômes universitaires américains. Jusqu’où les frais de scolarité peuvent-il augmenter pour qu’obtenir son diplôme reste un investissement rentable aux yeux des étudiants ? La question apparaît de plus en plus légitime dans ce contexte de multiplication des défauts de paiement.

Les prêts étudiants, nouveaux subprimes ?

Force est de constater que la source de ces problèmes n’est autre que la surenchère des universités pour se maintenir aux premiers rangs mondiaux. Pour garder leur suprématie et continuer à attirer les meilleures élèves, elles investissent toujours plus pour augmenter en taille, en force de frappe ou encore attirer les professeurs les plus reconnus.  Ce cercle vicieux n’est que très peu dénoncé par les étudiants et les alumni qui ont tout intérêt à voir leur université prospérer et performer dans les classements.

Pour autant la formation des étudiants en devient-elle vraiment meilleure ? Rien ne vient le prouver. Il s’agit alors de trouver un moyen de mettre fin à cette augmentation infernale, avant qu’une crise brutale ne vienne y mettre un terme en mettant à mal tout le système éducatif.