Après deux années de classes préparatoires ECS à Saint-Jean de Douai, Laure a décidé d’intégrer l’ENSAE ParisTech, la seule école accessible sur concours par voie ECS à délivrer le titre d’ingénieur !

Avant l’école

Quelles notes as-tu eues aux écrits ?

Pour les épreuves qui comptaient pour l’admissibilité à l’ENSAE, j’ai eu 15 en maths HEC, 17 en HGGMC ESSEC, 12 en culture générale emlyon, et 12 en anglais CCIP ! La particularité de l’ENSAE est que l’école utilise une épreuve qui compte pour HEC, une pour l’ESSEC, une pour l’emlyon, ce qui limite un peu les risques !

Comment s’est passé ton oral d’entrée à l’ENSAE ?

Pour l’oral de maths, mon sujet comportait deux exercices, un d’analyse plutôt classique sur des convergences d’intégrale et un de probabilité, plus long. La planche d’exercice était de niveau comparable à une planche ESCP ou HEC. Malheureusement, mon temps de préparation n’a pas été très fructueux (j’étais sans doute beaucoup trop stressée) et je suis arrivée devant mon examinateur en ayant une réponse aboutie sur environ deux questions. L’examinateur m’a laissé commencer par l’exercice de mon choix. Il ne s’attendait pas à ce que j’aie répondu à l’ensemble du sujet (mais pas non plus à ce que je n’aie répondu à rien …). Il m’a beaucoup aidé, essayait de me faire avancer en m’interrogeant sur certains points de cours qui me seraient utiles. Bilan : mon oral de maths a été catastrophique mais il faut souligner que l’examinateur a été très bienveillant malgré tout. Donc en cas de difficultés, essayez de rebondir sur les indications du jury, montrez que vous maitrisez votre cours (je pense que c’est cette dernière qui m’a sauvée d’une notre éliminatoire i.e. inférieure à 6). Enfin, pensez à lui demander s’il souhaite un détail des calculs, et si vous n’êtes pas sûrs de vous, prenez le temps d’écrire au tableau, de réfléchir, avant de donner votre réponse.

L’oral d’ « Histoire et géographie économique » se présente de la manière suivante : le candidat tire deux sujets et choisit parmi ces sujets celui qu’il souhaite traiter. Les sujets sont pour la plupart des sujets avec une forte dimension économique, sur laquelle il ne faut pas hésiter à insister. J’ai eu le choix entre « L’or au XXème siècle » et « Le système monétaire international depuis 1922 » et j’ai préféré traiter le second sujet. Mon oral s’est bien passé étant donné que je maitrisais très bien le sujet, mais j’insisterais sur le fait qu’il ne faut pas « déballer » toutes ses connaissances lors de l’exposé car le jury risque rapidement de se mettre à vous poser des questions très précises (ils m’ont demandé le prix de l’once d’or au moment de la mise en place du système de Bretton-Woods, le cours actuel de l’or ou encore le poids d’un lingot ; d’autres questions plus générales comme qui était président des EU à telle date, crise de 29, pourquoi et comment le dollar a-t-il remplacé la livre sterling comme monnaie de référence etc…). Le jury est composé de deux personnes, pensez à bien vous adresser aux deux y compris pendant les questions (pas seulement à celui qui vous a posé une question : dans mon cas c’était toujours le même qui posait les questions). Encore une fois, le jury était détendu, bienveillant, il vous mettra à l’aise (à condition de ne pas raconter n’importe quoi : n’hésitez pas à dire que vous ne savez pas ou à donner un ordre de grandeur, en particulier sur les questions très précises plutôt que de raconter n’importe quoi, faites preuve de bon sens).

Mon oral d’anglais a véritablement pris la forme d’une conversation. J’ai eu un texte sur Mercedes, soupçonné d’avoir truqué ses modèles de logiciels censés mesurer les niveaux d’émission des moteurs diesels. Le jury cherche à dialoguer avec vous. Il m’a coupé lors de mon exposé afin de me poser des questions sur ma vie, mes activités, mes motivations (pourquoi l’ENSAE ?, être une femme dans une école d’ingénieur ?, quel métier plus tard ?, comment vous investir dans la vie de l’ENSAE ? etc.) ; puis il est revenu sur le texte en sollicitant mon point de vue sur l’affaire (faut-il condamner Mercedes ?, qui est responsable ?, quel aurait été votre réaction si vous étiez membre de la compagnie Mercedes ?, etc.).

La vie à l’ENSAE

Les associations

L’ENSAE dispose d’un tissu d’associations varié bien qu’elles soient moins nombreuses qu’en école de commerce du fait de la taille des promotions (une centaine d’éleves, NDLR). On y trouvera par exemple : le BDE, la KFET (bar de l’école), le BDS, Agora (qui invite des personnalités à venir faire des conférences : Mounir Mahjoubi, Jacques Attali, Paul Jorion, Jean-Marc Daniel etc.), le FORUM (qui organise le FORUM TRIUM, reçoit des entreprises en conférence etc.), EJE (la Junior Entreprise, vainqueur du prix d’excellence cette année), SAS’Discute (journal de l’Ecole), le Gala (qui organise chaque année le Gala de l’école), le BDA, Genius (asso entrepreneuriale), le Potageay ou encore Tremplin, Alter’actions, ENSAE monde Arabe etc.

De quelles associations es-tu membre ?

Je suis au BDE et au BDS, mais aussi à la KFet, le bar qui organise des soirées dans l’école les jeudis soirs !

Comment se déroule le processus de renouvellement des assos ?

Le BDE se fait élire. La campagne dure 3 semaines et représente un moment clé et attendu de l’année : elle débute par une semaine au ski et se poursuit durant 2 semaines sur le campus. Au programme : petits déjs, hotlines, activités (laser-game dans l’école, bubble-foot, slalom au ski, chasse au trésor, feu d’artifice etc.), soirées sur Paris, KFETs …

Pour ce qui est des autres assos, certaines accueillent tous les motivés, d’autres font passer des entretiens ou des « épreuves ».

Les stages en 1A ?

Il est obligatoire d’effectuer un stage en fin de première année. Il s’agit d’un stage d’ouverture ce qui signifie qu’il peut s’agir de n’importe quel type de stage (pas de contenu scientifique obligatoire). Il dure entre 4 et 8 semaines. 

Quid de la vie extra-scolaire ? de la ville ?

La plupart des étudiants de première année logent sur le campus dans  une résidence à 5min de l’école.

Tous les jeudis soir ont lieu les KFET dans le bar de l’école, l’occasion de se réunir autour du Komptoir pour une soirée sympa en buvant des bonnes bières.

Par ailleurs, l’année est rythmée par un certain nombres d’évènements, WE et voyages. Des soirées sont régulièrement organisées sur Paris ou sur le campus, intra-Ensae ou avec d’autres écoles (HEC, ESCP, ENSTA, X, SupOp…). Nous avons un WEI (week-end d’intégration, NDLR) au début de l’année, un WES (week-end sportif, cette année : rafting, via-ferrata, accro-branche etc.), un WEC (week-end culturel : Amsterdam, Berlin, Prague…), un week-end à Bruxelles pour la passation de la KFET et enfin une semaine de ski !

Quelle est la fierté de l’école ?

Clairement, son salaire à la sortie (rires) ! C’est le meilleur de toutes les écoles d’ingénieur, et ceux d’entre nous qui iront travailler à l’étranger feront pâlir de jalousie n’importe quel étudiant d’école de commerce avec un salaire moyen de 100.000€/an…

Ton plus beau souvenir à l’ENSAE ?

La semaine ski au Corbier, un moment très fort où se soude la promo autour de nombreuses activités, et qui marque l’entrée en matière de la campagne BDE !

Puisque rien n’est parfait, un défaut à l’ENSAE ?

Son intranet vieillissant, Pamplemousse, que vous apprendrez à connaître bien assez tôt si vous intégrez l’ENSAE ! Dernier fait d’armes en date : l’intranet qui plante pendant les trois jours où nos résultats de partiels devaient être dévoilés ! Mais on finit par en rire !