Il y a maintenant trois semaines, les 30 étudiants du Mastère Spécialisé Entrepreneurs de Grenoble EM se sont envolés pour Las Vegas afin d’assister au fameux CES (comprenez Consumer Electronics Show) qui rassemble un grand nombre de grandes entreprises et de start-ups innovantes. Joseph Dhuicq, l’un de ces étudiants qui a eu la chance de faire le voyage, nous raconte son expérience.

 

Vous avez forcément entendu parler d’IA, le diminutif de l’Intelligence Artificielle ? On s’imagine tout de suite les robots dominants le monde à la Terminator…et après avoir effectué une mission de veille technologique sur l’IA au CES 2018, je suis tenté de dire qu’on n’en est finalement pas si loin que ça !

L’intelligence artificielle se définit comme l’ensemble des techniques permettant de simuler l’intelligence humaine. Si nos braves ordinateurs en sont une forme capable d’effectuer une quantité énorme de calculs, l’IA telle qu’elle est comprise aujourd’hui est capable d’apprendre avec une aide humaine…ou pas. Elle parvient ainsi à identifier des personnes à leur visage, mais aussi à leur voix ou, plus fort encore, à leurs activités domestiques. Bienvenu dans le monde de l’hyper personnalisation !

 

Changement de monde

Qu’ai-je vu exactement lors du CES 2018 ? Là où je m’attendais à quelques applications de reconnaissance vocale et d’image couplées à de petits unités de décision, j’ai découvert un bouleversement généralisé des technologies. A la maison avec la domotique, en voiture avec la voiture intelligente, au travail avec des applications métier ou encore dans la rue avec des caméras d’identification des personnes, animaux et voitures, l’IA investit l’ensemble de notre monde à une vitesse exponentielle.

Les grandes entreprises ne sont pas seules à mener le changement, une myriade de startups redoublent d’imagination pour trouver de nouvelles applications aux capacités de l’IA, qui peut ainsi bénéficier à votre grand-mère atteinte d’Alzheimer, à votre adolescent en quête de vocation professionnelle…ou encore à votre chien, en manque de compagnie et de compréhension !

 

Cocorico !

Une fois n’est pas coutume, la France occupe le trio de tête en nombre d’entreprises utilisant de l’IA au CES. Bien que la taille des entreprises françaises demeure dans l’ensemble bien inférieure à celle de leurs concurrentes américaines ou asiatiques, on peut espérer que plusieurs d’entre elles parviendront à atteindre une taille solide et, qui sait, à devenir un futur poids lourd de la tech mondiale !

 

Et l’Homme dans tout ça ?

Mais on ne peut parler d’IA sans parler d’éthique, et de conséquences pour l’Homme. C’est bien beau de développer des machines aussi intelligentes que les humains, mais que faire des humains qui voient leur intelligence avantageusement remplacée par quelques câbles et processeurs en silicium ? Au CES, la réponse est unanime : si l’on a toujours peur du nouveau, préférant la sécurité illusoire de ce que l’on a toujours connu, l’IA nécessitera beaucoup de main d’œuvre pour atteindre son plein potentiel.

Et une fois que l’IA sera installée, aura-t-on encore besoin de main d’œuvre ? L’échelle de temps trop lointaine et l’inconnue quant aux possibilités qu’ouvrira l’IA ne permettent pas de donner de réponse claire aujourd’hui. Certains se basent sur le passé pour justifier que de nouveaux emplois émergeront, d’autre se basent sur leur vision de l’Homme pour justifier qu’il ne sera plus en mesure de trouver sa place face à une IA surpuissante.

Qui a raison ? L’avenir nous le dira. Car si une chose est certaine, c’est que l’avenir se fera avec l’IA, qu’on le veuille ou non.