AAAAAH AU SECOURS ! AIDEZ-MOI ! Respire, respire, ça va bien se passer, calme-toi, tout va bien. Ok, ça va mieux. On peut vraiment pas compter sur vous. Désolée pour l’entrée magistrale dans cet article, mais l’heure est grave. Je crois que tous mes anis sont devenus des sharks. J’entends dans la foule s’élever une petite voix toute timide… c’est quoi un shark ? Ah, jeune innocent… fuis, il en est encore temps.

 

Attention, cet article peut contenir du second degré. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.

Le shark, une légende ?

Le shark est d’abord un acteur de la finance. Il s’agit d’un investisseur, d’un banquier, d’un financier qui voit principalement l’aspect financier de leurs opérations avec un énorme attrait pour les thématiques du secteur. Ils privilégient donc la rentabilité au détriment de leurs concurrents et de l’humain en général. Typiquement, Gordon Gekko dans le film Wall Street (révisez vos classiques) est un “shark”. Malheureusement, il semblerait que cette étrange “attitude” se déclenche de plus en plus tôt… et la rumeur dit qu’on les trouverait désormais en école de commerce…

J’ai toujours pensé qu’il s’agissait d’une légende, que les écoliers de commerce étaient de petits anges philanthropes qui souhaitaient tous s’engager dans les ONG et voulaient lutter contre la pauvreté et la maladie… Ainsi naïvement je me suis engagée dans une école de commerce, pensant y rencontrer les successeurs de l’Abbé Pierre et Mère Théresa… Hélas, je me suis bien trompée. Tous mes amis sont des sharks. Quooooooii ? Donner des preuves de ce que j’avance ? Je sais bien qu’on essaie d’être rigoureux chez Business Cool mais quand même… Bon, ok, d’accord, je vais essayer de vous expliquer. 

 

 

Comment reconnaître un shark ?

Tout a commencé à la rentrée. J’ai intégré avec quelques copains l’école de mes rêves. Dès le début de l’année, nous nous questionnions sur les associations stylées à rejoindre. Je rêvais encore de RSE, de développement durable et d’associations humanitaires… mais un de mes amis, appelons le Charles-Edouard [n’y voyez aucune discrimination contre les Charles-Edouard], rêvait déjà à d’autres horizons. Il voulait rejoindre la Junior Entreprise ET l’association de finance de l’école. Combo gagnant. “Je veux me faire un max de blé, des K euros”, qu’il disait. Il avait pour seul dicton “Money Money Money”. (and “women women women” aussi, mais c’est une autre affaire).

Comme vous le savez probablement, rentrer dans une JE n’est pas la chose la plus facile du monde. Donc il a été recalé. On peut pas être parfait… Mais il a rejoint l’association de finance de l’école. Et là, les ennuis ont commencé. “Arrêter d’être aussi dramatique” ? Pardon ? C’est mal me connaître. Les ennuis ont VRAIMENT commencé. Il a commencé à me parler uniquement des cours de la bourse, des marges qu’il faisait grâce à ses investissements, de blockchain, de cryptomonnaies,.. On parlait plus la même langue !

Attendez, je ne suis pas encore arrivée au pire. La recherche de stage. Charles-Edouard a commencé à me parler de spring et de summer. Malin, il a décidé de faire un stage en audit à la fin de sa première année pour ensuite postuler en banque… Très malin même le Charles-Edouard, qui logera chez ses parents à Paris durant sa césure, pour te raconter que ses 2000€ de salaire, c’est “hop ! directement dans la poche”. Pendant ce temps-là, alors que Charles-Edouard finissait une énième vidéo Youtube intitulée “Comment bien networker ?”, j’étais en train d’organiser mon voyage humanitaire de quatre semaines en Bretagne [no offense la Bretagne, je vous aime de tout mon coeur].

Ambitieux, Charles-Edouard vouait pendant ses premières semaines en école un culte au conseil en stratégie et avait déjà repéré sur LinkedIn les consultants McKinsey diplômés de son école. “Comment peut-on arriver à faire des analyses aussi fines sur des sujets aussi complexes ?” s’émerveillait-il en lisant une étude du BCG. Puis Charles-Edouard a découvert les cours en école de commerce, les SWOT et autres PESTEL, et trouve désormais que le conseil, “bah c’est quand même beaucoup de blabla”. Charles-Edouard s’est donc orienté vers la finance d’entreprise et plus particulièrement… le M&A.

 

Son rêve ? Travailler chez Goldman Sachs.