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My Start-up #2 – Seeding – KEDGE BS

My Start-up #2 – Seeding – KEDGE BS

Produire de manière raisonnée des tomates avec le bon goût d’antan des potagers de notre enfance ? C’est la promesse -et le pari- de Seeding, la start-up issue de l’incubateur de KEDGE. Rencontre avec son fondateur, Pierrick, aussi juteux et gorgé du soleil bordelais que les légumes qu’il produit 😉 !

 

En 10 lignes, Seeding c’est quoi ?

Seeding c’est un moyen de produire en ville des fruits et des légumes au goût exceptionnel et de manière entièrement écologique.

En pratique, on fait pousser n’importe quel fruit ou légume dans un”CUBE” (Cultures Urbaines Bonnes et Écologiques, un petit bâtiment de forme cubique très léger), c’est-à-dire un milieu contrôlé dans lequel nous gérons tous les paramètres comme la température, l’hygrométrie, le taux de CO2, la quantité de nutriments ou encore la lumière. Notre métier, c’est de connaitre à la perfection la biologie de chaque plante, et ainsi pouvoir répondre avec exactitude à tous ses besoins. Ainsi, comme la plante n’a aucune carence, elle donne le meilleur de son potentiel génétique : un goût exceptionnel !

Enfin, ce système permet de produire des fruits et légumes sans pesticide ni OGM, d’économiser 90% d’eau par rapport à l’agriculture classique, et réduit presque à zéro l’empreinte écologique du transport, car pratiquement inexistant chez nous.

Produire de bons fruits et légumes, c’est notre engagement !

 

Comment l’idée a-t-elle germé (germé, les tomates…) dans ta tête ?

L’agriculture est un milieu qui me parle depuis très longtemps. J’ai eu la chance de faire pousser mes propres fruits et légumes dans le grand potager familial depuis que je suis gamin. Et vraiment, le goût est bien meilleur que ceux achetés en supermarché.

Malheureusement depuis que je suis étudiant, je n’ai plus la chance de cuisiner ces bons fruits et légumes. En ville, il est très difficile de trouver de la qualité, notamment au niveau gustatif. Par exemple, les tomates sont presque toujours insipides. Même dans le bio, c’est souvent sans goût, et écologiquement discutable. Acheter un avocat bio du Brésil, quel non-sens écologique ! Il a traversé la moitié de la planète, et en plus a potentiellement été cultivé à côté d’une parcelle non-bio.

Bref, le goût me manquait, et après avoir tenté des choses comme l’aquaponie par exemple, je me suis tourné vers l’hydroponie (culture de plantes dans une eau additionnée de nutriments). J’ai expérimenté la chose durant une saison en serre pour me familiariser avec le processus, puis je me suis mis à la recherche d’un business model.

La réflexion a été la suivante :

Où sont les consommateurs ? En ville.

Pourquoi les fruits et légumes ne sont-ils pas bons ? Parce les grandes surfaces veulent des prix toujours plus bas, donc font produire loin des consommateurs, car pas cher, et pour pouvoir les transporter, ramassent les fruits et légumes avant maturité.

Donc solution : je produis en ville, sans transport, avec une cueillette à maturité, et je vends en circuits courts et de proximité à un prix abordable.

Et si par-dessus tout on peut faire une production écologique, bingo !

Multiples variétés de tomates au goût exceptionnel

 

Qu’est-ce qui a été déterminant quand tu as décidé de te lancer dans cette aventure, l’engagement écologique ou l’envie de créer une boîte ?

Les deux. Avec notre agriculture actuelle, on marche sur la tête. On produit exactement de la même manière qu’après-guerre, c’est-à-dire produire pour éviter des famines. Ce n’est plus le besoin actuel mais on continue à utiliser un max de pesticides et d’engrais. Mais aujourd’hui, la science et la technologie ont prouvé qu’il était possible de produire de manière plus raisonnée, intelligente et écologique. Mais faire mieux demande une évolution d’une bonne partie de l’économie agricole. Et pour le moment, ça va trop doucement à mon goût. D’où mon envie d’entreprendre.

En plus, j’aime dire que j’ai ça dans le sang ! J’ai un père qui a monté sa boite au même âge que moi. Donc forcément, ça me trotte dans la tête depuis longtemps ! Le monde des startups me passionne. Je trouve ça incroyable ce qu’un petit groupe de personne peut arriver à faire avec beaucoup de volonté. Et j’ai eu envie de vivre cette expérience de l’intérieur !

 

A propos de startups, toutes nos félicitations ! Tu as récemment remporté le concours de pitch Startup KEDGE organisé par l’école chez le journal Sud-Ouest. Peux-tu nous raconter cette expérience ? Qu’est-ce qui t’a permis selon toi de l’emporter ?

Merci !! C’était une super expérience !

Lors de la première sélection, nous étions plus d’une cinquantaine à pitcher en 1 min par projet. Douze projets ont été présélectionnés, et les candidats non sélectionnés se sont répartis dans les groupes finalistes. Nous avions ensuite un mois pour préparer un dossier solide et un pitch de qualité. Nous étions accompagnés par des coachs, qui tout au long du mois, nous orientaient et nous faisaient bénéficier de leur réseau respectif pour faire avancer chaque projet le plus vite possible. J’ai eu la chance d’avoir une coach géniale qui travaille chez Bordeaux Sciences Agro, l’école d’ingénieurs agro de Bordeaux. Ça coïncidait pile avec la thématique de mon projet et j’ai pu profiter de son expertise.

Le pitch final avait donc lieu chez le journal Sud-Ouest. Le jury était composé de partenaires de KEDGE BS et des coachs. Et j’ai gagné !! Le jury a été séduit par le projet ! Ils avaient tous envie de manger ces fameuses tomates ! Ils ont adoré la vision du projet qui a pour but de : nourrir le monde (car il y a plein d’endroits dans le monde où les cultures classiques ne sont plus possibles), ramener du goût dans les assiettes, et produire de manière entièrement écologique ! Les enjeux de l’alimentation sont mondiaux, et ce sont des problématiques qu’il faut commencer à traiter dès maintenant. Le projet répond tout à fait à cela !  Ils ont aussi apprécié que je sois déjà en R&D à tester tous les paramètres du plant de tomate pour obtenir la tomate parfaite !

J’ai donc remporté le prix « Village by CA », c’est-à-dire un accompagnement par le Village by CA, un accélérateur de startups crée par le Crédit Agricole, qui vient d’ouvrir son antenne à Bordeaux, place de Quinconces. J’ai hâte de travailler avec eux !

J’en profite pour remercier Oriane, Vincent et Charles, les membres de mon groupe qui étaient géniaux et m’ont m’aidé à remporter le concours ! Merci !

Vincent, Pierrick, Charles et Oriane.

 

Tu es aussi devenu responsable de l’incubateur de KEDGE BS à Bordeaux…

Oui, exact. Depuis maintenant un peu moins d’un an ! Après la fusion de BEM et Euromed, l’entrepreneuriat était un domaine plutôt présent sur le campus de Marseille, car il existait déjà un incubateur à Marseille, et un vrai écosystème entrepreneurial mature à Marseille.

Un incubateur sur le campus de Bordeaux est dans les cartons depuis un petit moment. C’est pour cela que nous avons décidé de mettre un coup d’accélérateur au projet et ainsi permettre aux étudiants et alumni de l’école de profiter d’un accompagnement personnalisé. Aujourd’hui notre incubateur ressemble de plus en plus à l’incubateur marseillais, permettant à Kedge BS d’avoir un peu plus d’homogénéité au niveau de l’entrepreneuriat sur ses différents campus !

Nos startups se portent bien et évoluent très vite. C’est génial de pouvoir suivre autant de projets. Nous apprenons tous beaucoup à travailler ensemble.

Pour continuer dans ce partage d’expériences et conseils, je coorganise le Club des Entrepreneurs de Kedge BS Alumni Bordeaux, avec une ancienne de l’école. Le Club qui vient tout juste de sortir de terre. C’est hyper intéressant de rencontrer tous les anciens de l’école qui ont entrepris. On apprend beaucoup !

Incubateur ExNihilo en pleine séance de travail !

 

En novembre dernier, Agricool et ses fraisiers hors-sol ont levé 4 millions d’euros ! Une véritable réussite. En quoi ton projet diffère-t-il du leur ?

 

Agricool est une belle réussite pour le moment. Ils n’ont pas encore vendu de fraises, donc j’attends encore de voir quelle sera la suite ! Mais c’est inévitablement une source d’inspiration, je suis très admiratif de leur travail.

Mon projet diffère sur deux points.

Le premier est que je commence en me concentrant exclusivement sur la tomate. Pour moi, c’est le symbole de la perte de goût dans les assiettes, plus encore que la fraise. Je vais d’ailleurs commencer par la tomate-cerise, car c’est un fruit (ou légume, chacun à son opinion là-dessus !) qui se mange facilement, que ça soit par les enfants ou à l’apéro !

Le second point est la consommation électrique. En utilisant des LED horticoles uniquement (éclairage artificiel), la consommation électrique est vite très élevée. Et même si l’électricité utilisée est renouvelable, c’est énormément d’énergie qui est consommée. C’est d’ailleurs le premier poste de coût. L’avantage du dernier entrant sur un marché, c’est d’être celui qui perdra moins de temps et d’argent en ne répétant pas les erreurs des premiers. Ainsi, mes plantes sont éclairées à la lumière naturelle. Nous utilisons un système de parabole permettant de capter un maximum de lumière naturelle, de la concentrer et de l’envoyer directement sur les feuilles de la plante via de la fibre optique. Lors de mauvais temps, ou en hiver (où les journées sont plus courtes), un système plus classique de LED prend le relais toujours via la fibre optique. Ainsi, nous divisons par 10 la consommation électrique due à l’éclairage. De plus, grâce à ce système, nous pouvons densifier au maximum les cultures dans le CUBE (30 m²), pour atteinte les 5 tonnes de tomates à l’année ! Et c’est de très loin supérieur au rendement en agriculture classique !!

De la fibre optique pour conduire les rayons du soleil directement sur la plante.

 

Quelques conseils à donner à des entrepreneurs dans l’âme qui hésitent encore à se lancer ?

Premier point : Foncez ! Lancez-vous ! Si vous avez vraiment envie de le faire, faites-le maintenant ! Ça ne sert à rien d’attendre ! Vous perdrez du temps et de l’énergie ! En plus, aujourd’hui il existe énormément de structures qui aident à la création d’entreprise ! Vous n’êtes plus tout seul comme ça pouvait être le cas dans le passé ! Si vous vraiment peur, allez participer à un Startup Weekend, ça vous donnera envie de passer à l’action tout de suite ! En plus, il y en a un peu partout en France ! Donc pas d’excuse !

Deuxième point : Parlez de votre projet à tout le monde ! À un maximum de personnes ! C’est le seul moyen d’avoir du feedback sur le projet et de le faire évoluer et/ou pivoter. À moins d’avoir un élément qui ne soit pas encore breveté, demander l’avis de potentiels clients est primordial pour être sûr de ne pas être complètement à côté de la plaque ! Personne ne vous piquera votre idée ! Vous avez bien trop d’avance sur eux pour qu’ils aient envie de faire la même chose !

Dernier point (adressé plus particulièrement aux étudiants) : Lancez votre boite avant la fin de vos études ou juste après ! Vous pourrez ainsi profiter du réseau de votre école, d’un incubateur et des conseils des professeurs et autres intervenants. Lancez-la rapidement, car oui, vous êtes fauchés, et ça c’est parfait quand on monte une startup ! Pas d’argent = pas de dépense inutile ! Vous serez obligés de ne faire que des choses qui sont efficaces ! C’est le meilleur moyen de créer une startup qui fonctionne! Vous apprendrez ainsi à faire beaucoup de choses par vous-même (site internet, code, communication, R&D …) et c’est hyper gratifiant !

Personnellement, ne connaissant rien à l’agriculture, j’ai tout sur internet ! D’abord sur Youtube (oui, les tutos sur les tomates ça existe !), puis dans la presse et la littérature spécialisée, puis dans les études scientifiques poussées. Aujourd’hui, je suis capable de comprendre la biologie de la plante aussi bien que les scientifiques que je rencontre ! Et tout ça, sans être ingénieur agro ni scientifique !

 

Moralité : Avec de la volonté et de la passion, on peut tout faire par soi-même et maitriser entièrement son projet !

 

Après avoir goûté à entrepreneuriat, penses-tu pouvoir devenir un employé un jour ?

JAMAIS !! Si Seeding ne fonctionne pas, je créerais autre chose, et ainsi de suite !

Un entrepreneur est forcé d’apprendre bien plus vite qu’un employé, car il est tout seul pour faire survivre sa boite. Sa capacité d’apprentissage est sa force. Et si sa boite a atteint de bonnes KPIs mais finalement de survit pas, il sera beaucoup moins dur pour l’entrepreneur de lever des fonds pour sa prochaine boite.

Les investisseurs misent pratiquement tout sur le(s) porteur(s) de projet. Sur l’équipe avant tout. Un entrepreneur qui a déjà monté une boite ne reproduira pas les mêmes erreurs, et donc ira potentiellement plus loin avec sa seconde boite ! Le CV du créateur d’entreprise évolue comme cela (oui, l’entrepreneuriat, c’est ultra valorisable sur un CV!). En plus l’entrepreneur s’est créé un réseau qui n’a plus qu’à réactiver !

Vous l’aurez compris, entreprendre c’est créer un cercle vertueux pour sa carrière !

Donc je suis entrepreneur et je compte bien le rester ! Et je vous invite à faire de même !

Rendez-vous ici : http://seeding.strikingly.com

Suivez Pierrick sur Twitter : @pierrickdanno

 

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Fondateur du groupe Up2School (Business-Cool, Major-Prépa et Forum-Commerce) et étudiant à NEOMA BS.

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